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L’opposition soutient la proposition de Herzog et critique le rejet de la coalition

Lapid a déclaré que le rejet si rapide du cadre de la refonte judiciaire revient à dire au président "d'aller se faire voir" ; selon Netanyahu, le plan du président est "unilatéral"

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

De droite à gauche : Le chef de Raam Mansour Abbas, la cheffe du parti Avoda Merav Michaeli, le chef de Yesh Atid Yaïr Lapid, le chef du parti HaMahane HaMamlahti le député Benny Gant et le chef d'Yisrael Beyteneu Avigdor Liberman tenant une conférence de presse commune, à Tel-Aviv, le 16 mars 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
De droite à gauche : Le chef de Raam Mansour Abbas, la cheffe du parti Avoda Merav Michaeli, le chef de Yesh Atid Yaïr Lapid, le chef du parti HaMahane HaMamlahti le député Benny Gant et le chef d'Yisrael Beyteneu Avigdor Liberman tenant une conférence de presse commune, à Tel-Aviv, le 16 mars 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les chefs de l’opposition se sont ralliés jeudi au cadre proposé par le président Isaac Herzog pour la réforme judiciaire, qualifiant la proposition de « réalisable mais pas idéale », alors que la coalition l’a rejeté en bloc.

Cinq des six chefs des partis de l’opposition ont conjointement soutenu la proposition comme base de compromis, plusieurs d’entre eux exprimant leur inquiétude quant au fait que l’incapacité à freiner la marche de la coalition vers le remaniement du système judiciaire laisserait les droits civiques et les minorités sans protection.

Le parti arabe majoritaire Hadash-Taal, qui s’est largement tenu à l’écart du débat sur la réforme du système judiciaire, n’a pas participé à la conférence de presse des partis d’opposition.

Le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, a déclaré que le cadre proposé par le président « n’est pas un cadre idéal, mais c’est un cadre réaliste », tandis que le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a déclaré que même si la proposition « n’est pas parfaite », son parti serait disposé à l’adopter pour éviter une « guerre civile ».

Lapid et Gantz ont critiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour avoir rejeté la proposition, le chef du parti Yesh Atid déclarant que cette réaction revenait à dire à Herzog qu’il pouvait « aller se faire voir ».

Le Premier ministre a rapidement répliqué en déclarant que « le cadre présenté hier par le président était complètement unilatéral ».

« Comment le savons-nous ? Parce qu’un côté l’accepte et l’autre le rejette », a déclaré le chef du Likud dans un message vidéo enregistré depuis Berlin, dans des propos repris par les partis d’extrême-droite et les partis religieux de la coalition.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une déclaration vidéo filmée à Berlin, le 16 mars 2023. (Crédit : Twitter ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Herzog a présenté mercredi soir son cadre de réforme judiciaire très attendu, après des semaines de consultations avec des universitaires et des hommes politiques. La coalition a rapidement rejeté la proposition, qui ne reprend pas un grand nombre de ses objectifs fondamentaux. Jeudi, les protestations se sont poursuivies dans tout Israël, pour la dixième semaine de manifestations contre le plan de la coalition.

Lapid a déclaré que le cadre proposé par Herzog « n’est pas ce que nous voulions, mais c’est un compromis équitable qui nous permettrait de vivre ici ensemble ».

Craignant que « l’alternative soit un grave préjudice pour notre économie et notre sécurité nationale, et une société en colère et confuse déchirée en lambeaux », Lapid a critiqué le gouvernement pour avoir rejeté si rapidement la proposition.

Le chef de l’opposition a déclaré « qu’il aura fallu 17 minutes au gouvernement pour annoncer qu’il rejetait le cadre ». « En d’autres termes, ils ont dit au président qu’il pouvait lui aussi aller se faire voir avant même de prendre la peine d’étudier » sa proposition, a-t-il ajouté – en référence aux propos du ministre des Communications, Shlomo Karhi (Likud), selon qui les réservistes qui refusent de servir « iront en enfer ».

Au milieu des nouvelles manifestations à travers Israël jeudi, Lapid a déclaré que son parti Yesh Atid « accepte le cadre du président parce qu’il n’y aura que des perdants en case de guerre civile », faisant écho aux avertissements de Herzog entre autres sur la violence politique liée au débat polarisant sur la réforme du système judiciaire.

La cheffe du parti Avoda Merav Michaeli le chef de Yesh Atid Yaïr Lapid lors d’une conférence de presse commune, à Tel Aviv, le 16 mars 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Malgré le rejet par Netanyahu du cadre de Herzog, Lapid a lancé un appel aux autres membres du parti du Likud du Premier ministre, disant « qu’ils savent ce qui est en jeu ».

« Ils savent qu’à l’avenir, chaque citoyen israélien se demandera : où étais-je à l’hiver 2023 ? Ai-je été silencieux lorsque j’ai vu mon pays tomber du haut d’une falaise ? », a ajouté le chef de l’opposition.

