Tir de roquette: l’armée accuse le Jihad islamique et restreint la zone de pêche
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Tir de roquette: l’armée accuse le Jihad islamique et restreint la zone de pêche

L'armée a déclaré que le projectile, qui a atterri en Méditerranée, était une tentative de sabotage du cessez-le-feu par le groupe terroriste soutenu par l'Iran

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

L’armée israélienne a accusé mardi le Jihad islamique, un groupe terroriste palestinien soutenu par l’Iran, d’avoir tiré une roquette depuis la bande de Gaza qui a atterri au large de la côte israélienne, en pleine Méditerranée, dans la nuit de lundi à mardi.

En réaction, Israël a restreint la zone de pêche autorisée de 15 à 6 milles nautiques « jusqu’à nouvel ordre », a indiqué l’unité de liaison du COGAT.

Le Jihad islamique a « intentionnellement tiré » une roquette depuis le nord de la bande de Gaza afin de saboter les efforts de maintien du cessez-le-feu et les groupes terroristes dans l’enclave côtière, a fait savoir l’armée israélienne.

Elle a nommément mentionné Baha Abu al-Ata, un commandant du Jihad islamique chargé des activités du groupe dans la bande, d’avoir ordonné ce tir, réalisé depuis le quartier d’al-Attra, à Beit Lahiya.

L’emplacement exact de l’impact de la roquette ne peut pas être publié en raison d’un embargo imposé par le censeur militaire, car cela pourrait aider les groupes terroristes à préciser leurs tirs.

L’armée a souligné que le tir de roquette survient en amont d’une période potentiellement tendue, avec le début du mois du Ramadan, de Yom HaZikaron et Yom HaAtsmaout, et du premier anniversaire de l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, dans les semaines à venir.

En spécifiant al-Ata comme étant l’homme derrière le tir, l’armée pourrait adresser ainsi une menace tacite. Le porte-parole en langue arabe de l’armée israélienne, le major Avichay Adraee, a également publié sur Twitter une photo du commandant du Jihad islamique, déjà pris pour cible par l’armée israélienne, durant la guerre à Gaza en 2014 et l’opération Pillier de défense en 2012.

Selon l’armée israélienne, al-Ata reçoit les ordres directement du chef du Jihad islamique Ziyad al-Nakhalah, à Damas.

En plus de la menace dirigée contre al-Ata, le fait que l’armée ait identifié le Jihad islamique comme étant à l’origine du tir de roquette semble destiné à forcer le groupe terroriste du Hamas, qui gouverne l’enclave, à contrôler le Jihad islamique.

Selon l’armée, le Jihad islamique « tente de faire profil bas pour que le Hamas ne sache pas » qu’il tente de saboter les efforts de cessez-le-feu, en dépit des affirmations de coopération entre les groupes.

Au début du mois, l’armée israélienne avait déjà tenu des propos similaires. Le 1er avril, l’armée israélienne a averti que le Jihad islamique planifiait une attaque de grande ampleur afin de troubler l’accalmie relative le long de la frontière gazaouïe.

Le mois dernier, Israël et le Hamas ont conclu un accord de cessez-le-feu informel, en vertu duquel les groupes terroristes du Hamas se sont engagés à limiter considérablement les violences en échange de concessions économiques et humanitaires par Israël.

L’une des premières mesures prises par Jérusalem a été l’expansion de la zone de pêche, étendant jusqu’à 15 milles nautiques la zone de pêche autorisée au large de l’enclave, la plus grande distance accordée depuis plus d’une décennie.

Si les violences n’ont pas complètement cessé depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le mois dernier, la situation connaît un calme relatif.

Les groupes terroristes de l’enclave ont menacé de relancer les émeutes si Israël ne respectaient pas à ses engagements.

La semaine dernière, une roquette tirée depuis la bande de Gaza a atterri dans un terrain vague au sein de l’enclave palestinienne, et n’a fait ni blessé ni dégâts.

Samedi, les troupes israéliennes ont tiré sur trois Palestiniens alors qu’ils tentaient d’endommager la barrière de sécurité dans le nord de la bande. Une porte-parole de l’armée a déclaré que les soldats avaient ouvert le feu sur le groupe conformément à la procédure habituelle. Elle n’a pas précisé si l’un des hommes avait été touché.

Samedi également, des ballons d’incendie lancés depuis Gaza ont déclenché un incendie dans la réserve naturelle de HaBesor, dans le sud d’Israël, ont annoncé des services de lutte contre les incendies.

Vendredi, des dizaines de Palestiniens ont été blessés lors d’affrontements avec les troupes israéliennes à divers endroits de la frontière entre Gaza et Israël.

Un manifestant palestinien utilise une fronde pour lancer des pierres lors d’affrontements avec l’armée israélienne, à l’est de la bande de Gaza, le 19 avril 2019. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Selon le ministère de la Santé de Gaza contrôlé par le Hamas, 60 personnes ont été blessées vendredi, dont 36 par balles réelles.

L’armée israélienne n’a fait aucun commentaire à propos des blessés de vendredi, mais une porte-parole a déclaré qu’environ 7 000 Palestiniens ont participé aux rassemblements organisés par le Hamas à la frontière. Elle a ajouté que les manifestants avaient « jeté des pierres et un certain nombre d’engins explosifs » en direction des troupes, et que l’armée israélienne avait réagi conformément aux procédures habituelles.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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