Manuel Valls s’exprime sur l’antisémitisme en France
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Manuel Valls s’exprime sur l’antisémitisme en France

Le responsable franco-espagnol s’est notamment exprimé sur la gestion de la pandémie de coronavirus et est revenu sur son combat contre le polémiste Dieudonné

Manuel Valls. (Crédit : Facebook)
Manuel Valls. (Crédit : Facebook)

Vendredi matin, l’ancien Premier ministre français Manuel Valls, actuel conseiller municipal de Barcelone, était l’invité de l’émission « Affaires publiques » d’Alexis Lacroix sur l’antenne de Judaïques FM.

Durant une trentaine de minutes, le responsable politique franco-espagnol s’est notamment exprimé sur la gestion de la pandémie de coronavirus et sur la situation de l’antisémitisme en France – et notamment sur Internet.

« Je combats l’antisémitisme », a-t-il expliqué. « On a fait preuve de cécité quand les actes antisémites ont augmenté dans les années 1980 et au début des années 2000 quand la haine des Juifs s’est mélangée à la haine de l’Etat d’Israël. L’antisionisme rime avec antisémitisme. Le message, cela doit être celui de la confiance, bien sûr de la vigilance. Car dans ce monde connecté que nous connaissons, l’on cherche toujours des boucs émissaires. »

Il a ainsi rappelé que « les grandes pandémies dans l’histoire ont souvent montré qu’on voit les Juifs comme des propagateurs de ces épidémies, c’est une des bases des théories du complot. Donc il faut être vigilant, il faut être exigeant dans le combat contre cet antisémitisme qui se propage notamment sur les réseaux sociaux. Mais aussi un message de confiance, qui est le même que celui que je martèle : la France a besoin de cette part de judaïsme, a besoin des Français juifs, a besoin de ce rapport incroyable et inouï avec sa part d’elle-même, de son âme, qui est aussi le judaïsme français ».

Manuel Valls

Alexis Lacroix reçoit Manuel Valls, ancien premier ministre français et conseiller municipal de Barcelone.

פורסם על ידי ‏‎Judaiques FM‎‏ ב- יום שני, 25 במאי 2020

Manuel Valls s’est également exprimé au sujet du polémiste Dieudonné – en 2014, durant son mandat de ministre de l’Intérieur, il avait œuvré afin que le comédien soit interdit de se produire sur scène.

Il est ainsi revenu sur les récentes condamnations de l’homme – les dernières remontent à juillet (deux ans de prison ferme et 200 000 euros d’amende) et novembre (9 000 euros d’amende) de l’année dernière.

« Je vois que la justice agit, qu’il ne faut rien laisser passer de ces mots, je crois que c’est le cas encore de vidéos publiées il y a peu qui puait l’antisémitisme », a-t-il déclaré, faisant référence à une vidéo dans laquelle il imite l’ancienne ministre et rescapée d’Auschwitz, Simone Veil, ainsi que le négationniste Robert Faurisson, et une autre dans laquelle il déclare : « Il y a quand même un groupe de connards qui cassent bien les couilles dans ce pays. Je te promets que bientôt Hollywood et la Shoah, ça ne suffira plus pour endormir les gens. »

« Il ne faut rien laisser passer de cette alliance, et je mets des guillemets, entre des parties de l’extrême droite, de l’extrême droite ou de la gauche, même si cela ne veut pas grand-chose, et du néo-nazisme, comme Soral », a-t-il ajouté. « Donc cette alliance entre ces deux personnages [Dieudonné et Alain Soral] doit être combattue d’abord par le droit, car le racisme et l’antisémitisme ne sont pas des opinions, il faut en permanence le rappeler, ce sont des délits. Mais je pense qu’on sous-estime toujours la marque et la puissance de Dieudonné. Parce que je me suis rendu compte qu’en le mettant en cause, à partir de 2013 notamment, lorsque j’ai saisi le taureau par les cornes comme ministre de l’Intérieur, j’ai vu la violence à mon égard et ce que cela signifiait, et dans beaucoup de milieux. On a souvent parlé du nouvel antisémitisme venant des quartiers populaires et de la jeunesse mais la force de Dieudonné, c’est qu’il touche d’autres couches de la société et l’on a pris ça un peu à la légère. »

Le responsable politique estime ainsi que Dieudonné a « fait beaucoup de mal dans la société ». « L’absence de réactions, le fait que parfois je me suis parfois senti seul, démontrait je crois une absence de considération de ce qu’il représentait. Il faut combattre l’antisémitisme, l’antisémitisme qui est toujours annonciateur des grandes catastrophes, mais je pense que la République, le gouvernement actuel, les grands partis politiques et les parlementaires sont parfaitement conscients de ce que cela représente. »

Ces dernières semaines, Manuel Valls est régulièrement intervenu dans les médias français. Interrogé par RTL vendredi dernier sur un éventuel retour politique en France, il a laissé plané le doute, sans répondre directement à la question.

Il avait prévu de se rendre en Israël ce printemps dans le cadre d’une rencontre où il devait s’exprimer sur son parcours personnel et politique. L’évènement a finalement été reporté à une date ultérieure, non précisée, en raison de l’épidémie de coronavirus.

Apprécié de la communauté juive de France, Manuel Valls a longtemps été à la pointe de la lutte contre l’antisémitisme.

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