Politiciens et habitants critiquent le gouvernement lors d’une réunion sur les tunnels
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Politiciens et habitants critiquent le gouvernement lors d’une réunion sur les tunnels

Le chef du commandement du Sud souligne que l’armée contrôle la menace souterraine de Gaza ; un député Likud chahuté pour la politique de son parti

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le dirigeant du Commandement de la région Sud, le général Eyal Zamir, pendant une conférence sur la menace des tunnels de Gaza à Sderot, le 20 avril 2016. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)
Le dirigeant du Commandement de la région Sud, le général Eyal Zamir, pendant une conférence sur la menace des tunnels de Gaza à Sderot, le 20 avril 2016. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)

Des habitants des municipalités proches de la frontière avec la bande de Gaza, des journalistes et des opposants politiques ont pris mercredi à parti le gouvernement Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, l’accusant d’échouer à traiter la menace des tunnels d’attaques creusés par le Hamas sous la bande de Gaza.

La conférence, intitulée « La menace des tunnels », a eu lieu à Sderot, dans le sud du pays, et a pris plus de poids en raison de la récente découverte d’un tunnel entrant profondément en territoire israélien en provenance de la bande de Gaza.

Sur le sujet de tunnels, le commandant de la région Sud, le général Eyal Zamir, a tenté de rassurer le public en disant que l’armée avait la situation sous contrôle.

« La période depuis l’opération Bordure protectrice [pendant l’été 2014] a été la plus calme en dix ans, a déclaré Zamir. Les tunnels que le Hamas essaie de construire sont devenus des pièges mortels pour ses agents. »

Le chef d'Etat-major israélien Gadi Eizenkot, à gauche, et le directeur du commandement de la région Sud, le général Eyal Zamir, au centre, inspectent le "tunnel terroriste" récemment découvert, qui aurait été creusé par le Hamas depuis la bande de Gaza jusque dans le sud d'Israël, le 18 avril 2016. (Crédit : unité des portes-paroles de l'armée israélienne/FLASH90)
Le chef d’Etat-major israélien Gadi Eizenkot, à gauche, et le directeur du commandement de la région Sud, le général Eyal Zamir, au centre, inspectent le « tunnel terroriste » récemment découvert, qui aurait été creusé par le Hamas depuis la bande de Gaza jusque dans le sud d’Israël, le 18 avril 2016. (Crédit : unité des portes-paroles de l’armée israélienne/FLASH90)

Il faisait référence à la série d’effondrements de tunnels dans toute la bande de Gaza ces dernières semaines, qui ont tué plusieurs hommes du Hamas.

« Nous avons des plans précis sur comment répondre à toute agression du Hamas, et agissons constamment le long de la frontière », a-t-il ajouté.

Cependant, les remarques de Zamir, qui faisaient écho à plusieurs déclarations de la semaine dernière, ont été éclipsées par les attaques politiques contre le gouvernement et le parti de Netanyahu, ainsi que par la colère des habitants de Sderot présents dans la salle.

Les dirigeants des partis d’opposition, Isaac Herzog de l’Union sioniste, Yair Lapid de Yesh Atid, Avigdor Liberman de Yisrael Beytenu et Zahava Gal-on de Meretz, se sont exprimés pendant la conférence, proposant les réponses de leurs partis à la menace des tunnels d’attaque.

Le député du Likud Miki Zohar à la Knesset le 14 décembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député du Likud Miki Zohar à la Knesset le 14 décembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Likud n’a cependant pu mobiliser que Miki Zohar, nouveau député qui est 22e sur la liste du parti, et est plus connu pour avoir proposé une législation plus stricte sur l’ouverture des commerces pendant Shabbat.

La prestation de Zohar a mal commencé, l’animateur de l’événement, le présentateur de la Deuxième chaîne Dany Cushmaro, se plaignant que seul un suppléant de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset assiste à l’événement pour représenter le Likud.

« Nous voulions quelqu’un qui fait réellement partie du gouvernement de coalition », a déclaré Cushmaro en présentant Zohar.

Les choses ne se sont pas améliorées par la suite. Le discours de Zohar a été interrompu à de multiples reprises, d’abord par des membres du public qui ont demandé que le gouvernement en fasse plus pour les protéger du Hamas, et ensuite par Cushmaro lui-même, qui a ridiculisé le discours du député en raison de son contenu.

« Chaque génération a ses défis », a déclaré Zohar, et la seule chose arrêtant le « défi » des tunnels est la nouvelle technologie de détection d’Israël.

« C’est tout ce que vous avez à dire ? », a demandé Cushmaro.

« Je vous donnerai mon discours, et vous pourrez le lire deux fois », a répondu Zohar.

