Un an après la mobilisation des Juifs anglais, quelque chose a-t-il changé ?
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Analyse

Un an après la mobilisation des Juifs anglais, quelque chose a-t-il changé ?

Depuis que la communauté a dénoncé l'antisémitisme au Labour, les relations avec le parti de Corbyn n'ont fait qu'empirer. Avec des opposants faibles, sera-t-il Premier ministre ?

  • A titre d'illustration : Marie van der Zyl se joint aux manifestants lors de la manifestation "Trop, c'est trop" devant le Parlement britannique en mars. (Autorisation)
    A titre d'illustration : Marie van der Zyl se joint aux manifestants lors de la manifestation "Trop, c'est trop" devant le Parlement britannique en mars. (Autorisation)
  • Jeremy Corbyn à la mosquée de Finsbury Park dans le nord de Londres, lors des portes ouvertes annuelles du lieu de culte, le 3 mars 2019. (Crédit : Victoria Jones/PA via AP)
    Jeremy Corbyn à la mosquée de Finsbury Park dans le nord de Londres, lors des portes ouvertes annuelles du lieu de culte, le 3 mars 2019. (Crédit : Victoria Jones/PA via AP)
  • Le dirigeant du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn est assis sur la scène alors que ses partisans agitent des drapeaux palestiniens lors de la conférence annuelle du parti à Liverpool, en Angleterre, le 25 septembre 2018. (Stefan Rousseau/PA via AP)
    Le dirigeant du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn est assis sur la scène alors que ses partisans agitent des drapeaux palestiniens lors de la conférence annuelle du parti à Liverpool, en Angleterre, le 25 septembre 2018. (Stefan Rousseau/PA via AP)
  • Des panneaux d'affichage sur des camionnettes dans le centre de Londres constituent la dernière escalade dans le conflit médiatisé des Juifs britanniques avec le dirigeant du Parti travailliste Jeremy Corbyn. (Avec l'aimable autorisation de Jonathan Hoffman/via JTA)
    Des panneaux d'affichage sur des camionnettes dans le centre de Londres constituent la dernière escalade dans le conflit médiatisé des Juifs britanniques avec le dirigeant du Parti travailliste Jeremy Corbyn. (Avec l'aimable autorisation de Jonathan Hoffman/via JTA)

LONDRES – Le 26 mars 2018, les Juifs britanniques ont pris part à une manifestation sans précédent sur la place du Parlement contre une crise d’antisémitisme qui a submergé le Parti travailliste.

Le recours à une telle action, dit Joan Ryan, une députée qui a démissionné du Parti travailliste en raison de la façon dont il a traité la question, a marqué « l’un des jours les plus honteux de l’histoire du parti ».

Le déclencheur immédiat de la manifestation a été la révélation que le chef de l’extrême-gauche du parti, Jeremy Corbyn, avait défendu six ans auparavant une fresque de rue antisémite dans l’East End à Londres.

En réalité, cependant, la tension entre Corbyn et la communauté s’est accrue depuis qu’il a surpris la classe politique en remportant la direction du principal parti de l’opposition britannique en septembre 2015.

La manifestation – qui s’est déroulée sous le cri de ralliement « Trop c’est trop » – n’a guère contribué à apaiser ces tensions. Au lieu de cela, les développements de l’année dernière ont tout simplement exacerbé la colère de nombreux Juifs et alimenté leurs craintes quant à ce que pourrait signifier, à l’avenir, un mandat de Premier ministre de Corbyn.

Ces développements comprennent : une série d’autres révélations l’été dernier sur les liens présumés de Corbyn avec des terroristes, des négationnistes et des antisémites ; le refus initial du parti d’adopter intégralement la définition de l’antisémitisme de l’International Holocaust Remembrance Alliance ; et ce que les opposants décrivent comme une politique disciplinaire de type « chaises musicales » qui a vu des membres accusés de haine des Juifs suspendus du parti et ensuite réadmis discrètement.

La colère contre le fait que, comme le dit Ivor Caplin, président du Jewish Labour Movement, « les dirigeants semblent encore traîner les pieds pour expulser les antisémites du Parti travailliste, » a suscité une inquiétude nouvelle chez les parlementaires au mois de janvier.

La députée travailliste Joan Ryan, ancienne présidente du Labour Friends of Israel (Autorisation)

Les parlementaires travaillistes ont adopté à une écrasante majorité une motion demandant au parti de « s’attaquer de manière adéquate aux cas d’antisémitisme » et ont averti qu’un « manquement à cette obligation risquerait sérieusement de conduire à la normalisation de l’antisémitisme au sein du parti et de donner l’impression que le parti est institutionnellement antisémite ».

La réponse de la secrétaire générale du parti, alliée de Corbyn, Jennie Formby, aurait été qu’il était « impossible d’éradiquer » l’antisémitisme et qu’il serait « malhonnête d’affirmer pouvoir le faire ». La réponse a provoqué l’indignation des modérés et semble avoir été la goutte d’eau qui, pour certains, a fait déborder le vase.

