Nasrallah : le Hezbollah est plus fort que Tsahal, et prêt à la guerre
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Nasrallah : le Hezbollah est plus fort que Tsahal, et prêt à la guerre

Dans un discours marquant les 12 ans de la seconde guerre du Liban, le chef du groupe terroriste a assuré que les sanctions iraniennes n'impacteront pas le groupe terroriste

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah prononce une discours lors des funérailles de l'un des leaders du groupe terroriste à Beyrouth, le 16 février 2018. (AFP Photo/Joseph Eid)
Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah prononce une discours lors des funérailles de l'un des leaders du groupe terroriste à Beyrouth, le 16 février 2018. (AFP Photo/Joseph Eid)

BEYROUTH— Le chef du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a déclaré mardi que les sanctions américaines contre l’Iran et contre son groupe soutenu par l’Iran n’auront pas d’impact majeur et ne permettront pas un changement de régime à Téhéran.

Dans un discours télévisé mardi, à l’occasion du 12e anniversaire de la fin de la guerre de juillet-août 2006 ayant opposé le Hezbollah, Hassan Nasrallah a vanté la force de l’armée, supérieure à l’armée israélienne, selon lui, et préparée à une nouvelle guerre avec Israël.

Nasrallah a affirmé que l’administration Trump « se trompait » en pensant que les sanctions causeront des émeutes en Iran, qui à terme, permettront de renverser le régime, ou contraindront l’Iran à réduire son soutien aux activités terroristes ailleurs dans le monde.

La semaine dernière, les Etats-Unis ont restauré des sanctions qui avaient été levées dans le cadre de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, dont le président américain Donald Trump s’est retiré en mai. L’administration a indiqué que le renouvellement des sanctions devrait faire pression sur Téhéran pour qu’il cesse son soutien au terrorisme dans le monde, son activité militaire dans au Moyen-Orient et son programme de missiles balistiques.

« L’Iran fait face à des sanctions depuis la victoire de la révolution islamique en 1979 », a déclaré Nasrallah.

Trump « renforce les sanctions, mais elles sont en vigueur depuis 1979 et l’Iran est restée, et célébrera le quarantième anniversaire de la victoire de sa révolution ». L’Iran « est plus que jamais puissant, voire la première puissance dans notre région », a renchéri Hassan Nasrallah.

Le chef du Hezbollah s’est exprimé devant des milliers de partisans réunis au sud de Beyrouth, qui ont écouté son discours retransmis sur écran géant depuis un endroit secret. Il vivrait dans un bunker et ne se déplace que très rarement.

L’Iran finance et arme le groupe terroriste du Hezbollah depuis la création du groupe en 1982, avec l’invasion du Liban par Israël.

Manifestation dans les rues de Téhéran, le 25 juin 2018. (Crédit : AFP / ATTA KENARE)

Plusieurs villes ont récemment été le théâtre de manifestations sporadiques et de grèves, fruits de l’inquiétude croissante et d’un sentiment de colère envers le système politique. Les manifestants appelaient à la fin de l’aventurisme militaire et à la fin du soutien financier destiné aux groupes terroristes à l’étranger.

Selon les Etats-Unis, l’Iran octroie chaque année près de 700 millions de dollars au Hezbollah.

Au sujet de la restauration des sanctions par Washington, Nasrallah a déclaré : « je peux vous dire, et j’ai des sources précises, qu’ils pensent construire un rêve, de stratégies et des projets pour que l’Iran aille au chaos et que le régime tombe. C’est une illusion, un fantasme, qui n’a rien à voir avec la réalité. »

Il a ajouté que le Hezbollah ne craint pas une future guerre avec Israël. »

« Personne ne peut nous menacer de guerre ni nous effrayer avec une guerre », a-t-il ajouté. « Nous n’avons pas peur et ne craignons pas une guerre ; nous sommes prêts pour une guerre et nous serons victorieux. »

Une photo prise le 26 juillet 2017 au cours d’une visite guidée par le mouvement chiite libanais Hezbollah montre des membres du groupe armés d’un canon antiaérien monté sur une camionnette dans une zone montagneuse autour de la ville libanaise d’Arsal, le long de la frontière avec la Syrie. (AFP/Anwar Amro)

« Le Hezbollah n’est peut-être pas l’armée la plus forte du Moyen-Orient, mais elle est certainement plus-forte que l’armée israélienne », a assuré Nasrallah, selon l’organe de presse libanais Naharnet.

« Parce que nous avons davantage la foi en notre cause, et nous sommes plus disposés à nous sacrifier. »

« La résistance au Liban, avec ce qu’elle détient aujourd’hui en armes, équipements, combattants et expériences, (…) n’a jamais été aussi puissante depuis son émergence » en 1982, dans la foulée de la Révolution islamique d’Iran (1979), a-t-il souligné. Elle est même « plus puissante que l’armée israélienne », a-t-il asséné.

La plupart des analystes estiment que le Hezbollah s’est considérablement affaibli au fil des ans par les combats en Syrie pour soutenir le président Bashar el-Assad. En revanche, les responsables israéliens affirment que le groupe terroriste dispose toujours d’un arsenal de missiles considérable qui représente une menace pour l’ensemble du pays, et qu’une « guerre sera incroyable destructrice des deux côtés de la frontière libanaise ».

Nasrallah a ajouté qu’Israël ne parviendra pas à repousser le Hezbollah de la frontière dans le Golan syrien. Jérusalem craint que ce groupe et d’autres groupes alliés de l’Iran implantent des bases pour mener des attaques contre l’Etat hébreu, et encourage la Russie à renforcer la zone-tampon.

Hassan Nasrallah a qualifié de « culot » l’exigence israélienne. « Le culot est qu’Israël, vaincu en Syrie, veut imposer des conditions », a-t-il ironisé.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu n’a cessé d’exiger ces derniers mois que l’Iran se retire de Syrie, alors que le régime syrien, soutenu par Téhéran et Moscou, ne cessait d’enchainer durant cette même période les gains sur le terrain, mettant la main sur plus de 60 % de la Syrie.

Israël a frappé le territoire syrien à plusieurs reprises, notamment des positions iraniennes et des convois d’armes destinées au Hezbollah.

Israël « veut imposer ses conditions à qui ? Aux dirigeants syriens triomphants ? A l’Iran ? Au Hezbollah ? », a ajouté le chef du « parti de Dieu », qui combat ouvertement en Syrie depuis 2013 aux côtés du régime de Bachar al-Assad. « Le temps où Israël imposait ses conditions au Liban et en Syrie est désormais révolu », a poursuivi M. Nasrallah.

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