Netanyahu aux sceptiques de Yesha : soutenez le plan « historique » en Cisjordanie
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Netanyahu aux sceptiques de Yesha : soutenez le plan « historique » en Cisjordanie

En rencontrant les maires des implantations qui s'opposent à l'État palestinien du plan Trump, le Premier ministre a dit qu'il engagerait des discussions avec l'AP

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (au centre) rencontre les dirigeants des implantations dans son bureau, le 25 février 2018. (Amos Ben Gershom/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (au centre) rencontre les dirigeants des implantations dans son bureau, le 25 février 2018. (Amos Ben Gershom/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mardi aux dirigeants des implantations récalcitrants qu’ils devraient saisir « l’occasion historique » d’annexer des parties de la Cisjordanie dans le cadre du plan de paix de l’administration Trump.

M. Netanyahu a également déclaré qu’il s’engageait à négocier avec les Palestiniens sur la base de la proposition américaine, selon son bureau.

Les parties se sont rencontrées au bureau du Premier ministre à Jérusalem. L’opposition d’une majorité de maires israéliens de Cisjordanie au plan Trump, qui prévoit la création d’un État palestinien, s’est accrue ces derniers jours d’une manière qui aurait contrarié la Maison Blanche.

Netanyahu a déclaré aux dirigeants des implantations pendant la réunion qu’ils se trouvaient devant « une opportunité historique d’appliquer la souveraineté sur la Judée et la Samarie », selon une déclaration du bureau du Premier ministre.

« Le Premier ministre a déclaré que les discussions avec les Américains sont toujours en cours », a ajouté le communiqué, en faisant apparemment référence au comité conjoint israélo-américain de cartographie qui est en train de finaliser les frontières de l’annexion que Washington sera prêt à accepter dans le cadre du plan.

Les dirigeants des implantations se sont plaints d’avoir été tenus à l’écart des réunions du comité, affirmant que la carte conceptuelle présentée par l’administration Trump lors du dévoilement du plan en janvier dernier a pour conséquence que 15 implantations israéliennes deviennent des enclaves isolées, encerclées par un futur État palestinien – une entité dont ils sont fondamentalement opposés à la création.

Le premier ministre Benjamin Netanyahu, (à gauche), l’ambassadeur américain en Israël David Friedman, (au centre), et le ministre du Tourisme Yariv Levin lors d’une réunion pour discuter de l’extension de la cartographie de la souveraineté israélienne à des zones de la Cisjordanie, tenue dans l’implantation d’Ariel, le 24 février 2020. (David Azagury/ Ambassade des Etats-Unis à Jérusalem)

Néanmoins, Netanyahu et le président de la Knesset, Yariv Levin, qui a également participé à la réunion en sa qualité de membre du comité de cartographie, ont appelé les dirigeants des implantations « à soutenir cet événement historique ».

« Les parties ont convenu de poursuivre leur dialogue », a ajouté le bureau du Premier ministre.

Carte conceptuelle de la Vision pour la paix, publiée par l’administration Trump le 28 janvier 2020.

Un communiqué du conseil des maires des implantations de Yesha était beaucoup plus laconique. « La réunion a duré environ deux heures, et nous espérons que le dialogue se poursuivra », indique-t-il.

Les dirigeants des implantations qui ont participé à la réunion étaient le président du conseil de Yesha et du conseil régional de la vallée du Jourdain, David Elhayani, le président du conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, le président du conseil régional de Binyamin, Yisrael Gantz, le président du conseil régional de Gush Etzion, Shlomo Neeman, et le président du conseil régional de Har Hebron, Yochai Damri.

Dans une déclaration faite avant la réunion, Yisrael Gantz, du conseil régional de Binyamin, a expliqué : « Nous sommes à un moment historique, et nous sommes venus ici pour nous assurer que ce moment renforce les implantations plutôt que de les faire disparaître ». Il a dit qu’il s’attendait à recevoir plus de détails concernant les paramètres exacts de l’annexion prévue et qu’il n’accepterait pas d’être laissé dans l’ignorance.

