Sarah Halimi : des centaines de manifestants à Tel-Aviv réclament un procès
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Sarah Halimi : des centaines de manifestants à Tel-Aviv réclament un procès

"La décision de la justice française est absurde, scandaleuse et dangereuse," a déclaré la ministre israélienne de la Diaspora, Omer Yankelevich

Des Franco-Israéliens se rassemblent le 25 avril 2021, devant l'ambassade de France à Tel Aviv, pour Sarah Halimi, une juive orthodoxe de 65 ans, sauvagement assassinée en 2017 par son voisin Kobili Traoré, 27 ans, aux cris de « Allahu Akbar» (« Dieu est grand » en arabe)(Crédit : JACK GUEZ / AFP)
Des Franco-Israéliens se rassemblent le 25 avril 2021, devant l'ambassade de France à Tel Aviv, pour Sarah Halimi, une juive orthodoxe de 65 ans, sauvagement assassinée en 2017 par son voisin Kobili Traoré, 27 ans, aux cris de « Allahu Akbar» (« Dieu est grand » en arabe)(Crédit : JACK GUEZ / AFP)

« Justice », « Honte » à la France : des centaines de personnes se sont rassemblées dimanche à Tel-Aviv, en Israël, pour réclamer la tenue d’un procès pour le meurtrier de Sarah Halimi, une juive française tuée en 2017 à Paris, jugé irresponsable pénalement.

Des manifestants brandissaient des panneaux avec le portrait de la victime et sur lequel on pouvait lire « Justice pour Sarah Halimi » lors de ce rassemblement devant l’ambassade de France à Tel-Aviv.

« J’ai honte d’être française, la France de mon enfance n’existe plus », a affirmé Roselyne Mimouni, une retraitée franco-israélienne venue manifester. « Je suis atterrée qu’une femme juive ait été assassinée en France parce qu’elle était juive ».

« La communauté française d’Israël est venue exprimer sa colère et son amertume », a souligné de son côté Daphna Poznanski, ex-députée de la 8e circonscription (qui inclut Israël) des Français de l’étranger.

Yossi Taieb, député du Shas. (Crédit : capture d’écran YouTube / Shass Francophones)

Des députés israéliens ont pris la parole pour exprimer leur « solidarité » avec la famille Halimi et la communauté juive de France, à l’instar de Yossi Taïeb, député du parti ultra-orthodoxe séfarade Shas, lui-même natif de France.

« La décision de la justice française est absurde, scandaleuse et dangereuse. De Tel-Aviv à Paris, le peuple juif, en Israël et dans le monde entier, est solidaire de la famille Halimi et de la communauté juive de France », a déclaré la ministre israélienne de la Diaspora, Omer Yankelevich.

Cette mobilisation répond à la confirmation, le 14 avril, par la Cour de cassation française, de l’irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi.

La plus haute juridiction de l’ordre judiciaire a entériné le caractère antisémite du crime, mais confirmé aussi l’absence de procès pour le meurtrier, Kobili Traoré.

Des Franco-Israéliens se rassemblent le 25 avril 2021, devant l’ambassade de France à Tel Aviv, pour Sarah Halimi, une juive orthodoxe de 65 ans, sauvagement assassinée en 2017 par son voisin Kobili Traoré, 27 ans, aux cris de « Allahu Akbar» (« Dieu est grand » en arabe)(Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Si, pendant l’enquête, sept experts psychiatriques ont tous conclu à une « bouffée délirante », probablement provoquée ou aggravée par sa forte consommation de cannabis, l’un d’eux s’était démarqué sur les conséquences juridiques à en tirer.

L’expert Daniel Zagury suggérait en effet de retenir « l’altération du discernement », invoquant une « intoxication chronique volontaire » dont Kobili Traoré ne pouvait ignorer les dangers.

Les magistrats de la cour d’appel ne l’avaient pas suivi et avaient déclaré le meurtrier irresponsable pénalement, tout en retenant que les charges étaient suffisantes pour des poursuites pour meurtre avec la circonstance aggravante de l’antisémitisme.

Sur ce dernier point, ils avaient suivi les explications du Dr. Zagury sur la dimension antisémite du geste de Kobili Traoré, pris d’un « délire persécutif polymorphe, à thématique mystique et démonopathique ».

Des Franco-Israéliens se rassemblent le 25 avril 2021, devant l’ambassade de France à Tel Aviv, pour Sarah Halimi, une juive orthodoxe de 65 ans, sauvagement assassinée en 2017 par son voisin Kobili Traoré, 27 ans, aux cris de « Allahu Akbar» (« Dieu est grand » en arabe)(Crédit : JACK GUEZ / AFP)

« Dans le bouleversement délirant, le simple préjugé ou la représentation banale partagée se sont transformées en conviction absolue », avait expliqué l’expert dans son rapport. Après un débat public, la cour d’appel de Paris, le 19 décembre 2019, avait déclaré Kobili Traoré irresponsable pénalement, et ordonné son hospitalisation assortie de mesures de sûreté pour 20 ans.

La soeur de Sarah Halimi entend porter plainte en Israël pour tenter d’obtenir un procès contre son meurtrier, ont annoncé mercredi ses avocats à l’AFP.

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