Nasrallah : Varsovie a révélé les liens entre Israël et les pays du Golfe
Rechercher

Nasrallah : Varsovie a révélé les liens entre Israël et les pays du Golfe

Évoquant l'état de préparation de Tsahal, le chef du Hezbollah a assuré que les Israéliens "ne font pas confiance" à l'armée ; "Ils savent que nous pouvons entrer en Galilée"

Sur cette photo du 24 octobre 2015, le dirigeant du Hezbollah Hassan Nasrallah s'adresse à une foule dans une banlieue du sud de Beyrouth, au Liban. (Crédit : AP Photo/Hassan Ammar, File)
Sur cette photo du 24 octobre 2015, le dirigeant du Hezbollah Hassan Nasrallah s'adresse à une foule dans une banlieue du sud de Beyrouth, au Liban. (Crédit : AP Photo/Hassan Ammar, File)

Le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah a qualifié la conférence de la semaine dernière à Varsovie de « faible et périmée » et averti que les dirigeants arabes en voie de normalisation avec l’État hébreu n’étaient qu' »un outil » pour Israël.

Dans un discours marquant la journée annuelle de commémoration des « martyrs » de l’organisation terroriste, Nasrallah a déclaré que le sommet en Pologne, fortement axé sur la belligérance de l’Iran dans la région, était destiné à « se mobiliser contre l’Iran et les mouvements de résistance dans la région… Les ennemis tentent de rassembler le monde pour conspirer contre cette résistance après que leurs guerres pour la combattre se sont soldées par un échec ».

Il a déclaré que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu « parlait avec son cœur » lorsqu’il s’est exprimé à Varsovie sur la « guerre contre l’Iran », une déclaration résultant d’une mauvaise traduction des propos originaux en hébreu de Netanyahu.

Le chef du Hezbollah a affirmé que « l’Iran est aujourd’hui un Etat fort et plus fort que quiconque le ciblerait par une guerre ».

Nasrallah a déclaré que le sommet de Varsovie avait « mis en évidence les relations ouvertes d’Israël avec les Etats du Golfe ».

« Nous étions au courant de la normalisation entre Israël et Oman et les Émirats arabes unis, mais lors du sommet, nous avons également constaté clairement une normalisation avec les Saoudiens », a-t-il déclaré.

Le dirigeant du groupe terroriste chiite s’en est pris au ministre des Affaires étrangères du Yémen pour s’être assis à côté de Netanyahu lors du sommet, déclarant qu’il « a révélé que… la guerre au Yémen est une guerre israélo-américaine menée par l’Arabie saoudite et les EAU ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu salue le ministre omanais des Affaires étrangères Yusuf ben Alawi ben Abdallah en marge d’une conférence régionale sur le Moyen Orient à Varsovie, le 13 février 2019. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Depuis des années, l’Arabie saoudite se livre à une guerre contre les rebelles soutenus par l’Iran au Yémen. Un conflit qui a tué des milliers de civils.

« Ceux qui attaquent le peuple yéménite, qui contrôlent Bahreïn qui agit contre l’Iran, qui siègent aux côtés d’Israël à la conférence de Varsovie et qui normalisent leurs relations avec Israël, sont tous des outils entre les mains de ce plan [israélien et américain] », a dit Nasrallah.

Il a affirmé que le sommet était également destiné à « éliminer la cause palestinienne », notant « l’absence de toute référence à la Palestine, alors même qu’Israël est le responsable du terrorisme » dans cette région.

Nasrallah a également fait référence aux récentes affirmations de certains responsables israéliens selon lesquelles les forces terrestres israéliennes ne sont pas préparées à la guerre avec le groupe terroriste dans le nord, affirmant que les Israéliens « ne croient pas en leur armée ».

La question de l’état de préparation des forces armées israéliennes au conflit a fait la Une des journaux ces derniers mois, en particulier à la lumière de l’affrontement public entre le médiateur du ministère de la Défense et les dirigeants militaires au sujet de ses affirmations – réfutées par les responsables militaires et la Knesset.

