Israël en guerre - Jour 260

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Tsahal estime que 950 000 Gazaouis ont évacué Rafah

Le Hamas peut encore tirer des roquettes sur le centre d'Israël via les stocks de la ville la plus au sud de Gaza ; 50 % du couloir de Philadelphi est contrôlé par l'armée

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Une vue d'un camp de déplacés déserté, à l'est de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 19 mai 2024. (Crédit : AFP)
Une vue d'un camp de déplacés déserté, à l'est de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 19 mai 2024. (Crédit : AFP)

L’armée israélienne a estimé lundi que quelque 950 000 Palestiniens avaient évacué la région de Rafah, au sud de la bande de Gaza, alors que les troupes terrestres opèrent dans la partie est de la ville.

Quelque 300 000 à 400 000 civils sont encore à Rafah, principalement dans la zone côtière et dans certaines parties du centre-ville, selon les informations consultées par le Times of Israel.

L’armée avait émis un avertissement d’évacuation pour la partie orientale de Rafah au début du mois.

Cette zone d’évacuation ne comptait que 150 000 Palestiniens, ce qui signifie que de nombreux civils d’autres parties de Rafah, où Tsahal n’a pas encore opéré, ont évacué par leurs propres moyens. Plus d’un million de Palestiniens étaient réfugiés dans la ville avant que l’armée ne pénètre dans la zone.

Les civils palestiniens sont maintenant largement concentrés dans la région d’al-Mawasi, désignée par Tsahal comme « zone humanitaire », sur la côte de la bande, et dans le centre de Gaza, dans des zones où les troupes terrestres de l’armée n’ont pas encore opéré. Il y a également une importante population civile dans la partie côtière de Rafah et dans certaines zones du nord de la bande de Gaza.

Tsahal affirme avoir tiré les leçons des expériences passées lorsqu’il s’est agi d’évacuer la population de Rafah, ce qui s’est fait à un rythme beaucoup plus rapide que ne l’avaient prévu les États-Unis.

Des soldats de l’armée israélienne opérant dans la zone de Rafah, dans la bande de Gaza, sur une photo autorisée à la publication le 20 mai 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Parmi les mesures prises pour permettre l’évacuation, la zone humanitaire d’al-Mawasi a été élargie pour accueillir davantage de civils, les conduites d’eau endommagées ont été réparées par les Palestiniens et les hôpitaux de campagne ont été déplacés dans la zone. Les livraisons d’aide y sont également concentrées.

Tsahal pense que certains éléments du Hamas et membres d’autres groupes terroristes palestiniens ont fui Rafah avec la population pour se rendre dans la zone humanitaire, car il n’y a pas de points de contrôle israéliens.

Cependant, de nombreux terroristes armés sont restés à Rafah pour combattre. Plus de 130 terroristes ont été tués par les troupes israéliennes jusqu’à présent lors de l’opération dans l’est de Rafah, a indiqué l’armée lundi.

Tsahal considère Rafah comme le dernier bastion important du Hamas à Gaza, où se trouvent quatre de ses bataillons. Deux autres bataillons du groupe terroriste palestinien demeurent dans le centre de Gaza, dans les camps de Nuseirat et de Deir al-Balah.

Traînées de fumée des roquettes tirées par les groupes terroristes de Gaza, vues du côté israélien de la frontière, le 7 avril 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Israël pense que les dirigeants du Hamas et de nombreux terroristes se cachent à Rafah et qu’un nombre indéterminé des 124 otages enlevés lors des atrocités du 7 octobre menées par le Hamas sont encore détenus dans la ville.

Cette ville du sud de la bande de Gaza est également l’un des derniers endroits où l’armée pense que le Hamas disposait d’importants stocks de roquettes.

Tsahal estime que le groupe terroriste ne dispose plus de capacités de fabrication de roquettes depuis le début de la guerre, l’armée ayant détruit ses principales usines dans d’autres régions de la bande de Gaza.

