« Rien n’indique » que les 3 Gazaouis arrêtés à Rahat aient participé au 7-Octobre – sources
Le maire de Rahat et d'autres dirigeants locaux exigent que la police mette fin à la pratique consistant à ériger des barrages routiers dans les villes bédouines

Contrairement aux affirmations de la police, les trois Gazaouis récemment arrêtés à Rahat, dans le sud du pays, n’auraient pas envahi Israël lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, ont déclaré dimanche des sources de sécurité.
Ces sources ont affirmé que « rien n’indique que les trois hommes aient envahi Israël le 7 octobre ».
Selon les responsables, les trois Gazaouis se trouvaient en Israël avant le début de la guerre, avec un permis de travail, et sont restés dans le pays même après l’annulation de l’entrée de tous les travailleurs gazaouis, décidée par les autorités israéliennes dans le cadre de leur lutte contre le Hamas.
Avant la guerre, quelque 17 000 Gazaouis détenaient un permis de travail pour entrer en Israël.
Les suspects ont été emmenés au centre de détention militaire de Sde Teiman pour y être interrogés.
Mardi, le maire de Rahat, Talal Alkernawi, avait envoyé une lettre aux hauts responsables de la police pour leur demander de cesser de mettre en place des barrages routiers à l’entrée des villages bédouins, qualifiant cette pratique de « punition collective ».
Alkernawi, maire de la plus grande ville arabe d’Israël et dirigeant du Forum des autorités bédouines du Néguev, a envoyé la lettre au nom de l’organisation.
La lettre, adressée au commandant de la région du Néguev, Amir Klein, au commandant du district sud, Haïm Bublil, et au commissaire en chef Danny Levy, affirme que la pratique consistant à ériger des barrières en parpaings à l’entrée des villes bédouines n’a aucun fondement juridique. Elle exhorte la police à « agir en utilisant des moyens légaux, mesurés et ciblés, tout en communiquant et en coordonnant ses actions avec les chefs des conseils locaux ».
Lundi, Alkernawi et d’autres chefs de conseils bédouins avaient tenu une réunion d’urgence avec Mansour Abbas, le chef du parti Raam, et son collègue Waleed Alhawashleh, afin d’aborder la question.
Les politiciens s’étaient réunis à Tel Sheva, une ville bédouine dont l’entrée a été bloquée pendant des heures par la police la semaine dernière lors d’une opération.
Au cours du mois dernier, la police a mené des perquisitions de type militaire pour lutter contre la recrudescence de la criminalité dans le secteur bédouin. Cependant, les responsables politiques locaux ont dénoncé ces opérations, estimant qu’elles n’avaient en rien contribué à endiguer la violence dans leurs communautés.
« Nous ne sommes pas des villes occupées, nous sommes des villes israéliennes, la police ne peut pas nous traiter comme si nous étions occupés. Nous ne sommes pas en Cisjordanie, nous ne sommes pas à Gaza », a déclaré Alkernawi au Times of Israel.
« Si la police veut effectuer des perquisitions [dans les villes bédouines], elle doit entrer et effectuer des perquisitions ; si elle veut lutter contre la criminalité, elle doit lutter contre la criminalité. Nous sommes de son côté », a-t-il ajouté.
« Mais venir fermer tout un village avec des parpaings ? C’est inacceptable pour nous ; c’est une punition collective et nous ne resterons pas silencieux à ce sujet. »
Il a ajouté que les barrages routiers nuisent aux citoyens respectueux de la loi qui doivent se rendre au travail le matin, car ils les obligent à rester coincés dans les embouteillages pendant de longues heures.
Selon lui, Itamar Ben Gvir, le ministre de la Sécurité nationale, qui a déclaré l’opération policière de grande envergure le mois dernier, « nous accule constamment dans une situation qui, Dieu nous en préserve, pourrait conduire à des tensions entre les communautés bédouines et juives ».
« J’ai du mal à croire que le commissaire du district sud soit d’accord avec la mise en place de ces barrages routiers par la police », a-t-il déclaré, affirmant que cette nouvelle politique est mise en œuvre à la demande de Ben Gvir et non par les forces de l’ordre locales.







