Moshe Gafni soutient l’enquête officielle de l’Etat sur le drame de Meron
Le député 'haredi a dit à Netanyahu que la formation d'une commission était la "bonne façon" de procéder à une enquête ; Yesh Atid souhaite accélérer la création de la commission
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Le chef du parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah a apporté mercredi son soutien à la création d’une commission d’Etat qui sera chargée d’enquêter sur la bousculade mortelle qui s’est produite pendant une fête juive le mois dernier et qui a tué 45 personnes dont de nombreux enfants.
Aucune arrestation n’a eu lieu depuis la tragédie du 30 avril dernier, un des plus graves désastres civils de l’histoire d’Israël, au sujet de laquelle la police israélienne enquête.
Le député Moshe Gafni de Yahadout HaTorah préside la commission des Finances de la Knesset, qui s’est réunie mardi pour discuter la catastrophe survenue lors des festivités de Lag BaOmer au mont Meron, dans le nord d’Israël. Dans une lettre adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu, a déclaré que la commission parlementaire a convenu que la « bonne façon » de procéder est de former une commission d’enquête officielle, qui serait dirigée par un juge de la Cour suprême.
Gafni a également déclaré qu’il présiderait d’autres réunions de la commission sur la question « afin que nous puissions proposer des solutions pour l’avenir, de sorte qu’un cas comme celui-ci ne se reproduise pas. »
« Je crois que c’est le meilleur moyen d’obtenir une solution légale au sujet des pèlerinages et des visites sur le Mont Méron, ainsi que pour le réconfort des familles des morts » a -t-il écrit dans sa lettre.
Il a demandé à Netanyahu que le gouvernement commence à soumettre une proposition visant à établir une commission d’État qui enquêtera sur la catastrophe et « fera des recommandations qui permettront de réglementer le site en termes de halakha [loi juive], d’ingénierie et de sécurité ».
À l’heure actuelle, on ignore si Netanyahu permettrait la formation d’une telle commission avant que le gouvernement ne l’approuve. Si le Premier ministre a déclaré qu’il était favorable à une enquête approfondie, il n’a pas répondu aux appels en faveur d’une commission d’enquête officielle.
La lettre écrite par Gafni mercredi dernier apparaît comme un revirement de situation alors que le parti est aux côtés de Netanyahu en tant que son allié dans le bloc de droite droite. Au cours de la réunion de mardi, Gafni a suggéré qu’une commission dirigée par le grand rabbin soit formé pour gérer les problèmes à Meron, ce qui a suscité quelques moqueries.
Mercredi également, le parti centriste Yesh Atid – qui cherche à remplacer Netanyahu au poste de Premier ministre à la suite des élections de mars – a déclaré qu’il chercherait à accélérer l’adoption d’un projet de loi visant à créer une commission d’État chargée d’enquêter sur la catastrophe lors d’un vote la semaine prochaine, ce qui laisse entrevoir la possibilité d’un soutien transversal.
Le procureur général Avichai Mandelblit a annoncé au début du mois qu’une équipe d’enquête conjointe de la police israélienne et du département des enquêtes internes de la police du ministère affilié au ministère de la Justice mènerait une enquête sur cet incident mortel.
La police israélienne et du département des enquêtes internes de la police ont déjà entamé des recherches indépendantes. Le contrôleur de l’Etat Matanyahu Englman a aussi annoncé de son côté des recherches d’investigation plus poussées.
De plus en plus de voix se sont élevées pour réclamer la création d’une commission d’enquête nationale sur cette tragédie, qui se pencherait sur l’organisation des événements annuels de Lag B’Omer au Mont Meron.
Le drame s’est produit dans la nuit du 30 avril, alors que des milliers de personnes célébrant Lag B’Omer, venues pèleriner sur la tombe du Sage du deuxième siècle, Rabbi Shimon Bar Yochai, affluaient dans une allée étroite. Le passage était recouvert d’un plancher métallique et était peut-être mouillé, ce qui a fait glisser certaines personnes pendant la ruée vers la sortie. Certains sont apparemment tombés sur la passerelle et sur une volée d’escaliers à son extrémité, tombant sur ceux qui étaient en dessous et précipitant un effet domino fatal.
Le site, le deuxième site religieux le plus fréquenté d’Israël après le mur Occidental, semble être devenu une sorte de zone extra-territoriale, où des communautés ultra-orthodoxes indépendantes organisent leurs propres événements et leurs propres conditions d’accès, sans aucune supervision générale, et où la police subit régulièrement des pressions de la part de ministres et de politiciens ultra-orthodoxes pour ne pas s’y opposer.
D’anciens responsables de la police ont déclaré que l’on craignait depuis des années qu’une tragédie ne survienne en raison des foules massives et du manque de surveillance à Lag B’Omer.
De multiples rapports parus dans les médias israéliens ont indiqué que les députés religieux avaient exercé une pression énorme avant les festivités pour s’assurer qu’aucune limite ne serait imposée au nombre de participants en raison de la pandémie de COVID-19.
Quelque 100 000 pèlerins ultra-orthodoxes ont finalement participé à l’événement. Un cadre élaboré par le ministère de la Santé, en consultation avec d’autres responsables gouvernementaux, la police et d’autres, aurait limité l’événement à 9 000 participants mais n’a pas été mis en œuvre.
Dans un autre accident dimanche dernier, deux personnes ont été tuées et 167 ont été blessées, dont cinq grièvement quand un gradin s’est effondré sous le poids de participants à la synagogue de Givat Ze’ev au début des festivités de Shavouot dimanche soir.
la Communauté du Times of Israël !