Tsahal pense que le Hamas a la capacité de lancer des attaques à la roquette sur le centre d’Israël à partir de la région de Rafah, et que lorsque les troupes avanceront plus loin dans la ville, le groupe terroriste serait susceptible de mener une telle attaque, comme il l’a fait à partir d’autres zones de Gaza.

Au cours de la guerre, le Hamas a lancé bon nombre d’attaques à la roquette depuis les zones où les troupes progressent, afin d’empêcher Tsahal de s’emparer de leurs stocks.

Actuellement, l’armée n’a pas poussé plus loin que le quartier brésilien de Rafah Est, laissant la majeure partie de la ville sous le contrôle du groupe terroriste palestinien.

Tsahal conserve le contrôle du poste-frontière de Rafah avec l’Égypte, qui a été un important vecteur d’aide humanitaire dans l’enclave. Ce point de passage est resté fermé depuis que l’armée a pris le contrôle de la partie gazaouie le 7 mai, l’Égypte ayant insisté sur le fait qu’elle n’autoriserait pas la reprise des livraisons tant que la partie gazaouie du point de passage ne serait pas repassée sous contrôle palestinien.

Dans le même temps, des opérations se poursuivent le long du couloir dit de « Philadelphi », qui sépare l’Égypte de la bande de Gaza.

Un tank avec un drapeau israélien entre du côté gazaoui de la frontière avec Gaza, à Rafah, le 7 mai 2024. (Crédit : Armée israélienne via AP)

Jusqu’à présent, l’armée n’a pu s’emparer que de la moitié du corridor, à l’est de Rafah, qui s’étend sur 14 kilomètres le long de la frontière entre la bande de Gaza et l’Égypte.

En décembre, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’Israël devrait prendre le contrôle de l’ensemble du corridor pour s’assurer que Gaza est et reste démilitarisée et pour empêcher que des armes soient introduites clandestinement dans l’enclave côtière par des tunnels en provenance d’Égypte.

Tsahal a déclaré lundi avoir repéré des dizaines de tunnel et « un certain nombre de voies souterraines importantes » dans la zone est de Rafah, qui font actuellement l’objet d’une enquête ou dont la démolition est en cours de préparation.

L’armée n’a toutefois pas précisé combien de tunnels traversaient l’Égypte. Dans le passé, le Hamas a utilisé ces tunnels pour faire passer clandestinement des armes et autres fournitures.

Des fumées s’échappant lors de frappes israéliennes à l’est de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 13 mai 2024. (Crédit : AFP)

L’Égypte a nié que des armes étaient acheminées vers Gaza par des tunnels, insistant sur le fait que les mesures prises ces dernières années – notamment la construction d’un mur frontalier en béton s’étendant sur six mètres sous terre et surmonté de fils barbelés – avaient mis un terme au problème de la contrebande, qui dure depuis longtemps.

Les corps des otages retrouvés dans le tunnel de Jabaliya

Par ailleurs, l’armée a autorisé l’annonce lundi de la découverte des corps de quatre otages israéliens récupérés à Gaza la semaine dernière dans un tunnel du Hamas dans le camp de Jabaliya, dans la partie nord de la bande de Gaza.

Tsahal n’avait pas atteint le tunnel – qui avait servi de centre de commandement pour le groupe terroriste pendant les combats – lors de sa première opération terrestre à Jabaliya.

Dans le sens des aiguilles d’une montre, en partant du haut à gauche, les quatre otages dont les corps ont été récupérés par l’armée israélienne dans la bande de Gaza le 17 mai 2024 : Ron Benjamin, Shani Louk, Itzik Gelernter et Amit Bouskila. (Crédit : Autorisation)

Les corps de Ron Benjamin, Itzik Gelernter, Amit Buskila et Shani Louk étaient cachés dans le tunnel, et la zone qui l’entourait était gardée par le Hamas, selon l’armée. Dans une allée proche du tunnel, les terroristes avaient placé un gros engin explosif, qui a été neutralisé par les soldats.

