Netanyahu dément avoir dit qu’Obama était un “danger existentiel” pour les implantations, mais confirme ses inquiétudes
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Netanyahu dément avoir dit qu’Obama était un “danger existentiel” pour les implantations, mais confirme ses inquiétudes

Le Premier ministre aurait dit aux habitants d’Amona qu’il craignait des actions du président américain entre les élections et la fin de son mandat

Le premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le président américain Barack Obama au Lotte New York Palace Hotel, le 21 septembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)
Le premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le président américain Barack Obama au Lotte New York Palace Hotel, le 21 septembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a démenti avoir déclaré à des habitants de l’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie, qui devrait être évacuée en décembre sur ordre de la Cour suprême, que le président américain Barack Obama posait un « danger existentiel » à l’entreprise d’implantation.

La Deuxième chaîne l’a cité mercredi soir déclarant pendant une rencontre la semaine dernière que « ce n’est pas qu’Amona, dans la période qui arrive, entre les élections aux Etats-Unis et la fin du mandat d’Obama, toute l’entreprise d’implantation est en danger existentiel. »

Le bureau du Premier ministre a rapidement démenti cette information.

« Le Premier ministre n’a pas fait les remarques qui lui sont attribuées, mais a noté que dans le passé, des présidents avaient, à la fin de leur mandant, avancé des initiatives qui n’étaient pas compatibles avec les intérêts israéliens », a déclaré son bureau dans un communiqué.

« Le Premier ministre a ajouté qu’il espère que la situation ne se répétera pas et il attend des Etats-Unis qu’ils ne changent pas leur politique qui remonte à plusieurs décennies pour empêcher la prise de décisions anti-Israël au Conseil de sécurité des Nations unies. »

L'avant-poste illégal d'Amona, en Cisjordanie. (Crédit : Noam Moskowitz/Flash 90)
L’avant-poste illégal d’Amona, en Cisjordanie. (Crédit : Noam Moskowitz/Flash 90)

Une source anonyme présente à la réunion de la semaine dernière a cité Netanyahu mais de façon légèrement différente, déclarant qu’un « comportement imprudent » d’Israël pendant les dernières semaines présidentielles d’Obama pourrait « mettre en danger toute l’entreprise d’implantation », a annoncé Haaretz.

Le quotidien annonçait que la rencontre avait eu lieu dans les bureaux du Premier ministre, avait duré deux heures et demi, et impliquait des militants du Likud, dont certains habitent à Amona et dans l’implantation voisine d’Ofra.

Netanyahu a dit aux militants, qui ont sollicité la rencontre et ont cherché des moyens d’empêcher le démantèlement d’Amona, qu’il devait prendre en compte les intérêts de tout le mouvement des implantations, a annoncé Haaretz, et que les dernières semaines de la présidence américaine serait une période particulièrement sensible. « Nous devons agir intelligemment, aurait dit Netanyahu, et vous, entre tous, devriez comprendre cela. »

Des membres du gouvernement israélien se sont inquiétés qu’Obama, avant d’achever son mandat en janvier, mais après l’élection de son successeur en novembre, ne cherche à imposer ou à faire avancer une solution au conflit israélo-palestinien, ou au moins ne mette en place les paramètres de la manière dont il devrait être résolu.

D’autre part, un nouveau dilemme a été posé au gouvernement de droite avec l’évacuation d’Amona, qui doit être achevée, d’après l’ordre de la Cour suprême, avant la fin de l’année, et qui ne peut pas être évitée, a prévenu le procureur général.

Ce mois-ci, Jérusalem et Washington se sont publiquement affrontés sur un projet de construction de 300 logements pour des juifs en Cisjordanie, dont 98 seraient réservés aux évacués d’Amona.

Le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest s'adressant à des journalistes, le 7 octobre 2015. (Crédit : capture d'écran de la chaîne de la Maison Blanche)
Le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest s’adressant à des journalistes, le 7 octobre 2015. (Crédit : capture d’écran de la chaîne de la Maison Blanche)

La Maison Blanche a accusé Israël le 5 octobre d’abus de confiance après l’annonce de ce nouveau projet. « Nous avons reçu des garanties de la part du gouvernement israélien qui sont en contradiction avec cette annonce », a déclaré Josh Earnest, porte-parole du président américain Barack Obama. « Si nous parlons de la façon dont de bons amis se traitent l’un l’autre, c’est une réelle source d’inquiétude », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le département d’Etat américain a sévèrement critiqué « la récente décision du gouvernement israélien de poursuivre un projet qui créerait une nouvelle importante colonie très à l’intérieur de la Cisjordanie. »

