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Netanyahu promet de combattre la violence dans la communauté arabe israélienne

Promettant des moyens, Netanyahu appelle la minorité à coopérer avec les forces de l'ordre ; la Liste arabe unie dénonce l'inaction du Premier ministre et de la police

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une réunion de la faction du Likud à la Knesset, le 3 octobre 2019. (Menahem Kahana/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une réunion de la faction du Likud à la Knesset, le 3 octobre 2019. (Menahem Kahana/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a condamné dimanche la récente série de crimes violents au sein de la communauté arabe israélienne, promettant de débloquer des ressources et appelant la minorité à coopérer avec les autorités judiciaires et policières pour combattre le phénomène. Il s’agissait là de sa première déclaration publique à ce sujet depuis le début des manifestations de masse contre la criminalité et l’inaction présumée de la police la semaine dernière.

« Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dénonce les meurtres et la violence dans le secteur arabe », a indiqué son cabinet dans un communiqué.

D’après son cabinet, Benjamin Netanyahu s’est entretenu à ce sujet avec le ministre de la sécurité publique, Gilad Erdan, et le chef de la police par intérim, Moti Cohen. Ils ont décidé « d’allouer des effectifs supplémentaires et de faire davantage appliquer la loi pour continuer de lutter contre la violence croissante ».

Netanyahu a encouragé les responsables politiques arabes israéliens à travailler de concert avec les autorités et appelé la minorité à ne pas faire preuve de violence dans les manifestations.

« Nous tous devons faire preuve de responsabilité et coopérer afin de lutter contre la violence », a-t-il déclaré.

Le leader de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, filme le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant le débat sur le projet de loi des caméras à la Knesset de Jérusalem, le 11 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon la police, plus de 70 meurtres ont été commis dans les communautés arabes cette année – presque autant que sur les deux années précédentes – alors que les Arabes, qui forment 20 % de la population générale, représentent plus de la moitié de toutes les victimes de meurtre dans le pays. Au début de la semaine dernière, deux frères et un troisième individu ont été tués dans une rixe impliquant des armes blanches et des armes à feu à Majd al-Krum.

Les dirigeants de la Liste arabe unie ont largement réfuté les propos de Netanyahu dans des communiqués publiés par leurs porte-paroles quelques minutes après celle du Premier ministre.

Le numéro de l’alliance des partis à majorité arabe, Ayman Odeh, estime que Netanyahu sera jugé sur la mise en place immédiate d’un plan d’action gouvernemental et non sur ses déclarations publiques.

« Il ne faudrait pas que 20 % de la population soient contraints de prendre des mesures drastiques et de bloquer des routes pour que le gouvernement s’attaque enfin au problème qui nuit à la vie d’innocents depuis tant d’années », a dénoncé le député dans un communiqué, appelant la police à traiter les manifestants « comme des citoyens plutôt que comme l’ennemi ».

Ahmad Tibi s’est montré plus véhément dans ses propos. « Après des jours de silence face aux meurtres et après des manifestations dans tout le pays, Netanyahu s’est souvenu qu’il devait faire une déclaration pour s’acquitter de son devoir », a-t-il réagi dans un communiqué.

Les Arabes israéliens manifestent contre les violences, le crime organisé et les récents meurtres au sein de leurs communautés à Majd al-Krum, le 3 octobre 2019 (Crédit : David Cohen/Flash90)

« En tant que Premier ministre, Netanyahu est responsable du bain de sang », a ajouté Ahmad Tibi, tout en reconnaissant que sa déclaration indiquait que les manifestations contre la violence avaient eu un effet.

Vendredi, des milliers de personnes sont descendues dans les rues, bloquant les routes – dont les intersections menant aux autoroutes majeures du nord du pays. Ils étaient également des centaines à manifester samedi dans plusieurs villes du pays pour dénoncer la violence et les meurtres dans leurs communautés.  Les protestataires brandissaient des pancartes disant : « Le sang de nos enfants a de la valeur » et ont scandé des slogans dénonçant ce qui s’apparente, selon eux, à une inaction de la police.

La commission supérieure de contrôle arabe, organisation-cadre des instances arabes israéliennes, a annoncé qu’elle projetait de mettre en place d’autres manifestations avec notamment un convoi de véhicules venus des communautés du nord et du sud qui convergera vers le bureau du Premier ministre à Jérusalem.

Des manifestations de masse sont prévues les 21 et 27 octobre prochains devant le siège de la police à Nazareth et Ramlé. Le 27, les organisateurs prévoient de dresser des chapiteaux à proximité des bureaux du gouvernement dans la capitale.

Odeh a encouragé la communauté à se joindre aux protestations, déclarant qu’une société sans arme est idéale pour tous.

Les 13 nouveaux élus de la Liste arabe unie ont ainsi boycotté la cérémonie de prestation de serment des députés à la Knesset en raison de cette grève. La faction a fait de l’amélioration de la sécurité publique l’une de ses plus hautes priorités.

Les leaders arabes estiment que la police israélienne ignore largement les violences au sein de leurs communautés – des querelles familiales et des guerres de clans du crime organisé, en passant par les violences conjugales et les crimes d’honneur.

La police réfute vigoureusement ces accusations d’indifférence, disant qu’elle fait tout ce qui est en son pouvoir pour juguler la violence.

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