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Tsahal : Seuls 70 Haredim se sont présentés depuis l’arrêt de la Haute Cour

Selon la décision historique rendue au mois de juin, il n'y a pas de base légale pour exempter les ultra-orthodoxes, mais moins de 3 % des 3 000 recrues ont jusqu'à présent coopéré

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un soldat accueillant un appelé ultra-orthodoxe, à la base de Tel HaShomer, dans le centre d'Israël, le 6 août 2024. (Crédit : Armée israélienne)
Un soldat accueillant un appelé ultra-orthodoxe, à la base de Tel HaShomer, dans le centre d'Israël, le 6 août 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Environ 70 hommes ultra-orthodoxes – ou Haredim – se sont présentés aux centres de recrutement militaire depuis que l’armée israélienne commencé à enrôler des hommes de la communauté haredi le mois dernier, beaucoup moins que le nombre de personnes ayant reçu l’ordre de se présenter à la suite d’une décision de la Haute Cour de justice sur la question, a indiqué Tsahal mercredi.

Seuls sept Haredim sont arrivés dans les centres de recrutement mercredi pour compléter les processus de sélection avant l’enrôlement, a indiqué l’armée.

Avertissant que ceux qui ignorent les ordres de conscription à plusieurs reprises risquent d’être arrêtés, Tsahal a déclaré que ceux qui ne se sont pas présentés mercredi seront rappelés à une date ultérieure.

L’armée a indiqué avoir procédé à des ajustements au centre de recrutement pour les appelés haredim, principalement en ne faisant appel qu’à des soldats et des officiers masculins.

Tsahal a également indiqué avoir effectué des tests psychotechniques et des entretiens « adaptés à la communauté haredi », au lieu des tests et entretiens habituels.

Des membres de la communauté ultra-orthodoxe ont fréquemment protesté contre le recrutement, notamment mercredi, lorsqu’une centaine d’hommes ont manifesté près du bureau de recrutement de Tsahal à Jérusalem dans la matinée, avant d’être dispersés par la police. Cinq personnes ont été arrêtées au cours de la manifestation, et une enquête a été ouverte sur une altercation physique entre un automobiliste qui passait par là et un manifestant.

Un soldat de l’armée israélienne s’entretenant avec un appelé ultra-orthodoxe, à la base de Tel HaShomer, dans le centre d’Israël, le 6 août 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef du Directorat de la Planification et de la gestion du personnel du Directorat des Ressources humaines de Tsahal avait estimé au début du mois que le faible taux de participation pouvait être dû à ces manifestations, qui font fuir les hommes haredim qui s’enrôleraient autrement.

Le mois dernier, Tsahal avait annoncé entamer le processus de conscription de 3 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 26 ans, à la suite de l’arrêt de la Haute Cour du mois précédent, selon lequel les exemptions de service, qui étaient auparavant accordées aux Haredim, étaient illégales. Les mille premiers ont été envoyés le 21 juillet et l’armée se prépare à envoyer son deuxième lot.

Selon Tsahal, les premiers lots comprennent des hommes qui ont un emploi, sont inscrits dans des établissements d’enseignement supérieur ou détiennent un permis de conduire – ce qui indique qu’ils ne sont pas engagés dans des études à temps plein en yeshiva, bien qu’ils aient bénéficié d’exemptions antérieures pour étudier.

Le différend concernant la communauté ultra-orthodoxe servant dans l’armée est l’un des plus litigieux en Israël, des dizaines d’années de tentatives gouvernementales et judiciaires pour régler la question n’ayant jamais abouti à une résolution stable. Les dirigeants religieux et politiques haredim s’opposent farouchement à toute tentative d’enrôlement de jeunes hommes.

De nombreux Juifs ultra-orthodoxes estiment que le service militaire est incompatible avec leur mode de vie et craignent que ceux qui s’enrôlent soient laïcisés, les manifestants contre l’enrôlement criant fréquemment qu’ils « préféraient mourir plutôt que de s’enrôler« .

Les Israéliens qui servent disent que l’arrangement des exemptions massives qui dure depuis des dizaines d’années les accable injustement, un sentiment qui s’est renforcé depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre et la guerre qui s’en est suivie, au cours de laquelle plus de 680 soldats ont été tués et plus de 300 000 réservistes ont été mobilisés.

Au vu de la position de la Haute Cour, le gouvernement, qui comprend les partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah, a cherché à faire passer un projet de loi qui augmenterait progressivement l’enrôlement des Haredim, mais des fossés importants subsistent entre les factions ultra-orthodoxes et de nombreux parlementaires de haut rang issus de partis laïcs.

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