Les USA arrêteraient totalement leur financement de l’UNRWA – médias
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Les USA arrêteraient totalement leur financement de l’UNRWA – médias

L’administration rejettera également le statut de réfugié de millions de Palestiniens, selon le Washington Post, qui corrobore des informations précédentes

Le président américain Donald Trump aux côtés de son conseiller Jared Kushner, à gauche, au cours d'une réunion à la Maison Blanche, le 13 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le président américain Donald Trump aux côtés de son conseiller Jared Kushner, à gauche, au cours d'une réunion à la Maison Blanche, le 13 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Washington aurait pris la décision finale de stopper toute aide à l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens et l’annoncera dans les prochaines semaines, selon un article publié jeudi soir.

Le Washington Post a ajouté que la décision incluait également un projet précédemment annoncé visant à retirer le statut de réfugié à des millions de Palestiniens à travers le monde – ne reconnaissant ce statut à seulement plus que quelques centaines de milliers d’individus au lieu des cinq millions revendiqués par les Palestiniens.

Le « droit au retour » est l’un des principaux enjeux dans le conflit israélo-palestinien. Les Palestiniens affirment que cinq millions de personnes – des dizaines de milliers de réfugiés originaires de terres appartenant à Israël aujourd’hui et leurs millions de descendants – ont un « droit de retour ». Israël rejette cette demande, affirmant que les Palestiniens détruiraient Israël par le poids du nombre. La population d’Israël compte près de neuf millions d’habitants, dont les trois quarts sont Juifs. Un afflux de millions de personnes signifierait qu’Israël ne pourrait plus être un État à majorité juive.

L’article du Washington Post corrobore une autre information du site Foreign Policy publiée mardi, à savoir celle de couper toute aide à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). La décision aurait été prise lors d’une réunion au début du mois entre Jared Kushner, conseiller et gendre du président américain Donald Trump, et le secrétaire d’État Mike Pompeo.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo lors d’une conférence de presse au département d’État à Washington, le 11 mai 2018. (Mandel Ngan/AFP)

Depuis lors, l’administration a informé les « principaux gouvernements régionaux » de son projet, indique l’article.

L’article de Foreign Policy a été publié quelques heures après que la porte-parole du département d’État, Heather Nauert, a déclaré que l’aide à l’Autorité palestinienne « n’apportait aucun intérêt au contribuable américain » après l’annonce de la Maison-Blanche de son intention de réduire de plus de 200 millions de dollars l’aide totale à Ramallah.

Un autre porte-parole du département d’État a refusé de commenter la décision, selon Foreign Policy, mais a déclaré que « la politique des États-Unis concernant l’UNRWA a fait l’objet d’évaluations et de discussions internes fréquentes ».

Mardi, l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, s’est interrogée sur les revendications palestiniennes concernant un « droit au retour » dans l’Israël moderne, affirmant qu’elle pensait que ce sujet délicat devait être « retiré de la table ».

Haley a suggéré que l’administration Trump envisagerait un rejet officiel de la demande palestinienne selon laquelle tous les réfugiés qui ont été déplacés entre 1947 et 1948 – ainsi que tous leurs descendants – soient autorisés à retourner dans l’Israël d’aujourd’hui après un accord de paix final.

Le secrétaire d’État Mike Pompeo et l’ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley au département d’État à Washington, le 19 juin 2018. (Crédit : AFP / Andrew CABALLERO-REYNOLDS)

Le week-end dernier, un reportage de la chaine Hadashot a indiqué que les États-Unis annonceraient une politique qui, « de leur point de vue, annulait le ‘droit au retour’ ». Le reportage affirmait que les États-Unis présenteront début septembre un rapport dans lequel il est indiqué qu’il n’y a en réalité qu’un demi-million de Palestiniens qui devraient être légitimement considérés comme des réfugiés, et qu’ils rejettent l’affirmation de l’ONU selon laquelle les millions de descendants des premiers réfugiés sont également considérés comme des réfugiés.

L’UNRWA, créé en 1949 à la suite de la guerre d’Indépendance de 1948, gère des écoles et fournit des services de santé et d’autres services sociaux aux Palestiniens de Cisjordanie, de Gaza, de Jordanie, du Liban et de Syrie.

Les États-Unis fournissaient à l’UNRWA quelque 350 millions de dollars par an – plus que tout autre pays. Dans le cadre d’une série de réductions de l’aide étrangère apportée aux Palestiniens, la Maison-Blanche a annoncé en janvier qu’elle retiendrait un versement de 65 millions de dollars en faveur de l’agence de secours.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a demandé par le passé que l’UNRWA soit « démantelé ». En juillet dernier, il a accusé l’organisation d’inciter à la haine contre Israël et de ne rien faire pour aider les réfugiés palestiniens. Il s’est interrogé sur le besoin d’un tel organe spécifique, alors que le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a aidé des dizaines de millions de personnes déplacées depuis la Seconde guerre mondiale. « Le moment est venu de démanteler l’UNRWA et de faire en sorte qu’il soit intégré au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés », a-t-il déclaré, accusant l’organisme de « perpétuer » le sort des réfugiés palestiniens.

Un jeune Palestinien transporte un colis alimentaire de l’UNRWA à Gaza City, le 15 janvier 2018. (Crédit : MOHAMMED ABED / AFP)

La coupure de 200 millions de dollars d’aide humanitaire annoncée vendredi dernier est le résultat ostensible d’un réexamen de l’aide américaine à l’Autorité palestinienne, ordonné par Trump en janvier, suite à l’indignation des Palestiniens concernant sa décision de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Des sources dans l’establishment de défense israélien craignent que les efforts apparents de Washington visant à affaiblir l’UNRWA ne renforcent le groupe terroriste du Hamas à Gaza et mettent en danger la sécurité d’Israël.

Ils affirment que de graves réductions du budget de l’UNRWA créeraient un vide dans la fourniture de services de base dans la bande de Gaza, où la majorité des résidents dépendent de l’organisation. Cela se ferait particulièrement sentir par des pénuries alimentaires et dans l’éducation, et le Hamas pourrait se servir de ce changement afin de renforcer son emprise sur l’enclave côtière.

Eric Cortellessa a contribué à cet article.

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