Comme Lapid, Gantz a déclaré que le cadre du président « n’est pas un cadre idéal, mais c’est un cadre réaliste », et a appelé Netanyahu à « faire preuve de responsabilité » et à engager un dialogue sur la base du cadre que la coalition a déjà rejeté de manière retentissante.

À une semaine du ramadan – qui voit habituellement les tensions avec les Palestiniens s’exacerber – et quelques jours après qu’un terroriste libanais s’est infiltré en Israël et a tenté de perpétrer un attentat à la bombe, Gantz a déclaré que les préoccupations sécuritaires d’Israël exigeaient l’unité.

« Nous ne pouvons pas faire preuve de faiblesse », a déclaré l’ancien ministre de la Défense, ajoutant qu’il était temps pour Israël de faire preuve d’unité face aux menaces qui pèsent sur la sécurité d’Israël.

Le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah aurait estimé qu’Israël se trouvait dans un moment de faiblesse, en raison de l’importance qu’il accorde à la réforme de son système judiciaire et de la division sociale qu’il a engendrée.

Gantz a ajouté que si la réforme était adoptée en l’état, Israël ne serait plus une démocratie libérale et les droits civils et les libertés de « chaque citoyen » seraient en danger.

« C’est la recette pour détruire toute l’infrastructure sioniste », a-t-il ajouté.

Le chef du parti Raam, le député Mansour Abbas, lors de la conférence de la Fédération des autorités locales, à Tel Aviv, le 7 décembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Les inquiétudes concernant les libertés civiles étaient également une préoccupation majeure pour le chef du parti Raam, Mansour Abbas, qui a déclaré que le système judiciaire était la « principale protection » de la minorité arabe d’Israël et que son indépendance ne pouvait être mise à mal.

« La société arabe est minoritaire et, jusqu’à présent, la principale protection de cette société a été le système judiciaire. Par conséquent, une réforme qui porte atteinte à l’indépendance du système judiciaire, à sa capacité à équilibrer la Knesset et le gouvernement, nuira certainement à la position, aux droits et à l’avenir de la société arabe », a déclaré le chef du parti islamiste, lors de la déclaration (faite en hébreu) la plus publique jamais faite par Abbas au sujet de la refonte judiciaire.

Abbas, qui a fait de Raam, en 2021, le premier parti arabe indépendant à rejoindre une coalition israélienne, a demandé à l’actuel gouvernement de droite radicale de « s’asseoir autour d’une table et de négocier sur la base du cadre du président, qui est une bonne base à partir de laquelle il est possible d’entamer un dialogue ».

« Nous aspirons à faire partie d’un large accord qui sera la base d’un avenir partagé », a-t-il ajouté.

Le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a également exprimé sa crainte que le plan du gouvernement ne nuise à l’avenir commun de la nation, arguant que les partis ultra-orthodoxes gagnaient trop d’influence en Israël.

« Si nous ne séparons pas la religion et l’État, nous n’aurons plus d’État », a-t-il déclaré.

« Aujourd’hui, il est clair que le principal moteur de cette folle législation, les éléments les plus rigides et les plus radicaux qui ne sont prêts à aucun compromis, sont les partis le Shas et Yahadout HaTorah », a déclaré Liberman, en désignant les deux factions haredim de la coalition. « Leur comportement belliqueux à la Knesset porte préjudice à l’État d’Israël, à Tsahal et au judaïsme. »

Yahadout HaTorah, en particulier, a fait pression sur la coalition pour qu’elle adopte un mécanisme permettant de passer outre les décisions de la Haute Cour, dans le cadre d’une bataille de plusieurs années visant à rétablir les exemptions militaires généralisées pour que les hommes haredim puissent étudier la Torah à plein temps en yeshiva.

Le chef de Yahadout HaTorah, le député Moshe Gafni, à la Knesset, à Jérusalem, le 2 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Liberman, un pilier de l’aile droite laïque, a déjà provoqué la dissolution d’un gouvernement, le laissant en lutte contre les partis ultra-orthodoxes sur les questions de l’enrôlement militaire et du partage des charges au sein de la société israélienne.

Représentant le parti sioniste le plus petit et le plus à gauche de l’opposition, Merav Michaeli, cheffe du parti Avoda, a accusé la coalition de pousser Israël vers une « guerre civile » en s’entêtant avec son plan initial.

Elle a accusé la coalition « d’inciter, de mentir, de légiférer de manière unilatérale et destructrice et de nous monter les uns contre les autres ». « Et ce ne sont pas les citoyens qui font cela, ce sont eux – des politiciens qui ne se soucient que d’eux-mêmes, de leur siège, de leur corruption, pour laquelle ils sont prêts à tous nous sacrifier. »

« Ce coup d’État n’est bon que pour ceux qui sont au pouvoir, ceux qui en souffriront sont avant tout les citoyens, de droite comme de gauche », a-t-elle conclu.

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