Rechercher

Trois autres vautours morts découverts dans le désert de Judée

L'Autorité pour la Nature et les Parcs indique que deux chiens morts ont également été découverts ; tous les cadavres seront examinés

Capture d'écran d'une vidéo d'un vautour fauve mort trouvé dans le désert de Judée, le 27 octobre 2021. (Crédit : Srugim)
Capture d'écran d'une vidéo d'un vautour fauve mort trouvé dans le désert de Judée, le 27 octobre 2021. (Crédit : Srugim)

Trois vautours fauves ont été retrouvés morts mercredi dans le lit d’un cours d’eau du sud où neuf oiseaux sans vie avaient déjà été découverts plus tôt cette semaine. L’Autorité israélienne de la nature et des parcs soupçonne qu’il s’agit d’empoisonnements malveillants.

L’INPA a d’abord indiqué qu’elle avait trouvé un oiseau empoisonné et les corps de deux chiens dans le cours d’eau Kina, dans le désert de Judée. Plus tard dans la journée, deux autres oiseaux ont été découverts.

L’un des vautours avait déjà été équipé d’un émetteur, a indiqué l’INPA dans un communiqué. À partir du 23 octobre, ses signaux n’étaient plus reçus en raison d’une mauvaise réception. Mais plus tard, « le vautour a été traîné par des animaux sauvages qui ont tenté de le manger et le mouvement a permis à l’émetteur d’émettre », précise le communiqué.

Les neuf premiers vautours fauves ont été retrouvés morts dimanche. Les cadavres ont été trouvés dans la zone du lit des cours d’eau Kina et Kamrir sur la base d’informations provenant d’émetteurs fixés sur les oiseaux.

À côté d’eux se trouvait une chèvre morte, qui avait apparemment été empoisonnée et était dévorée par les oiseaux charognards.

Tous les cadavres devaient être transportés à l’institut vétérinaire de Beit Dagan, dans le centre d’Israël, pour y subir des examens complémentaires, tandis que les inspecteurs de l’INPA continuaient à parcourir la zone jusqu’à Sde Boker et Hamakhtesh Hakatan (le petit cratère) avec un chien renifleur spécial.

Les neuf oiseaux morts à l’origine sont âgés de un à 16 ans. L’un d’entre eux, âgé de 3 ans, a déjà été blessé à deux reprises, en Grèce et en Italie.

Une enquête a été ouverte suite à ce grave coup porté à la population des vautours en Israël, d’ores et déjà en péril. Les conclusions des investigations seront transmises à la police israélienne.

Des vautours morts trouvés dans le désert de Judée dans ce que l’Autorité israélienne de la nature et des parcs soupçonne être un empoisonnement malveillant, le 24 octobre 2020. (Crédit : Eyal Ben Giat, INPA)

Le directeur de l’Autorité des parcs et de la nature, Shaul Goldstein, s’est rendu sur le site et il a expliqué que les vautours, dans le pays, vivaient sous la menace des empoisonnements, de l’électrification des fils à haute-tension, de la disparition des habitats et du manque d’eau.

L’Autorité a déployé des efforts considérables pour tenter de protéger la population de vautours fauves, a-t-il ajouté, déléguant même des équipes sur le terrain – principalement formées de bénévoles – pour protéger les œufs de ces rapaces quand ils se trouvent dans les nids.

« Nous patrouillons avec les gardes-frontières, avec la police, nous effectuons de la collecte d’information, nous faisons tout ce qui est possible, en fin de compte – et quelque chose comme cela arrive », a-t-il déploré. « Si des personnes devaient boire de l’eau avec ce poison, elles mourraient immédiatement ».

« Il y a aujourd’hui 200 vautours en Israël environ. Neuf vautours représentent presque 5 % de la population entière de vautours dans le pays. Les empoisonnements continuent et à chaque fois, le choc est le même pour nous », a continué Goldstein. « Mais tant que la loi ne changera pas, il sera très difficile de retrouver les auteurs de ces empoisonnements et, même s’ils sont retrouvés, il reste douteux qu’ils soient poursuivis pour devoir répondre de leurs actes devant la justice ».

Le directeur de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs, Shaul Goldstein, s’exprime depuis le site du désert de Judée où neuf vautours morts ont été retrouvés après un empoisonnement apparemment malveillant, le 24 octobre 2020. (Crédit : capture d’écran de l’INPA)

L’organisation a noté qu’elle allait faire avancer un amendement législatif qui a été proposé par le député du Meretz Mossi Raz, il y a un an, qui faciliterait les poursuites judiciaires pour empoisonnement de la faune sauvage et renforcerait les sanctions appliquées dans ce type de dossier.

Dans de nombreux cas, les vautours sont empoisonnés en mangeant la carcasse d’un prédateur tué par des agriculteurs soucieux de protéger leur bétail. Dans ce cas précis, la chaîne des événements reste indéterminée.

Au début de l’année, environ 20 animaux sauvages – et notamment un Pygargue à queue blanche, une espèce rare et en péril – avaient été retrouvés morts à proximité de Kadita, dans le centre de la Galilée, apparemment empoisonnés à l’aide de pesticides.

Au mois de mai 2019, huit vautours fauves avaient été retrouvés sans vie sur le plateau du Golan suite à un empoisonnement et deux avaient pu être pris en charge – cet incident avait été considéré comme dévastateur pour la survie de l’espèce dans la région. Les oiseaux avaient apparemment mangé une carcasse de vache qui avait été elle-même empoisonnée. Un renard et deux chacals morts avaient aussi été découverts dans le secteur.

Un vautour fauve captif avec un œuf. (Crédit : Yigal Miller, Autorité israélienne de la nature et des parcs)

Ces dernières années, l’Autorité de la nature et des parcs a livré tous les efforts possibles pour conserver et redynamiser la population locale de vautours. Au mois d’août dernier, elle avait annoncé que cette population avait augmenté à un niveau sans précédent depuis huit ans, même si les vautours étaient encore considérés comme une espèce en péril dans le pays.

Ainsi, les gardes forestiers avaient décompté 206 oiseaux au mois de juin 2021 – contre 146 pendant l’été 2012, un chiffre qui avait été dangereusement bas.

La population des vautours est comptée pendant l’hiver et au printemps dans les zones de reproduction et l’alimentation, dans le cadre d’un projet appelé « Spreading Wings ».

Cette année, 48 sites de nidification ont été identifiés contre seulement 33 il y a huit ans.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...