Shai inquiet de perdre les USA devant un soutien grandissant au BDS et à BLM
Le mouvement Black Lives Matter a été critiqué pour les remarques antisémites de certains de ses dirigeants mais il a obtenu le soutien de nombreux juifs américains
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

NEW YORK – Le ministre des Affaires de la Diaspora, Nachman Shai, a averti la semaine dernière que si les Juifs américains libéraux continuent à soutenir les mouvements Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) et Black Lives Matter, Jérusalem pourrait perdre complètement le soutien des États-Unis.
Invité de l’émission People of the Pod de l’American Jewish Committee (AJC), M. Shai a déclaré qu’il avait récemment informé ses collègues du gouvernement israélien de la situation des juifs américains, leur disant que « si nous voyons davantage de juifs de la gauche radicale et de juifs libéraux progressistes continuer à soutenir le mouvement BDS et Black Lives Matter, et comme les Palestiniens… considérer Israël comme un État génocidaire ou un État d’apartheid, nous pourrions perdre l’Amérique ».
Israël a depuis longtemps identifié le mouvement BDS comme une menace importante contre laquelle des millions de dollars ont été investis, mais l’amalgame entre le mouvement de boycott et le mouvement Black Lives Matter est moins fréquent.
Certaines grandes organisations juives américaines ont exprimé leur opposition aux déclarations et aux positions de certains militants de BLM. Cependant, le mouvement a gagné le soutien de nombreux juifs américains, et l’Anti-Defamation League (ADL) s’est prononcée contre la présentation de ses partisans comme des « extrémistes violents ».
Plus de 600 organisations juives, représentant la majorité des Juifs américains, ont signé une lettre de soutien au mouvement Black Lives Matter qui a été publiée dans une pleine page de publicité du New York Times en août 2020.
Shai a déclaré que « des idées ont été émises pour compter sur d’autres groupes en Amérique aujourd’hui » pour le soutien, au lieu de la communauté juive américaine, mais qu’il rejette de telles propositions. Il semble faire référence aux récentes remarques de l’ancien ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Ron Dermer, qui a suggéré qu’Israël donne la priorité au soutien « passionné et sans équivoque » des chrétiens évangélistes plutôt qu’à celui des juifs américains, qui, selon lui, « font partie de façon disproportionnée de nos détracteurs ».
« Je dois m’assurer que des centaines de milliers d’entre vous resteront avec nous », a déclaré Shai. « Ils peuvent être très critiques à l’égard de ce qui se passe en Israël. J’ai aussi beaucoup de critiques… ça n’a pas d’importance. »
« Fondamentalement, nous devrions avoir les mêmes valeurs, nous devrions croire aux mêmes choses, nous devrions nous rassembler et nous aider les uns les autres… pour [un] avenir commun », a déclaré Shai.
Le ministre du parti travailliste a exprimé l’espoir que, dans deux ans, il n’entendra plus les voix du « parti démocrate qui refusent d’envoyer des armes à Israël ou de soutenir Israël au niveau international ».
Pendant le récent conflit de Gaza, plusieurs législateurs progressistes ont en effet cherché – sans succès – à bloquer la vente de missiles à guidage de précision à Israël par l’administration Biden, pour un montant de 735 millions de dollars, alors que la pression montait au sein du parti démocrate pour un cessez-le-feu immédiat entre Israël et l’organisation terroriste palestinienne du Hamas.
M. Shai a déclaré qu’il comptait sur les Juifs américains pour influencer « le discours public américain interne » au profit d’Israël. « Nous avons besoin de vous pour cela – pas seulement pour vos dons et autres moyens de soutenir Israël, ce qui est très apprécié. »
Interrogé sur la façon dont il définit le succès à son poste, le ministre des Affaires de la Diaspora a répondu qu’il s’agirait de « maintenir le soutien bipartisan à Israël. »
« Que tout futur président, quel qu’il soit, partage les valeurs et les intérêts d’Israël », a-t-il dit. « Cela ne [vient] pas sans [un] énorme investissement dans cette arène ».
L’interview a eu lieu dans un contexte de fossé croissant entre un électorat à tendance conservatrice en Israël et les juifs américains, l’une des minorités les plus libérales du pays.
Une enquête menée en juillet auprès des électeurs juifs américains après le conflit entre Israël et Gaza en mai a révélé qu’une minorité non négligeable croit à certaines des critiques les plus sévères à l’égard d’Israël, notamment qu’il commet un génocide et un apartheid.
Parmi les personnes ayant répondu à l’enquête commandée par le Jewish Electorate Institute, un groupe dirigé par d’éminents démocrates juifs, 34 % étaient d’accord pour dire que « le traitement des Palestiniens par Israël est similaire au racisme aux États-Unis », 25 % pour dire qu’ « Israël est un État d’apartheid » et 22 % pour dire qu’ « Israël commet un génocide contre les Palestiniens ».
Parmi les jeunes électeurs inclus dans l’enquête, l’accord avec ces déclarations est plus élevé, mais reste minoritaire. Le sondage a révélé que 9 % des électeurs étaient d’accord avec l’affirmation « Israël n’a pas le droit d’exister ».
Mais parmi les électeurs de moins de 40 ans, cette proportion était de 20 %. Un tiers des jeunes électeurs sont d’accord avec l’affirmation selon laquelle Israël commet un génocide, une position que même les avocats des droits de l’homme qui critiquent Israël considèrent comme extrême ; plus d’un tiers ont déclaré croire qu’Israël est un État d’apartheid.
La JTA a contribué à cet article.
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