Israël en guerre - Jour 235

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Prônant 2 États, Biden dit qu’il sera impossible de revenir au statu-quo d’avant-guerre

Le président a affirmé qu'Israël devait riposter face au Hamas et qu'il n'a pas demandé le report de l'incursion terrestre ; il a douté du bilan meurtrier palestinien avancé par le groupe terroriste à Gaza

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président américain Joe Biden s'exprimant lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre australien Anthony Albanese, hors champs, lors d'une conférence de presse dans le jardin des Roses de la Maison Blanche, à Washington, le 25 octobre 2023. (Crédit : Manuel Balce Ceneta/AP Photo)
Le président américain Joe Biden s'exprimant lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre australien Anthony Albanese, hors champs, lors d'une conférence de presse dans le jardin des Roses de la Maison Blanche, à Washington, le 25 octobre 2023. (Crédit : Manuel Balce Ceneta/AP Photo)

Le président Joe Biden a déclaré mercredi qu’il était impossible qu’Israël revienne au statu-quo qui prévalait avant la guerre après le conflit avec le Hamas et que lorsque ce dernier serait terminé, l’État juif devrait travailler sur la base d’une solution à deux États avec les Palestiniens.

« C’est impossible de revenir au statu-quo qui prévalait avant le 7 octobre », a déclaré Biden lors d’une conférence de presse organisée aux côtés du Premier ministre australien Anthony Albanese. « Ce qui signifie qu’il faudra garantir que le Hamas ne pourra plus terroriser Israël et utiliser les civils palestiniens comme boucliers humains. Ce qui signifie également que quand cette crise sera terminée, il faudra une vision de ce qui devra se mettre en place dans l’après-guerre – et, de notre point de vue, il faut que cette vision soit celle de la solution à deux États ».

« Cela va impliquer des efforts intenses et concertés de la part de toutes les parties – les Israéliens, les Palestiniens, les partenaires régionaux, les leaders mondiaux – des efforts qui devront être livrés pour nous placer enfin sur le chemin de la paix », a-t-il ajouté.

Avec cet objectif bien présent à l’esprit, les officiels américains ont commencé à se pencher sur tous les scénarios possibles et ils ont demandé au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et à ses conseillers si l’AP serait une nouvelle fois disposée à gouverner l’enclave côtière, a confié un officiel palestinien au Times of Israel, mardi.

Un tel scénario serait très difficile à être mis en œuvre compte-tenu du statut historiquement affaibli de l’AP, qui avait été éjectée de Gaza après des affrontements sanglants, en 2007, qui avaient opposé le Hamas et le parti du Fatah d’Abbas. L’AP, dont le siège à Ramallah, est impopulaire auprès des Palestiniens en raison de sa coopération avec Israël et le soutien international en sa faveur a plongé suite aux offres de paix qui ont pu être écartées par les Palestiniens et suite à une politique très controversée mise en œuvre par l’Autorité, politique qui consiste à verser des allocations aux prisonniers sécuritaires palestiniens qui sont détenus au sein de l’État juif.

Le président de l’AP, Mahmoud Abbas, a répété aux officiels de l’administration Biden, depuis le début de la guerre contre le Hamas, que l’Autorité n’envisagera un retour à Gaza que dans le cadre d’une initiative de paix plus large avec Israël, a indiqué le responsable palestinien.

Les critiques du Premier ministre Benjamin Netanyahu l’ont accusé d’avoir volontairement renforcé le Hamas, depuis 15 ans, dans le but d’entraîner des divisions au sein des factions palestiniennes et d’affaiblir l’AP, plus modérée, qui reconnaît Israël et qui soutient la solution à deux États.

Les forces de sécurité israéliennes dans une rue fermée au public où un appartement a été touché par un tir de roquette des terroristes palestiniens de la bande de Gaza, le 25 octobre 2023. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

L’État d’Israël a pris ses distances, petit à petit, avec la solution à deux États et le pays est actuellement placé sous la responsabilité d’un gouvernement qui considère que toute la Cisjordanie appartient à Israël. Un grand nombre de ses membres soutiennent l’annexion de vastes pans de son territoire.

Alors que l’administration Biden s’est moins engagée dans le conflit israélo-palestinien que les administrations précédentes – optant pour une approche plus graduelle dans la mesure où elle considère que les conditions actuelles ne se prêtent pas à des pourparlers de paix sérieux – elle a toutefois continué à afficher son soutien à la création d’un état palestinien aux côtés d’Israël.

Abbas a expliqué aux responsables de la Maison Blanche qu’il ne reviendrait pas à Gaza « sur un char israélien », a continué l’officiel palestinien, confirmant ainsi une information donnée par le site Ynet.

Le responsable a noté que le président de l’AP avait insisté sur la nécessité préalable, pour Israël, de faire expressément part de son intention d’autoriser la création d’un état palestinien indépendant en Cisjordanie et Gaza – ce qui devrait être une initiative rédhibitoire aux yeux du gouvernement actuel.

