Trois soldats israéliens condamnés pour l’agression de détenus palestiniens
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Trois soldats israéliens condamnés pour l’agression de détenus palestiniens

Les militaires ont plaidé coupable et écopé d'une peine de 190 jours de prison, mais évitent des chefs d’accusation plus graves ; deux autres militaires négocient encore leur peine

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un des cinq soldats israéliens de la brigade Kfir (G), arrêtés pour avoir prétendument battu deux suspects palestiniens placés sous leur surveillance, arrive à une audience au tribunal militaire de Jaffa le 10 janvier 2019. (Crédit : Flash90)
Un des cinq soldats israéliens de la brigade Kfir (G), arrêtés pour avoir prétendument battu deux suspects palestiniens placés sous leur surveillance, arrive à une audience au tribunal militaire de Jaffa le 10 janvier 2019. (Crédit : Flash90)

Trois soldats israéliens du bataillon religieux Netzah Yehuda ont été condamnés mardi pour avoir agressé deux détenus palestiniens, après avoir accepté une négociation de peine avec les procureurs militaires.

Dans le cadre de cet accord, les militaires ont plaidé coupable pour violences aggravées lors d’un incident survenu en janvier, purgeront une peine de 190 jours de prison, seront rétrogradés et sous surveillance, mais évitent des chefs d’accusation plus graves.

L’audience de délibération finale est prévue dimanche.

Les trois soldats font partie d’un groupe de 5 soldats de la brigade Kfir du bataillon Netzah Yehuda, qui ont tous été arrêtés en janvier, accusés d’avoir gravement agressé deux détenus palestiniens qui auraient aidé un terroriste, coupable du meurtre de deux de leurs camarades, à commettre une attaque à un arrêt de bus.

Les deux autres soldats mis en examen en janvier n’ont pas encore conclu de négociation de peine avec les procureurs militaires, mais les deux parties y travaillent, a indiqué une source militaire.

Selon l’acte d’inculpation, les militaires auraient roué de coups deux prisonniers menottés qui avaient les yeux bandés – un père et son fils – et s’étaient filmés avec leur smartphone. L’un des prisonniers avait été si grièvement blessé qu’il avait été hospitalisé et qu’il n’avait pas pu, pendant plusieurs jours, être interrogé par les forces israéliennes de sécurité.

L’officier qui commandait les soldats, un lieutenant, a également été accusé de ne pas avoir empêché l’agression alors qu’il en avait connaissance.

Lors de l’audience, l’un des soldats condamnés à déclaré que le traumatisme engendré par la perte de ses amis assassinés par un terroriste avait motivé cette agression.

Une photo montrant le sergent Yosef Cohen, à gauche, et le sergent d’état-major Yovel Mor Yosef de la Brigade Kfir de l’armée israélienne Les deux hommes ont été tués le 13 décembre 2018 lors d’un attentat terroriste à l’extérieur de l’avant-poste de Givat Assaf, dans le centre de la Cisjordanie. (Armée israélienne)

Le 13 décembre, Asem Barghouti avait ouvert le feu à un arrêt de bus, près de l’avant-poste Givat Assaf, situé à proximité de Ramallah, tuant deux soldats et en blessant grièvement un troisième ainsi qu’une civile.

Barghouti avait fui les lieux de l’attaque, échappant aux forces israéliennes pendant presque un mois, avant d’être finalement arrêté dans le village d’Abu Shukheidim. Les deux Palestiniens détenus et impliqués dans l’attaque avaient été arrêtés le même jour, soupçonnés d’avoir aidé Barghouti à se cacher des forces de sécurité.

« Nous sommes passés devant l’arrêt de bus de Givat Assaf, avec les impacts de balles, et tout est remonté à la surface. Cet incident ne me ressemble pas », a déclaré le soldat. « Je regrette. »

Des soldats de la Brigade Kfir de Tsahal lors d’un entraînement dans la vallée du Jourdain, le 28 novembre 2017. (Crédit : Judah Ari Gross / Times of Israel)

En janvier, cinq soldats ont été mis en examen pour agression aggravée et violences aggravées. Deux d’entre eux ont également été accusés d’obstruction à la justice en tentant de faire concorder leurs versions avant les interrogatoires.

Les cinq soldats ont été accusés de « maltraiter les Palestiniens par des gifles, des coups de poing et de matraque, alors qu’ils étaient menottés et avaient les yeux bandés, leur infligeant des blessures graves », avait déclaré l’armée dans un communiqué le mois dernier.

Selon les documents d’inculpation visant les soldats, lors de l’agression, ces derniers ont retiré le bandeau au fils « afin qu’il voie comment ils battaient » son père.

Le bataillon a été créé pour que les soldats ultra-orthodoxes et autres religieux puissent servir sans avoir le sentiment de compromettre leurs croyances. Ainsi, ils ne sont pas autant en contact avec des femmes que ne le sont les autres soldats et disposent de plus de temps pour prier et étudier.

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