Des chars Merkava de l’armée israélienne prennent position sur le plateau du Golan, le 20 janvier 2019. (Jalaa Marey/AFP)

« Ils ne croient pas en leur armée », a dit le chef du Hezbollah. « Ils savent que nos combattants peuvent entrer en Galilée, mais ils ne sont pas sûrs que leurs forces terrestres puissent entrer sur nos terres ».

Dans un autre discours, Nasrallah s’est récemment vanté des plans de son organisation pour envahir le nord de l’État juif.

« Les hauts responsables de l’armée israélienne disent qu’elle n’est pas prête, en particulier les forces terrestres. Les officiers n’y croient pas, les soldats n’y croient pas et le gouvernement non plus. Ce ne sont pas mes paroles, mais celles des chefs de l’armée israélienne. »

Il a ajouté : « Ce n’était pas comme ça dans le passé. Les habitants du Sud-Liban n’ont pas peur, mais les habitants de la Galilée ont très peur. Voilà à quoi ressemble la dissuasion. C’est un nouvel état des choses. »

Mardi, un certain nombre de panneaux se moquant de Tsahal ont été placés à la frontière libanaise, apparemment par le Hezbollah. « Si vous ne faites pas confiance à vos forces terrestres, qui ont été battues au Liban, vous devez les envoyer dans vos forces de recherche et de sauvetage. Vous en aurez besoin », menaçaient les pancartes en hébreu. Les panneaux comportaient également des photographies de soldats israéliens en pleurs et d’un char de combat en feu.

Benjamin Netanyahu a déclaré le mois dernier que les forces militaires étaient prêtes à mener une « attaque dévastatrice » contre les ennemis de la nation.

Nasrallah s’est également moqué des menaces des dirigeants israéliens contre son organisation.

« Parfois, les Israéliens disent dans leurs discours : ‘Si Nasrallah savait tout ce qu’on sait sur lui, il ne pourrait pas dormir la nuit’. Si vos informations sont correctes et que vous savez tout de nous, de tout ce que nous avons, cela ne fait que renforcer notre confiance, car notre dissuasion deviendra encore plus forte. »

Il a affirmé que son organisation disposait maintenant de 40 « épicentres », chacun d’eux ayant plus de pouvoir que la « résistance » libanaise en l’an 2000.

Vendredi, l’armée israélienne a déclaré qu’au cours de la semaine dernière, les soldats avaient procédé à un exercice intensif pour s’entraîner aux opérations de combat dans des conditions topographiques similaires à celles du Liban.

Il s’agissait de l’exercice le plus important effectué par la 401e Brigade du Corps blindé ces dernières années, selon la Douzième chaîne. Les soldats se sont livrés à des exercices en coordination avec l’armée de l’air israélienne, ainsi qu’avec les services du génie et du renseignement.

Le commandant de la brigade, le colonel Dudu Sonago, a déclaré que les combattants du Hezbollah avaient acquis une vaste expérience et développé des techniques de combat plus sophistiquées après avoir participé à la guerre civile syrienne voisine, tout en renforçant leur ancrage en surface et sous terre en Syrie.

« Ce n’est plus une organisation de guérilla, mais une véritable armée », a-t-il dit.

Hassan Nasrallah a également nié les affirmations américaines selon lesquelles il disposerait de cellules au Venezuela. La nation latino-américaine est plongée dans le chaos politique depuis que les États-Unis exigent le départ du président Nicolas Maduro, un mois après le début de son second mandat.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré la semaine dernière que « le Hezbollah a des cellules actives » au Venezuela et que « les Iraniens ont un impact sur le peuple vénézuélien et dans toute l’Amérique du Sud ».

Mais Nasrallah a déclaré que le Venezuela « n’a pas besoin » du Hezbollah, bien que son groupe soit « solidaire de la direction politique et de l’Etat du Venezuela contre l’agression américaine ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...