Pour l’accord d’unité de la droite, Netanyahu reporte une réunion avec Poutine
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Pour l’accord d’unité de la droite, Netanyahu reporte une réunion avec Poutine

Le Premier ministre a reporté une visite en Russie, organisant des réunions avec les leaders de HaBayit HaYehudi, pour garantir l'alliance avec le parti nationaliste Otzma Yehudit

Le Premier ministre Netanyahu et le président russe Vladimir Poutine au Kremlin, le 9 mai 2018. (Amos Ben Gerschom / GPO
Le Premier ministre Netanyahu et le président russe Vladimir Poutine au Kremlin, le 9 mai 2018. (Amos Ben Gerschom / GPO

Une rencontre entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président russe Vladimir Poutine a été reportée, mercredi, alors que Netanyahu s’efforce de garantir l’union de la droite en amont des élections nationales.

Une source proche du gouvernement a indiqué qu’Israël et la Russie avaient convenu du report dans les jours qui viennent de la rencontre initialement organisée jeudi.

Les deux responsables doivent s’entretenir par téléphone dans la journée de jeudi et mettre en place une autre rencontre dans les meilleurs délais, a confié la source.

« D’un commun accord entre les deux parties (israélienne et russe), la rencontre prévue demain entre le Premier ministre et le président Poutine est reportée de plusieurs jours », a déclaré un responsable israélien sous le couvert de l’anonymat.

Yuri Ushakov, responsable au Kremlin, a expliqué à l’agence de presse d’Etat Ria Novosti que la réunion avait été ajournée pour des raisons de politique interne en Israël.

Une rencontre du secrétariat du Likud, prévue mercredi et qui devait finaliser la liste électorale, a également été remise à demain, ont fait savoir les médias en hébreu.

Les formations politiques ont jusqu’à jeudi pour finaliser leurs listes électorales en vue des élections de la Knesset, le 9 avril.

La chaîne publique Kan, citant des sources proches du Premier ministre, a annoncé que le voyage de Netanyahu en Russie avait été ajourné en raison des efforts de dernière minute livrés par le Premier ministre pour conclure un accord d’unité en vue du scrutin entre trois partis de la droite nationaliste : HaBayit HaYehudi, l’Union nationale et Otzma Yehudit.

HaBayit HaYehudi et l’Union nationale ont d’ores et déjà convenu d’une fusion, la semaine dernière, et Netanyahu leur a vivement recommandé de prendre à leurs côtés la formation extrémiste Otzma Yehudit. Les négociations autour de cette union sont en cours et, dans la matinée de mardi, Otzma Yehudit a fait savoir qu’une convention avait été trouvée. Il y a néanmoins une forte opposition à cet arrangement au sein de la faction nationale-religieuse plus modérée HaBayit HaYehudi.

A gauche, Bezalel Smotrich, à gauche, et Rafi Peretz posent après avoir décidé de former une liste conjointe HaBayit HaYehudi-Union nationale à la Knesset, le 14 février 2019 (Autorisation). A droite, le président du parti Otzma Yehudit Michael Ben Ari, à droite, avec Itamar Ben Gvir lors de la conférence inaugurale électorale de Petah Tikva, le 24 décembre 2014 (Crédit : Tomer Neuberg/FLASH90)

Netanyahu s’est entretenu avec le leader de HaBayit HaYehudi Rafi Peretz et le député Moti Yogev mercredi matin pour garantir le maintien de l’alliance.

Les petites factions de droite ont été vivement encouragées par le Likud à se réunir pour les élections après le départ des ministres Naftali Bennett et Ayelet Shaked de HaBayit HaYehudi. Ils ont formé le parti HaYamin HaHadash, laissant leurs anciens collègues avec le niveau minimal de soutien nécessaire pour entrer à la Knesset.

Un échec de la part de ces listes à franchir le seuil électoral impliquerait des milliers de votes « perdus » pour la droite, a averti le Premier ministre, mettant en danger ses chances de former une coalition de droite.

Le Premier ministre devait décoller pour Moscou mercredi soir en compagnie de hauts-responsables militaires, notamment le chef des forces aériennes et celui des renseignements militaires, pour des discussions sur la situation en Syrie.

Il devait s’agir de leur premier face-à-face prolongé depuis le 17 septembre, date à laquelle des batteries syriennes avaient abattu par erreur un avion russe lors d’une opération aérienne israélienne.

La mort de 15 soldats russes avaient provoqué de sérieuses tensions entre la Russie et Israël et remis en cause la liberté d’action revendiquée par Israël en Syrie.

Depuis le 17 septembre, MM. Netanyahu et Poutine se sont parlé à plusieurs reprises par téléphone, mais ne se sont vus que brièvement le 11 novembre à Paris en marge des commémorations de la fin de la Première Guerre mondiale.

M. Netanyahu avait qualifié dimanche les discussions à venir avec M. Poutine de « très importantes » pour assurer « la liberté d’action » israélienne en Syrie contre l’Iran et le Hezbollah libanais, tout en évitant les frictions avec les forces russes.

L’Iran, le Hezbollah et la Russie sont les alliés du régime de Bachar al-Assad. M. Netanyahu répète à l’envi qu’il ne laissera pas l’Iran, grand ennemi d’Israël, se servir de la Syrie comme tête de pont militaire.

Longtemps, Israël est resté discret sur ses opérations syriennes. Mais M. Netanyahu a indiqué en janvier que l’aviation avait frappé ces dernières années des « centaines » de cibles iraniennes ou du Hezbollah en Syrie.

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