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Nouvelle jeunesse pour le parti travailliste ; Barlev et Nachman Shai en difficulté

Naama Lazimi, Gilad Kariv, Efrat Rayten, Ram Shefa et Emilie Moatti sont en tête de liste derrière la cheffe du parti, Merav Michaeli

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

La députée travailliste Naama Lazimi réagissant aux résultats des primaires du Parti travailliste, à Tel Aviv, le 9 août 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
La députée travailliste Naama Lazimi réagissant aux résultats des primaires du Parti travailliste, à Tel Aviv, le 9 août 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Un groupe de jeunes législateurs emmenés par la nouvelle députée Naama Lazimi ont fêté leur victoire après avoir obtenu les premières places lors des primaires du Parti travailliste. Par ailleurs, deux ministres chevronnés seront probablement écartés du pouvoir.

Mardi soir, le Parti travailliste a annoncé que les législateurs Naama Lazimi, Gilad Kariv, Efrat Rayten, Ram Shefa et Emilie Moatti ont respectivement obtenu les deuxième, troisième et sixième places sur une liste paritaire, derrière la cheffe du Parti travailliste Merav Michaeli, tous relativement jeunes sur la scène de la Knesset.

Omer Barlev, législateur chevronné et ministre de la Sécurité intérieure, est passé de la deuxième à la neuvième place sur la liste du parti, tandis que le ministre des Affaires de la Diaspora, Nachman Shai, autre député de longue date, est passé de la huitième à la 17e place, ce qui rend improbable leur retour à la Knesset.

Barlev a affirmé mercredi qu’il continuerait à travailler pour le parti travailliste malgré les résultats décevant aux primaires du parti hier.

« J’ai eu, tout au long de ma vie d’adulte, des moments de contentement et des moments de déception », a-t-il dit. « Mais ce qui a toujours été ma priorité, c’est le bien de l’État d’Israël. C’est plus important que moi, y compris maintenant ».

Barlev affirme qu’il « ne pliera pas le drapeau de la politique-sécurité au sein du parti travailliste, mais continuera à le porter avec fierté ».

Plus de 20 000 membres ont voté lors des primaires du parti mardi, les factions cherchant à définir leur liste électorale avant les élections du 1er novembre.

En se plaçant en septième position sur la liste, le nouveau venu Yair (Yaya) Fink a obtenu la meilleure place pour un nouveau candidat. Le Parti travailliste obtiendrait actuellement, selon les sondages, entre cinq et six sièges, ce qui le place en bonne position pour faire son entrée à la Knesset.

Naama Lazimi, âgée de 36 ans, s’est fait l’avocate des causes socio-économiques lors de son premier mandat à la Knesset. Elle a été l’un des soutiens d’une initiative visant à augmenter le salaire minimum et s’est également battue pour que l’État indemnise les familles évacuées à la fin de l’année dernière du quartier Givat Amal Bet de Tel Aviv.

Merav Michaeli, leader du Parti travailliste et ministre des Transports, aux côtés des députés et des membres du parti après l’annonce des résultats des primaires des Travaillistes, à Tel Aviv, le 9 août 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Rabbin réformé, Kariv, âgé de 48 ans, a présidé la commission de la Constitution, de la Loi et de la Justice de la Knesset au cours de l’année dernière. Rayten, âgée de 50 ans, dirige la commission du travail, du bien-être et de la santé de la Knesset, tandis que Shefa, âgé de 37 ans, est le chef de faction du parti. Moatti, âgée de 42 ans, s’est distinguée en faisant la promotion des liens internationaux de la Knesset et en plaidant en faveur de mesures visant à améliorer les relations avec les Palestiniens.

Fink, fondateur de l’initiative d’intérêt public Lobby 99, a fait pression sur les députés au nom des intérêts publics. Il a également créé le mouvement Darkenu, qui a mené des protestations contre l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, et Democrat TV, une chaîne d’information de gauche sur Internet.

Barlev a eu un mandat difficile en tant que ministre responsable de la police israélienne, qui a fait l’objet d’un certain nombre de scandales sous sa direction, qu’il s’agisse d’allégations concernant l’utilisation de technologies de piratage téléphonique ou d’allégations selon lesquelles des agents n’auraient pas réagi assez rapidement à une attaque terroriste.

La leader du Parti travailliste et ministre des Transports Merav Michaeli aux côtés des députés travaillistes Gilad Kariv et Naama Lazimi après l’annonce des résultats des primaires du Parti travailliste, à Tel Aviv, le 9 août 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Barlev a également été critiqué pour avoir fait une allusion maladroite à la « violence des résidents d’implantations« , pour avoir fait une gaffe largement critiquée lors des funérailles d’une victime du terrorisme qui semblait attester d’une confusion sur le statut des événements sécuritaires, et pour avoir ensuite tenté de plaisanter sur ce faux pas.

Membre de la direction d’une coalition diversifiée qui s’est déchirée sur des questions idéologiques, Michaeli a insisté sur la fiabilité de sa liste.

Au cours de la dernière session à la Knesset, le Parti travailliste s’est distingué par le maintien de la discipline de la coalition, un message que Michaeli cherche de plus en plus à diffuser depuis que les élections du 1er novembre ont été annoncées.

La députée Naama Lazimi votant lors des primaires du Parti travailliste, dans un bureau de vote à Tel Aviv, le 9 août 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Avec nous, il n’y a pas de députés qui ne tiennent pas leurs promesses, qui votent de façon désordonnée, qui boycottent et qui, in fine, brisent ce qui a été construit », a déclaré Michaeli, dans des commentaires acerbes visant les anciens partenaires de la coalition qui se sont rebellés contre leur parti, contribuant ainsi à faire tomber le gouvernement. « Le Parti travailliste est un îlot de stabilité et un îlot de vérité sur lequel on peut compter. »

Le parti, qui a dirigé le pays presque d’une seule main pendant le premier quart de siècle de l’existence de l’Etat d’Israël, a été secoué par une série d’événements, de fusions et de relances ratées ces dernières années, passant par une longue liste de dirigeants et perdant sa place de premier parti d’opposition.

Michaeli a profité de l’annonce des primaires pour solliciter des voix, affirmant que le programme de son parti devait faire appel à des valeurs fondamentales.

« Nous ferons tout pour montrer aux Israéliens qu’il n’y a pratiquement rien de ce en quoi croit le Parti travailliste que le peuple ne veuille pas », a-t-elle déclaré.

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