Un journaliste d’Al Jazeera blessé, également commandant du Hamas – Tsahal
L'armée allègue qu'Ismail Abu Omar, qui s'est filmé à l'intérieur du kibboutz Nir Oz le 7 octobre, sert dans le bataillon East Khan Younès du Hamas ; la chaîne a rejeté les accusations de l'armée israélienne

Ismail Abu Omar, un journaliste d’Al Jazeera qui a été blessé mercredi lors d’une frappe aérienne israélienne près de Rafah, dans le sud de Gaza, serait également un commandant du Hamas, selon Tsahal.
Le lieutenant-colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de Tsahal, a déclaré qu’Abu Omar, en plus de travailler pour la chaîne qatarie, était commandant adjoint de compagnie au sein du bataillon Khan Younès Est du Hamas.
Le matin du 7 octobre, Abu Omar s’est infiltré en Israël et a filmé depuis l’intérieur du kibboutz Nir Oz pendant l’assaut du Hamas.
Il a perdu sa jambe droite dans la frappe de drone mardi, alors que les secouristes tentaient de sauver sa jambe gauche, a expliqué Al Jazeera, s’appuyant sur le témoignage d’un médecin urgentiste.
Le caméraman d’Al Jazeera Ahmad Matar a également été blessé lors de la frappe d’hier.
Le ministère de la Santé de Gaza, sous la coupe du Hamas, a indiqué que les deux hommes avaient été touchés par les bombardements d’un avion de chasse israélien dans le secteur de Moraj.
Par voie de communiqué, Al Jazeera a fait savoir que « l’attaque dont ont été victimes le journaliste Ismail et son caméraman Ahmad est le dernier avatar en date de l’occupant [israélien] qui s’en prend délibérément aux équipes d’Al Jazeera ».
La chaîne a rejeté jeudi les accusations de l’armée israélienne selon lesquelles un de ses journalistes blessé dans une frappe à Gaza est un membre du groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas.
« La chaîne condamne les accusations portées contre ses journalistes et rappelle la longue histoire de mensonges et de fabrication de preuves d’Israël à travers laquelle il cherche à cacher ses crimes odieux », écrit Al Jazeera dans un communiqué.
Dans son communiqué, Al Jazeera a indiqué que sa « politique d’emploi stipule que les employés ne doivent avoir aucune affiliation politique susceptible d’affecter leur professionnalisme ».
Elle a accusé Israël de cibler systématiquement les employés d’Al Jazeera travaillant à Gaza.
L’armée israélienne a révélé plus tôt cette semaine qu’un autre journaliste d’Al Jazeera était un commandant du Hamas.
#عاجل #خاص في الصباح صحفي في قناة #الجزيرة وفي المساء مخرب في حماس! @AJArabic
⭕️خلال نشاط لقواتنا قبل عدة أسابيع داخل احدى معسكرات حماس في شمال قطاع غزة تم ضبط كمبيوتر متحرك يعود إلى المدعو محمد سمير محمد وشاح من مواليد 1986 من البريج حيث يتضح من المستندات ان محمد وشاح هو قائد… pic.twitter.com/s8CX1kOfvP
— افيخاي ادرعي (@AvichayAdraee) February 11, 2024
Le mois dernier, deux journalistes d’Al-Jazeera, qui avaient été tués lors d’une frappe aérienne israélienne à Rafah, avaient été ultérieurement accusés par Tsahal d’être des membres du Hamas et du Jihad islamique palestinien, un autre groupe terroriste.
Hamza Wael Dahdouh, le fils de Wael Al-Dahdouh, le correspondant de la chaîne qatarie à Gaza, et Mustafa Thuria, pigiste pour l’AFP qui travaillait aussi pour Al-Jazeera, avaient été tués dans cet incident survenu au mois de janvier. Un troisième journaliste, Hazem Rajab, avait été grièvement blessé, selon Al-Jazeera.
Tsahal a fait savoir que les renseignements en sa possession attestaient de l’appartenance de ces deux hommes à des organisations terroristes de Gaza et de leur « implication active dans des attaques contre des soldats israéliens », un document trouvé par ses soldats à Gaza ayant notamment établi que Thuria était commandant adjoint de la brigade de Gaza du Hamas.
Selon l’armée israélienne, Dahdouh est pour sa part membre du Jihad islamique palestinien. Des documents récupérés par les troupes à Gaza révèlent qu’il a servi dans l’unité d’ingénierie électronique du Jihad islamique et qu’il était auparavant commandant adjoint de la force de roquettes du bataillon Zeitoun.
La guerre à Gaza a éclaté lorsque le Hamas a envoyé 3 000 terroristes armés en Israël, le 7 octobre, pour mener une attaque brutale au cours de laquelle ils ont tué près de 1 200 personnes. Les terroristes ont également pris en otage 253 personnes, pour la plupart des civils, et les ont emmenées à Gaza. Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages.
Plus de 28 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé dirigé par les terroristes du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. L’armée israélienne affirme avoir tué plus de 10 000 membres du groupe terroriste à Gaza, en plus d’un millier terroristes à l’intérieur d’Israël le 7 octobre.
Israël, qui nie catégoriquement avoir délibérément frappé les journalistes, assure faire son possible pour ne pas nuire aux civils et impute le nombre élevé de morts au fait que le Hamas se bat dans des zones urbaines densément peuplées en se mêlant aux civils, utilisés comme des boucliers humains.
Dans un communiqué publié le 16 décembre dernier, l’armée israélienne écrivait : « L’armée israélienne n’a jamais pris pour cible et ne prendra jamais délibérément pour cible des journalistes ».







