Saar : L’extrémiste Ben Gvir n’aura pas sa place dans ma coalition
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Saar : L’extrémiste Ben Gvir n’aura pas sa place dans ma coalition

Le dirigeant de Tikva Hadasha reproche à Netanyahu de vouloir s'associer avec l'extrême droite, et à son rival Bennett de ne pas exclure un partenariat avec le Premier ministre

L'homme politique israélien Gideon Saar s'exprime au siège de son parti Tikva Hadasha à Tel Aviv, Israël, le 14 janvier 2021. (AP Photo/Sebastian Scheiner)
L'homme politique israélien Gideon Saar s'exprime au siège de son parti Tikva Hadasha à Tel Aviv, Israël, le 14 janvier 2021. (AP Photo/Sebastian Scheiner)

Gideon Saar, l’ancien ministre du Likud qui va affronter le Premier ministre Benjamin Netanyahu de l’intérieur de son propre camp de droite lors des élections du 23 mars, a déclaré samedi qu’il n’inclurait pas Itamar Ben Gvir, un disciple du défunt rabbin raciste Meir Kahane, dans la coalition qu’il dirige.

Plus tôt dans la semaine, Netanyahu a négocié une fusion entre le parti Otzma Yehudit de Ben Gvir et le Parti sioniste religieux de Bezalel Smotrich. Selon les sondages, Ben Gvir pourrait obtenir un siège à la prochaine Knesset. Le leader du parti Otzma Yehudit se trouve en troisième position sur la liste fusionnée, qui, selon deux sondages effectués vendredi, a franchi le seuil de la Knesset et se dirige vers 4-5 sièges lors des élections du 23 mars.

« Ben Gvir ne siègera pas dans ma coalition », a déclaré M. Saar dans une interview pour la Douzième chaîne. « C’est un homme qui a mis une photo dans son salon de quelqu’un qui a assassiné 29 personnes en prière. Netanyahu en est arrivé au point où c’est sa façon de rassembler une coalition – avec des extrémistes comme Ben Gvir ».

Saar, qui dirige le parti Tikva Hadasha, faisait référence au fait qu’avant les élections de mars 2020, le leader du parti Yamina, Naftali Bennett, avait opposé son veto à l’inscription de Ben Gvir sur sa liste de droite parce que, entre autres raisons, Ben Gvir avait un portrait de Baruch Goldstein accroché dans son salon. En 1994, Goldstein a assassiné 29 fidèles musulmans au Tombeau des Patriarches à Hébron. Ben Gvir aurait enlevé le portrait dans une tentative infructueuse d’apaiser Bennett.

Le président d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, s’adresse aux médias au siège du parti à Jérusalem, le soir des élections, le 2 mars 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Si Smotrich devait se séparer de Ben Gvir après les élections, a déclaré M. Saar, Tikva Hadasha serait prêt à faire entrer le parti de Smotrich dans une coalition.

Otzma Yehudit est composé de partisans de Kahane, un ancien député israélo-américain dont le parti Kach a été interdit à la Knesset dans les années 1980 – la première fois qu’un parti a été interdit pour racisme. Otzma Yehudit soutient l’encouragement à l’émigration des non-juifs d’Israël et l’expulsion des Palestiniens et des Arabes israéliens qui refusent de déclarer leur loyauté à Israël et d’accepter un statut réduit dans un État juif élargi, dont ils souhaitent étendre la souveraineté à toute la Cisjordanie.

L’ancien colistier de Ben Gvir, l’ex-député Michael Ben-Ari, a été disqualifié de la course à la Knesset en raison d’accusations de racisme.

Une fusion similaire avait été dénoncée il y a deux ans par les grandes organisations juives américaines AIPAC et AJC. L’AIPAC a qualifié Otzma Yehudit de « parti raciste et condamnable ».

Photo combinée (de gauche à droite) : Gideon Saar, chef du parti Tikva Hadasha, Benjamin Netanyahu, Premier ministre, Naftali Bennett, chef du parti Yamina. (Flash90)

Saar a également critiqué Bennett, un autre chef de parti de droite qui cherche à évincer Netanyahu.

Alors que Saar s’est engagé à ne pas siéger dans un gouvernement avec Netanyahu, qu’il accuse de manipuler la politique afin de promouvoir ses intérêts personnels et légaux, Bennett n’a pas exclu un tel partenariat. Le Premier ministre est jugé pour corruption présumée.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) serre la main du membre du Likud Gideon Saar lors d’une réunion du Likud au Menachem Begin Heritage Center à Jérusalem, le 11 mars 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Bennett ne s’est toujours pas engagé à ne pas siéger dans un gouvernement avec Netanyahu », a noté M. Saar, soulignant que si Bennett excluait une telle alliance, il n’y aurait aucun moyen pour Netanyahu de conserver le pouvoir. « La seule façon pour Netanyahu aujourd’hui de former un gouvernement passe par Bennett ; si Bennett disait ce que je dis [à propos du refus de siéger avec Netanyahu], Netanyahu n’aurait aucun moyen de constituer un gouvernement ».

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