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Pour Rozin, le Meretz n’a pas de choix sur le projet de loi sur les implantations

La députée de gauche a expliqué que, si la loi ne passe pas et que le gouvernement tombe, "la droite la passera dans la semaine" ; elle est favorable à une solution à deux États

La députée Michal Rozin à la Knesset à Jérusalem, le 21 juin 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
La députée Michal Rozin à la Knesset à Jérusalem, le 21 juin 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Expliquant la décision du parti de gauche Meretz de soutenir un projet de loi visant à renouveler l’extension du droit civil et pénal aux Israéliens vivant en Cisjordanie, en contradiction apparente avec le programme politique du parti, la députée Meretz Michal Rozin a suggéré samedi que l’alternative de ne pas soutenir le projet de loi serait pire pour la gauche israélienne.

« Si le projet de loi s’effondre et que le gouvernement est dissous, nous en subirons les conséquences et serons bannis, car la droite adoptera le projet de loi la semaine suivante », a déclaré Rozin samedi lors d’un événement culturel à Tel Aviv.

« Avons-nous une autre alternative ? Si je savais que la dissolution de ce gouvernement conduirait à un gouvernement de centre-gauche, je le ferais de suite », a-t-elle ajouté.

Le projet de loi vise à renouveler une mesure d’urgence qui étend le droit pénal israélien et certaines lois civiles clefs – telles que l’impôt sur le revenu et l’assurance maladie – aux Israéliens vivant en Cisjordanie. Bien qu’Israël n’ait pas annexé la Cisjordanie, la mesure garantit que les résidents d’implantations qui y vivent soient traités comme s’ils vivaient en Israël dans la plupart des domaines, sans étendre ces mêmes dispositions juridiques aux Palestiniens.

Promulguée à l’origine au lendemain de la guerre des Six Jours de 1967, la loi reste une « mesure d’urgence » qui doit être renouvelée tous les cinq ans. Adoptée pour la dernière fois en 2017, elle doit expirer à la fin du mois de juin.

Rozin avait précédemment déclaré que le soutien potentiel du parti de gauche au projet de loi serait basé sur les accords de coalition visant à ne pas apporter de changements majeurs au statu quo concernant les Palestiniens, un élément clef du pacte qui maintient le gouvernement disparate.

L’implantation d’Efrat en Cisjordanie, le 10 janvier 2022. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

Le ministre de la Justice Gideon Saar, qui est le fer de lance du projet de loi, a prévenu que le fait de pouvoir atteindre la majorité requise pour le faire passer serait un test pour la survie de la fragile coalition .

Rozin a souligné samedi que son parti continuerait à soutenir une solution à deux États avec les Palestiniens, une position que le parti défend depuis sa fondation.

« Le Meretz a toujours été clair sur le fait que nous n’avons que deux options à cet égard : annexer des millions de Palestiniens et perdre la vision sioniste ou se séparer des Palestiniens et mettre en place la solution à deux États », a-t-elle déclaré.

Au début du mois, Rozin a déclaré qu’elle tenterait de trouver un moyen de coopérer avec la députée Ghaida Rinawie Zoabi, qui a brièvement quitté la coalition, et de la convaincre de travailler avec eux.

« Même s’il y a des raisons de démanteler le gouvernement, aucune d’entre elles n’est meilleure que la terrible alternative. Je crois que ce gouvernement fait face à des défis qui peuvent être surmontés. L’intérêt général est de faire tout ce qui est possible pour empêcher de nouvelles élections et bloquer le retour de l’extrême droite dans les couloirs du pouvoir », a déclaré Rozin à l’époque.

Mais malgré le soutien du Meretz, et même si Zoabi s’aligne sur son parti, il semble que la coalition aura encore du mal à atteindre la majorité dont elle a besoin, après que Mansour Abbas, chef du parti islamiste Raam, a déclaré vendredi aux autres dirigeants de la coalition qu’un des membres de son parti ne votera pas pour la législation dans les prochains jours.

« Je ne vois pas comment je peux amener Mazen Ghanaim à voter en faveur de la législation », a déclaré Abbas.

Le chef du parti Raam, Mansour Abbas, participant à une discussion sur la violence dans la communauté arabe, le 23 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le parti à majorité arabe de la Liste arabe unie, qui fait partie de l’opposition mais qui n’est pas aligné avec le bloc religieux de droite, a également déclaré qu’il s’opposera à la législation après que des informations dans les médias israéliens ont suggéré que la coalition négociait avec le parti pour essayer d’obtenir son soutien au projet de loi.

La dernière crise de la coalition survient alors que le gouvernement lutte pour sa survie face au spectre de nouvelles élections et à la menace grandissante du leader de l’opposition Benjamin Netanyahu.

Selon des informations récentes, Saar aurait tenu des discussions avec le Likud de Netanyahu en vue de former un gouvernement alternatif à la Knesset. Saar a démenti à plusieurs reprises ces discussions.

Un sondage publié la semaine dernière a révélé que l’opposition dirigée par Netanyahu gagnait du terrain auprès des électeurs et se rapprochait de la majorité à la Knesset.

Vendredi, un an après la formation de sa coalition, le Premier ministre Naftali Bennett a publié une lettre ouverte à l’intention du public israélien, dans laquelle il lance un appel au soutien pour maintenir la coalition vacillante sur ses pieds, dans l’intérêt de la stabilité politique et du bon fonctionnement du gouvernement. Une grande partie du message de Bennett critiquait Netanyahu et ses alliés et mettait en garde contre leur retour au pouvoir.

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