L’officiel palestinien a affirmé que l’administration Biden avait reconnu qu’un retour de l’AP à Gaza devrait prendre du temps, indiquant croire qu’aucune bonne option n’a été trouvée jusqu’à présent. Les discussions sur le sujet viennent juste de débuter, a-t-il précisé.

Les violences des partisans du mouvement pro-implantations

Dans ses propos, mercredi, Biden a mis un point d’honneur à critiquer Israël pour l’absence de répression des violences commises par les partisans du mouvement pro-implantation tout en apportant fermement son soutien à l’opération militaire contre le Hamas à Gaza, déclenchée par une incursion meurtrière des terroristes sur le territoire israélien, le 7 octobre. Ce jour-là, 1400 Israéliens ont été tués par les hommes du Hamas et 220 personnes ont été enlevées et sont dorénavant retenues en otage dans la bande de Gaza.

Les groupes de défense des droits de l’Homme ont signalé plus d’une centaine d’incidents de violences de la part de partisans du mouvement pro-implantation depuis le début de la guerre. La police n’a fait part d’aucune arrestation dans ce cadre.

Au cours d’un incident de ce type, le 12 octobre, un groupe de soldats israéliens et de partisans du mouvement pro-implantation ont brutalement agressé trois Palestiniens dans le centre de la Cisjordanie. Les victimes ont été frappées, leurs sous-vêtements leur ont été retirés, elles ont été ligotées et photographiées. Les attaquants ont uriné sur deux d’entre elles. Un Palestinien s’en est sorti avec des brûlures de cigarette sur tout le corps et un autre a subi une agression sexuelle de la part de l’un de ses bourreaux qui a voulu le sodomiser, selon leur témoignage.

« Je continue à être très alarmé par les partisans extrémistes du mouvement pro-implantation qui attaquent les Palestiniens en Cisjordanie », a dit Biden qui a ajouté que ces violences « rajoutent encore de l’huile sur le feu ».

« Ils attaquent les Palestiniens dans des endroits où ils ont le droit d’être… et cela doit cesser dès maintenant », a-t-il continué.

Un Israélien armé tire un coup de semonce au fusil d’assaut lors d’une confrontation avec des activistes anti-occupation désarmés, le 25 octobre 2023. (Capture d’écran/ used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Biden a vivement recommandé à Netanyahu lors de leurs entretiens téléphoniques, ces derniers jours, de s’assurer que les autorités israéliennes sauront empêcher ce type d’incident de violences – dont le nombre augmente – de la part des résidents d’implantation, craignant que des tensions bouillonnantes en Cisjordanie n’exacerbent de manière significative la guerre à Gaza, a fait savoir mercredi le site Axios.

Les deux hommes se sont parlés au téléphone encore cette nuit, a annoncé le bureau de Netanyahu.

Environ cent Palestiniens ont été tués en Cisjordanie depuis le début de la guerre contre le Hamas, le 7 octobre, la majorité pendant des affrontements avec les soldats mais aussi avec des civils. Cinq Palestiniens ont ainsi été abattus par des partisans du mouvement pro-implantation. Aucune poursuite judiciaire n’a été lancée et aucune mise en examen n’a encore été prononcée dans ce contexte.

Le Consortium de Protection de la Cisjordanie, qui regroupe des organisations d’aide aux Palestiniens et des pays donateurs, dont l’Union européenne est membre, a déclaré que des centaines de Palestiniens ont été déplacés de force en raison des violences des extrémistes israéliens depuis l’assaut du Hamas, le 7 octobre – un chiffre qui vient s’ajouter aux 1 100 déplacements qui ont été enregistrés depuis 2022.

Une image qui semble montrer des résidents d’implantations masqués près du village de Qusra en Cisjordanie, le 11 octobre 2023. (Crédit : Capture d’écran, X utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

La protection des civils

Biden a également répété qu’Israël était en droit et dans l’obligation de répondre aux barbaries commises, le 7 octobre, par le Hamas mais que le pays devait faire tout ce qui est en son pouvoir pour protéger les civils, ajoutant qu’il devait se conformer « aux lois de la guerre ».

Alors que les pressions se renforcent en faveur d’un cessez-le-feu à l’international, Biden a établi qu’il « n’a pas demandé » un report de l’incursion terrestre des soldats de Tsahal à Gaza.

« Israël a le droit, et je dirais même la responsabilité, de répondre au massacre de sa population », a dit le président américain aux journalistes dans le Jardin des roses de la Maison Blanche.

« Israël doit faire tout ce qui est en son pouvoir, même si c’est très difficile, pour protéger les civils innocents. C’est difficile », a-t-il insisté.

Il a aussi mis en doute les chiffres avancés par les Palestiniens sur le nombre de morts à Gaza.

« Je ne sais pas si les Palestiniens disent la vérité en ce qui concerne le nombre de victimes. J’ai une certitude, celle que des innocents ont perdu la vie mais c’est le prix de la guerre », a-t-il dit.

« Mais je n’ai aucune confiance dans le décompte des morts des Palestiniens, tel qu’il est fait », a-t-il ajouté.