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avec Shimon Peres, alors président, après une conférence de presse conjointe à la résidence du président à Jérusalem, le mercredi 23 juillet 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon avec Shimon Peres, alors président, après une conférence de presse conjointe à la résidence du président à Jérusalem, le mercredi 23 juillet 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Invoquant le nom de l’ancien président israélien Shimon Peres mort le mois dernier, le porte-parole du département d’Etat, Mark Toner, avait également ajouté qu’il était « décourageant que pendant qu’Israël et le monde pleurent le décès du président Shimon Peres, et que les dirigeants des Etats-Unis et d’autres pays se préparaient à rendre hommage à l’un des grands défenseurs de la paix, des projets étaient avancés qui compromettent sérieusement les perspectives d’une solution à deux états qu’il a si passionnément soutenue. »

Un responsable israélien avait envenimé la situation le 6 octobre en pointant du doigt les « critiques disproportionnées » de Washington à propos du dernier plan de construction qui serait destiné à servir d’ « alibi » pour couvrir des projets d’Obama afin de prendre des mesures anti-Israël dans les dernières semaines de sa présidence.

S’adressant à la Deuxième chaîne, la « source politique importante » anonyme avait souligné que les projets de construction de 300 logements pour des juifs en Cisjordanie ne constituaient pas une nouvelle implantation, et ne contrevenaient à aucun des engagements pris par Israël auprès des Etats-Unis.

Le reportage télévisé avait souligné que ces remarques n’étaient pas une réponse officielle du gouvernement, et noté que Netanyahu n’avait pas répondu aux critiques américaines.

La critique américaine « est un alibi pour des actions unilatérales qui sont prévues par Obama, a déclaré la source, même si Obama a promis à Netanyahu qu’il ne prendrait aucune mesure unilatérale concernant Israël » dans les dernières semaines de sa présidence.

La chaîne avait annoncé que les ministres avaient été déconcertés par la sévérité de la réaction américaine.

Le président américain Barack Obama (C) parle au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (d) alors qu'il est assis à côté du président israélien Reuven Rivlin (g) lors des funérailles de l'ancien président israélien Shimon Peres le 30 septembre, 2016, au cimetière du mont Herzl à Jérusalem . (Crédit : AFP / Ronen Zvulun)
Le président américain Barack Obama (C) parle au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (d) alors qu’il est assis à côté du président israélien Reuven Rivlin (g) lors des funérailles de l’ancien président israélien Shimon Peres le 30 septembre, 2016, au cimetière du mont Herzl à Jérusalem . (Crédit : AFP / Ronen Zvulun)

Les dirigeants américains, selon la Deuxième chaîne, avaient été particulièrement irrités par l’annonce de nouvelles constructions si rapidement après la signature d’un accord d’aide militaire sur dix ans, et juste après la venue d’Obama en Israël, en signe de respect et de solidarité, pour les funérailles de l’ancien président Shimon Peres le 30 septembre.

Le reportage citait également des habitants d’Amona disant que les nouveaux logements n’étaient pas une solution pour eux, puisqu’il faudrait quatre ans pour les construire et qu’ils doivent être expulsés dans quelques mois.

Le ministère israélien des Affaires étrangères avait également rejeté la critique des Etats-Unis. « Les 98 logements approuvés à Shilo ne constituent pas une ‘nouvelle implantation’ », avait déclaré le ministère dans un communiqué. « Ces logements seront construits sur un terrain appartenant à l’Etat dans l’implantation existante de Shilo, et ne changeront pas ses limites municipales ou son empreinte géographique. »

Israël avait approuvé le 1er octobre la construction de nouveaux logements pour les habitants d’Amona avant son évacuation ordonnée par la Cour. Le projet aura deux phases de construction, 200 logements supplémentaires doivent être approuvés après l’achèvement des 98 premiers.

Le ministère des Affaires étrangères avait également répété la position d’Israël sur les implantations, que ne sont pas la cause principale du blocage du processus de paix avec les Palestiniens.

« Le réel obstacle à la paix n’est pas les implantations, une question du statut final qui peut et doit être résolue par les négociations entre les parties, mais le rejet palestinien constant d’un Etat juif, quelles que soient ses frontières », peut-on lire dans le communiqué.

Des agences ont contribué à cet article.

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