Le nouveau député a claironné sur la panacée à la menace des tunnels que représente la nouvelle technologie de détection des tunnels et la nouvelle corde à l’arc du gouvernement.

« Comment le tunnel a-t-il été trouvé ? Grâce à des renseignements ? Non, grâce à la technologie », a-t-il déclaré, en insistant sur le dernier mot.

L’armée a elle souligné que le système de détection des tunnels, toujours secret, n’était qu’une partie de l’effort de découverte du tunnel, aux côtés des renseignements et des « bottes sur le terrain » qui ont joué un rôle important.

« La gauche n’aime pas quand les problèmes sont résolus », a ajouté Zohar.

Le colonel (de réserve) Yossi Langotzky, qui était précédemment conseiller du chef d’Etat-major sur la menace des tunnels, a qualifié Zohar d’ « idiot » pour ses commentaires sur la technologie de détection des tunnels.

« Ayez un peu de responsabilité, un peu de professionnalisme, un peu de citoyenneté », a déclaré Langotzky en marge de la conférence. « Toute barrière physique peut être surmontée. »

Les attaques contre le gouvernement ne sont pas seulement venues sous la forme de défis directs des membres du public, qui ont accusé le parti de retenir les financements pour la création d’un nouveau système de barrière, plus avancé, mais aussi de la part des autres orateurs, dont d’anciens alliés politiques de Netanyahu.

Avigdor Liberman lors de la réunion du parti Yisrael Beytenu à la Knesset, le 4 mai 2015 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)
Avigdor Liberman lors de la réunion du parti Yisrael Beytenu à la Knesset, le 4 mai 2015 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Liberman, partisan de droite convaincu qui appelait autrefois Israël à reconquérir la bande de Gaza, a choisi une voie d’attaque surprenante.

Défendant une réduction des restrictions sur les imports et les exports de l’enclave côtière, le dirigeant de Yisrael Beytenu a souligné l’importance de l’allègement de la crise économique à Gaza, qui alimente le conflit selon lui.

« Une meilleure vie pour les résidents de Gaza diminue le risque qu’ils ne rejoignent des organisations comme le Hamas, et le Hamas le sait », a déclaré Liberman.

L’organisation terroriste soustrait les financements et les matériaux destinés à la reconstruction de Gaza et les utilise pour ses propres projets néfastes, a-t-il accusé.

« Que ferais-je si j’avais la responsabilité de ce sujet ? », a-t-il demandé. « Ouvrir une chaîne de télévision, une station de radio et un site internet pour dire la vérité à la population sur le Hamas. »

Zahava Gal-on à la Knesset. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Zahava Gal-on à la Knesset. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Gal-on, du parti de gauche Meretz, a défendu un changement de politique spectaculaire, un qui place plus d’importance sur le besoin de négociations au lieu du conflit violent pour résoudre les menaces venant de Gaza.

Depuis 10 ans, Israël a eu « la même politique et les mêmes résultats », a déclaré Gal-on.

« Cela peut sembler ‘sensible’, mais la sécurité ne concerne pas seulement la puissance militaire, elle concerne la diplomatie, a-t-elle déclaré. La dissuasion ne dure pas toujours. »

Lapid et Herzog ont moins parlé de ce qui devrait être fait pour résoudre la menace des tunnels contre les communautés israéliennes entourant la bande de Gaza, et plus de comment le gouvernement a échoué à le faire.

Le président du parti Union sioniste, le député Isaac Herzog qui dirige une réunion de faction à la Knesset, le 4 janvier 2016 (Crédit : FLASH90)
Le président du parti Union sioniste, le député Isaac Herzog qui dirige une réunion de faction à la Knesset, le 4 janvier 2016 (Crédit : FLASH90)

« Si j’étais Premier ministre, la personne à l’origine de ces tunnels ne resterait pas vivante », a déclaré Herzog.

Il a critiqué le gouvernement et le cabinet de sécurité, court en action et long en paroles, dans le cadre de sa récente tentative d’apparaître plus dur sur le terrorisme.

« Je ne pense pas que le Hamas soit assez dissuadé. Ils continuent à creuser des tunnels, ce qui prouve qu’ils ne sont pas dissuadés », a déclaré Herzog.

Une vidéo du chef de l’opposition disant mardi soir aux membres du Parti travailliste que le parti devait arrêter de donner l’impression « que nous sommes toujours des ‘amoureux des arabes’ » a été publiée, déclenchant un scandale et des moqueries chez les Israéliens.

En réponse au scandale en préparation, Herzog a dit aux membres du public de la conférence de Sdérot que la citation avait été sortie de son contexte, et qu’il discutait de comment le parti est perçu à l’extérieur.

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