Suspect de sécurité nationale : un juge critique le dossier « peu impressionnant »
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Suspect de sécurité nationale : un juge critique le dossier « peu impressionnant »

Dans une critique cinglante de l'appel visant à maintenir le suspect en détention après 3 semaines sans avocat, le juge déclare que son arrestation n'a pas "sauvé l'État d'Israël"

Illustration -- Tribunal de district de Beersheba le 1er décembre 2019 (Nati Shohat/Flash90)
Illustration -- Tribunal de district de Beersheba le 1er décembre 2019 (Nati Shohat/Flash90)

Un juge du tribunal de district de Beersheba a critiqué le traitement d’un citoyen israélien soupçonné de graves atteintes à la sécurité nationale, qui est détenu depuis près de trois semaines sans accès à un avocat, en déclarant que le dossier à charge n’était « pas impressionnant ».

Un tribunal du district d’Ashkelon a autorisé les médias à publier des informations au sujet de cette affaire mercredi, levant ainsi l’embargo qui était imposé sur cette affaire.

L’identité du suspect ainsi que la nature exacte des crimes présumés restent interdites à la publication. L’affaire a été rapportée pour la première fois mercredi, lorsque le tribunal de district d’Ashkelon a réduit l’interdiction totale de publication.

Lors d’une audience jeudi, au cours de laquelle l’État a cherché à maintenir le suspect en détention, le juge Eliyahu Bitan a critiqué le comportement de l’État, laissant entendre que le maintien en détention du suspect était dû à une incapacité à constituer un dossier solide.

« Il semble que vous avez grimpé au sommet de l’arbre et que les branches sont fragiles », a déclaré le juge, selon le quotidien Haaretz. « Globalement, le dossier n’est pas impressionnant. Vous êtes montés en flèche, mais je vous suggère de vous connecter à la réalité du terrain. »

« Le tableau général est très peu impressionnant et inconsistant », a déclaré Bitan dans une attaque contre le bureau du procureur de l’État. « Il ne me semble pas qu’il y ait quelque chose de dramatique ici et que nous ayons sauvé de manière significative l’État d’Israël ».

« La vérité est recherchée lors d’une détention et cela aussi a une limite. Nous en sommes au même niveau de recherche depuis un certain temps – davantage de la même chose ne justifie pas le maintien en détention [du suspect] », a déclaré M. Bitan.

Le juge a prolongé la détention du suspect d’un jour seulement.

Illustration : Un policier tient des menottes. (Yossi Zamir/Flash90)

L’homme a été arrêté le mois dernier lors d’une opération conjointe de la police israélienne et du service de sécurité Shin Bet.

Il est soupçonné de « crimes de sécurité graves et sévères qui portent atteinte à la sécurité de l’État et est interrogé par la police et le Shin Bet », a déclaré le tribunal.

Pendant ses 20 jours de détention, l’homme n’a pas été autorisé à parler à ses avocats, selon le tribunal.

Le tribunal a décidé de lever l’embargo sur cette affaire à la suite d’une demande des médias Ynet et Haaretz.

Les avocats du suspect ont nié les allégations de crimes contre la sécurité nationale auprès des médias israéliens et ont déclaré que le tribunal avait ordonné sa libération mercredi.

Selon la Douzième chaîne, l’État a fait appel pour le maintenir en détention.

« Notre client est un citoyen loyal envers l’État d’Israël et ce n’est pas pour rien que le tribunal a ordonné sa libération aujourd’hui », ont déclaré ses avocats.

Cet incident survient près de deux mois après le décès d’un officier de renseignement de Tsahal dans une prison militaire, dans des circonstances mystérieuses. Il était accusé d’avoir porté atteinte à la sécurité nationale. Le militaire avait été retrouvé dans un état grave dans sa cellule dans la nuit du 16 mai et son décès avait été constaté par la suite.

Le chef d’état-major de Tsahal a déclaré à l’époque que l’officier avait failli porter atteinte à un secret d’État, mais que le dommage avait été évité à la dernière minute. L’armée a déclaré que l’officier travaillait seul et qu’il n’avait pas agi pour le compte d’un gouvernement étranger, pour un gain financier ou par idéologie, mais pour des « motivations personnelles » non précisées.

Bien qu’une autopsie ait été pratiquée – en présence d’un médecin représentant la famille – aucune cause officielle de la mort n’a encore été déterminée, selon l’armée, bien que les responsables militaires aient indiqué qu’il s’agissait apparemment d’un suicide. Les proches de l’officier ont exprimé des doutes quant à sa mort par suicide.

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