Une fillette qui porte des couvertures passe devant le lieu d’une explosion meurtrière près de l’hôpital al-Ahli dans la ville de Gaza, le mercredi 18 octobre 2023. (Crédit : AP Photo/Abed Khaled)

Des milliers de personnes auraient été tuées – mais il est impossible de vérifier de manière indépendante les chiffres diffusés par le ministère de la Santé placé sous l’autorité du Hamas au sein de l’enclave côtière. Ces chiffres comprendraient les hommes armés du groupe terroriste qui ont été tués en Israël et à Gaza, et les victimes d’une explosion survenue dans un hôpital de Gaza City, le 17 octobre, qui aurait été causée par une roquette tirée vers Israël par le Jihad islamique palestinien et qui aurait manqué sa trajectoire.

Les États-Unis et plusieurs pays européens auraient exercé des pressions sur Israël pour un report de l’incursion terrestre, ce qui donnerait plus de temps à des négociations portant sur la libération des otages, un grand nombre étant également des ressortissants étrangers, a indiqué samedi un diplomate de premier plan au Times of Israel.

Interrogé sur ces informations, Biden a établi clairement que « ce que je lui ai indiqué, c’est que si c’est possible de faire sortir sains et saufs les otages, alors c’est ce qu’il devrait faire. C’est leur décision… Mais je ne lui ai pas demandé de le faire. J’en ai parlé, je lui ai dit que si c’est le cas, alors il faut le faire ».

Concernant une potentielle escalade plus large dans la région, Biden a lancé un avertissement en direction de l’ayatollah Ali Khamenei, en Iran, lui disant de ne pas s’en prendre aux soldats américains.

« Nous avons des troupes dans la région depuis le 11 septembre, qui se sont attaquées à l’État islamique… Dans la région, cela n’a rien à voir du tout avec Israël. Ma mise en garde à l’ayatollah a été de lui dire que si les Iraniens continuent à avancer contre ces troupes, nous riposterons et il vaut mieux qu’il y soit préparé. Mais cela n’a rien à voir avec Israël », a-t-il répété.

Mercredi également, le président français Emmanuel Macron a estimé qu’une incursion terrestre « massive » serait « une erreur », ajoutant qu’elle pourrait porter atteinte aux civils sans pour autant garantir la sécurité à long-terme d’Israël.

Le président français a indiqué, après avoir rencontré le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi, que « cela serait une erreur pour Israël parce qu’il est improbable qu’une telle incursion apporte la sécurité à long-terme au pays, et parce qu’une telle opération est incompatible avec la protection de la population civile ou le respect du droit humanitaire et des règles de la guerre ».

Le parking incendié de l’hôpital baptiste al-Ahli dans la ville de Gaza après une explosion nocturne, le 18 octobre 2023. (Autorisation)

Des résolutions rivales des États-Unis et de la Russie rejetées devant le Conseil de sécurité

De surcroît, le Conseil de sécurité des Nations unies a rejeté, mercredi, deux résolutions présentées par les États-Unis et la Russie au sujet de la guerre à Gaza.

La Russie et la Chine ont utilisé leur droit de veto pour bloquer la résolution américaine, qui condamnait le Hamas, exprimait son soutien au droit à l’auto-défense d’Israël et appelait à la libération immédiate de tous les otages. Elle demandait également au Conseil d’envisager « des trêves humanitaires » dans les combats à Gaza pour protéger les civils, sans demander par ailleurs un cessez-le-feu.

L’ambassadeur chinois à l’ONU a fait savoir que Pékin s’opposait à la résolution dans la mesure où elle ne réclamait pas un cessez-le-feu immédiat.

Les Émirats arabes unis ont voté contre la résolution américaine, ainsi que la Russie.

L’Angleterre, la Suisse, Malte, le Japon, le Ghana, le Gabon, la France, l’Équateur et l’Albanie se sont alignés sur les États-Unis. Pour leur part, le Mozambique et le Brésil se sont abstenus.

L’ambassadeur de l’Autorité palestinienne auprès de l’ONU, Riyad Mansour, en arrière-plan à droite, s’adressant aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU au siège de l’ONU, à New York, le 16 octobre 2023. (Crédit : Craig Ruttle/AP Photo)

Peu après, une résolution de la Russie appelant à un cessez-le-feu à Gaza a échoué à remporter le vote minimum de neuf voix. Seuls la Russie, la Chine, les EAU et le Gabon se sont prononcés en faveur de la proposition. Neuf membres de sont abstenus et les États-Unis et le Royaume-Uni ont voté « contre ».

Pendant la session qui a précédé le vote, l’ambassadeur israélien aux Nations unies, Gilad Erdan, s’en est pris à la Chine et à la Russie pour leur refus de soutenir la proposition américaine – une rare confrontation publique avec des représentants russe et chinois de la part d’un responsable israélien.

Les envoyés de Moscou et de Pékin ont riposté, affirmant qu’ils ont condamné le massacre du Hamas et ils ont critiqué Israël qui, ont-ils dit, a ignoré la situation critique des Palestiniens pendant des décennies.

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