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Mines anti-personnel : Ankara entame le déminage de sa frontière avec l’Iran

L'Union européenne a débloqué 18,6 millions d'euros pour financer la troisième phase du projet, initié en 2016

Illustration d'une mine anti-personnel au Cambodge. (Crédit : Reedhawk
/ CC BY-SA 4.0)
Illustration d'une mine anti-personnel au Cambodge. (Crédit : Reedhawk / CC BY-SA 4.0)

La Turquie a commencé à neutraliser plus de 80 000 mines anti-personnel à sa frontière avec l’Iran, l’un des plus grands projets de déminage en cours dans le monde, a annoncé mercredi le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Turquie.

Le projet prévoit le nettoyage des mines anti-personnel placés « à la frontière orientale de la Turquie entre 1953 et 1996 pour éviter les passages clandestins et la contrebande, ainsi que pour en assurer la sécurité », a indiqué à l’AFP Faik Uyanik, directeur des communications du PNUD en Turquie.

Dans les années 1990, l’armée turque avait largement recouru aux mines anti-personnel dans le cadre de sa lutte contre le groupe rebelle du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit).

L’Union européenne a débloqué 18,6 millions d’euros pour financer la troisième phase du projet, initié en 2016.

« Un territoire de 4,7 millions de m2 sera ainsi sécurisé pour la population civile et les forces chargées du contrôle de la frontière », a précisé M. Uyanik.

Signataire depuis 2004 du Traité d’Ottawa interdisant l’utilisation des mines antipersonnel, la Turquie a accepté d’éliminer progressivement ces munitions et d’établir un autre système de surveillance des frontières.

« Les mines terrestres sont unanimement condamnées en tant qu’outil le plus inhumain de contrôle des frontières », a déclaré la représentante du PNUD en Turquie, Louisa Vinton, dans un communiqué.

« Nous sommes fiers que le PNUD en Turquie gère actuellement le plus grand projet de déminage en cours sous les auspices des Nations unies dans le monde. Ce programme d’envergure témoigne du ferme engagement de la Turquie en faveur d’une gestion humanitaire des frontières, conforme aux normes de l’UE », a-t-elle ajouté.

Au total, 175 démineurs épaulés par seize chiens détecteurs de mines travaillent dans quatre provinces turques pour des opérations de déminage.

Une partie des terres déminées devraient être ouvertes à un usage agricole et à l’élevage, les principales activités de la population locale.

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