Les cinq ont refusé de s’exprimer après la réunion, disant qu’ils avaient accepté une demande du bureau du Premier ministre de ne pas divulguer d’informations sur la réunion aux journalistes.

Cependant, une source familière de la réunion a admis au Times of Israel qu’il « ne l’aurait pas qualifiée de positive ».

Yisrael Gantz (gauche), président du conseil régional de Binyamin, remet un prix au Premier ministre Benjamin Netanyahu à la cérémonie d’inauguration d’un nouvel échangeur à l’implantation d’Adam au centre de la Cisjordanie, le 11 décembre 2018. (Crédit: Yossi Zamir)

« C’était une conversation entre deux parties qui se comprennent, même si nous ne sommes pas d’accord sur tous les points », a-t-il déclaré. « Nous avons fait part de nos préoccupations et [le bureau du Premier ministre] a expliqué les complications de son côté.

En réponse à un reportage de la radio de l’armée qui affirmait que la réunion était destinée à servir de réprimande après que la campagne des leaders des implantations contre le plan a provoqué la colère de l’administration Trump, la source a déclaré qu’aucune réprimande de ce type n’avait été faite.

« Autrefois, le Premier ministre Netanyahu aurait invité tous les dirigeants des implantations à le rencontrer. À la réunion d’aujourd’hui, il n’en a invité qu’une poignée. Le but : une tentative de faire taire les brailleurs. Bonne chance », a tweeté le maire d’Efrat, Oded Revivi, qui a conduit une minorité de maires de Cisjordanie à soutenir le plan Trump, et qui n’a donc pas reçu d’invitation au bureau du Premier ministre.

Mais finalement, Revivi a reçu une invitation et a rencontré le Premier ministre plus tard mardi dans ce que le maire d’Efrat a décrit comme étant plus important pour « le message qu’il a envoyé » à la Maison Blanche ou aux chefs des implantations opposés au plan Trump, que le Premier ministre s’asseyait également avec ceux qui le soutiennent.

Revivi a déclaré au Times of Israel que les détails exacts du plan n’ont pas été discutés lors de la réunion. « J’ai eu assez de conversations avec le Premier ministre et avec le président de la Knesset, Yariv Levin, pour savoir que les affirmations des autres maires concernant les cartes ne sont pas vraies », a-t-il ajouté, se référant aux réserves exprimées par le conseil des maires des implantations de Yesha concernant les dangers que le plan américain représenterait pour le mouvement des implantations.

La réunion a eu lieu moins d’un jour après que quatre des cinq leaders des implantations ont été accueillis par le parti Yamina pour une réunion de faction à la Knesset. Là, les parties ont affirmé qu’elles n’accepteraient pas le soutien américain à l’annexion israélienne si celle-ci se faisait au prix d’un accord sur la création d’un État palestinien – deux principes majeurs du plan Trump.

Le 1er juillet, l’accord de coalition entre le Likud et Kakhol lavan permet à Netanyahu de commencer à faire avancer les mesures d’annexion, soit à la Knesset, soit au gouvernement.

(De gauche à droite) Shlomo Neeman, président du Conseil régional de Gush Etzion, et Naftali Bennett, président de la faction Yamina, devant une carte établie par le Conseil de Yesha, censée montrer les frontières exactes de l’État palestinien envisagé par le plan Trump, lors d’une réunion de la faction Yamina à la Knesset, le 1er juin 2020. (Autorisation)

La décision du Conseil de Yesha de s’associer à Yamina, qui est de plus en plus critique envers Netanyahu depuis qu’il a rejoint l’opposition le mois dernier, a fait sourciller certains analystes, qui ont spéculé que cette décision ne plairait pas au leader du Likud.

La semaine dernière, Netanyahu a rejeté les craintes de plus en plus exprimées par les dirigeants des implantations concernant la vision du plan de paix américain pour la Cisjordanie, affirmant, lors d’une interview avec le journal sioniste religieux Makor Rishon, que « les gens parlent du plan sans le connaître ».

Pour leur part, les résidents des implantations insistent sur le fait que jusqu’à mardi, Netanyahu avait refusé de les rencontrer.

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