Il y a eu plusieurs affrontements en surface lorsque les troupes ont pénétré dans la zone, et lors d’un combat, le major Gal Shabbat, 24 ans, commandant de compagnie du 202e bataillon de la Brigade des Parachutistes, a été mortellement blessé. Cependant, il n’y a pas eu d’affrontements dans le tunnel, où les corps étaient conservés.

La semaine dernière, Tsahal a pénétré pour la troisième fois dans Jabaliya, lors d’une opération surprise visant à démanteler les cellules du Hamas qui s’y étaient reconstituées après le retrait de l’armée il y a plusieurs mois. Tsahal est entré pour la première fois dans Jabaliya en octobre, avant de la quitter lors d’une trêve d’une semaine conclue fin novembre. Elle est ensuite revenue immédiatement après le cessez-le-feu, avant de se retirer une seconde fois en décembre.

Lundi, au moins une roquette a été tirée depuis la région de Jabaliya en direction de la ville de Sderot, dans le sud du pays, déclenchant une alerte. L’armée a indiqué que la roquette avait touché une zone ouverte, sans faire de dégâts ni de blessés.

Selon l’armée, plus de 200 terroristes ont été tués par les soldats lors des combats à Jabaliya, et des dizaines de lance-roquettes ont été détruits.

Au total, Tsahal a déclaré lundi que l’armée de l’air israélienne avait frappé plus de 80 cibles appartenant à des groupes terroristes dans la bande de Gaza au cours de la journée écoulée.

Des commandants du Hamas tués

Plus tôt dans la journée, l’armée et l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet ont annoncé que deux responsables du Hamas, qui occupaient également des postes de direction au sein de la police du groupe terroriste palestinien, avaient été tués lors de récentes frappes aériennes israéliennes dans la bande de Gaza.

Dimanche, Zaher al-Houli, un officier supérieur de la police du centre de Gaza, a été visé par une frappe de drone. Selon Tsahal, al-Houli était membre de l’aile armée du Hamas en plus de son rôle de haut responsable dans la police.

« Dans le cadre de ses activités, Zaher entretenait des contacts avec d’autres éléments de groupe terroriste et préparait des attaques terroristes contre le front intérieur israélien », a déclaré l’armée.

Samedi, une autre frappe a tué Rami Khalil Faki, qui, selon Tsahal, était membre de l’aile armée du Hamas, en plus de son rôle d’officier supérieur au sein de la police de Nuseirat.

« Dans le cadre de ses fonctions, il commandait une force de terroristes armés qui menaient des actions contre nos troupes », a ajouté l’armée. L’adjoint de Faki et quatre autres terroristes du Hamas ont été tués lors de cette frappe.

La police de la bande de Gaza est sous la juridiction du Hamas et, selon Israël, nombre de ses officiers servent également dans l’aile armée du groupe terroriste.

La guerre a éclaté lorsque quelque 3 000 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre, tuant près de 1 200 personnes, principalement des civils, tout en prenant 252 otages de tous âges, en commettant de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

Plus de 35 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

L’ONU indique que quelque 24 000 victimes ont été identifiées dans les hôpitaux à ce jour. Le reste du chiffre total est basé sur des « informations médiatiques » plus obscures du Hamas.

15 000 terroristes qu’Israël dit avoir tués au combat. Tsahal affirme également avoir tué un millier de terroristes à l’intérieur du pays le 7 octobre.

Un contractant civil du ministère de la Défense a également été tué dans la bande de Gaza.

Deux cent quatre-vingt-trois soldats israéliens ont été tués au cours de l’opération terrestre contre le Hamas et lors des opérations menées le long de la frontière de Gaza.

Plus d’une centaine d’otages sont toujours retenus dans l’enclave au mains du Hamas et de ses complices civils. Tous ne sont pas en vie.

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