Quelques jours plus tard, Luciana Berger, qui avait demandé à Corbyn de s’excuser pour la fresque de rue et était à l’avant-garde de la manifestation sur la place du Parlement, démissionna du parti travailliste. Sa déclaration de démission qualifiait le parti d’“institutionnellement antisémite”. Berger et Ryan siègent maintenant avec un certain nombre d’autres anciens députés travaillistes modérés – qui ont tous exprimé des préoccupations similaires au sujet de l’antisémitisme au sein du parti – en tant que membres du Independent Group.

Tenir, après la goutte d’eau qui a fait déborder le vase

Le comportement du parti contre Berger à la suite de la manifestation illustre bien les problèmes auxquels il est confronté. Le rôle de premier plan qu’elle a joué lors de la manifestation, a-t-elle dit au lendemain de celle-ci, a conduit à « un torrent d’insultes de la part de personnes se réclamant de la gauche ».

Ces insultes se sont poursuivies sans relâche pendant des mois : Lors de la conférence annuelle du parti en septembre, elle a même été forcée d’accepter la protection policière de ses propres sympathisants supposés. En janvier, des militants d’extrême gauche de sa circonscription ont tenté d’adopter une motion de défiance à son égard. D’autres députés travaillistes juifs et leurs partisans de l’aile modérée du parti ont été également visés.

L’importance de la manifestation ne doit cependant pas être sous-estimée.

« Les Juifs britanniques ont depuis longtemps la réputation de faire profil bas et de chercher à influencer la politique par des consultations privées de haut niveau plutôt que par des protestations publiques conflictuelles », explique Dave Rich, responsable des politiques au Community Security Trust (CST), qui contrôle l’antisémitisme et protège les lieux et événements juifs. « La manifestation ‘Trop, c’est trop’ a changé cela et a marqué un nouveau climat d’affirmation dans la communauté juive ».

Des membres de la communauté juive manifestent contre le chef du parti travailliste britannique d’opposition Jeremy Corbyn et l’antisémitisme au sein du Labour, hors des chambres du Parlement dans le centre de Londres, le 26 mars 2018. (Crédit : AFP PHOTO / Tolga AKMEN)

De même, Jonathan Goldstein, président du Jewish Leadership Council (JLC), l’un des organisateurs de la manifestation, estime que la communauté est « plus forte depuis qu’elle s’est dressée avec fierté et a dit ‘trop, c’est trop !' ».

Néanmoins, Goldstein admet que la manifestation semble avoir eu peu d’impact sur le comportement du parti.

« La décision délibérée des travaillistes d’ignorer les brimades des Juifs en son sein est évidente pour tous. Notre appel à combattre le racisme s’est heurté à un silence assourdissant de la part du leader et à une campagne de délégitimation de la part de ses partisans », dit-il.

« Le fait qu’une courageuse députée juive comme Luciana Berger doive démissionner de son parti en raison de sa religion en dit plus long que les mots ne pourraient jamais exprimer. Je crains que le Labour, dans son état actuel, ne soit irrécupérable », a déclaré Goldstein.

Jonathan Goldstein, président du Jewish Leadership Council, s’exprime devant les manifestants devant le parlement lors du mouvement #EnoughIsEnough organisé par les leaders juifs britanniques pour dénoncer l’antisémitisme au Labour, au mois de mars 2018 (Crédit : Marc Morris/Jewish News)

Ryan est d’accord. « La communauté juive qui proteste contre le racisme dans l’opposition de Sa Majesté aurait dû servir de signal d’alarme à Jeremy Corbyn », dit le député. « Au lieu de cela, sous sa direction, la situation a empiré au point où un député juif a été chassé du parti par des antisémites. La responsabilité de cet échec incombe carrément au chef du parti travailliste ».

Qui en est responsable ?

La perception selon laquelle Corbyn lui-même est au cœur des problèmes des travaillistes est largement répandue. Depuis la manifestation, affirme Rich, « le consensus au sein de la communauté juive sur le fait que le problème institutionnel du Parti travailliste, qui commence avec son chef, est demeuré intact et s’est même durci, alors que la façon dont le Parti travailliste a géré le problème n’a fait qu’empirer les choses ».

Ces perceptions ont été confirmées par un sondage réalisé pour le JLC publié la semaine dernière. Il a constaté que 42 % des Juifs britanniques « envisageraient sérieusement » d’émigrer si M. Corbyn devenait Premier ministre (contre 40 % dans un sondage l’année dernière), alors que 87 % pensent que le dirigeant travailliste est antisémite (contre 86 % l’an dernier).

Dans une étude récemment publiée, « Institutionally Antisemitic : Contemporary Left Antisemitism and the Crisis in the British Labour Party », le professeur Alan Johnson détaille la dynamique entre le passé de Corbyn et les difficultés actuelles du Labour.

Le bilan du leader et de certains de ses plus proches collaborateurs pour soutenir ou pratiquer des formes antisémites d’“anti-sionisme”, écrit-il, est « l’éléphant dans le magasin de porcelaine ».

« En l’absence d’une autocritique fondamentale de ce bilan par Jeremy Corbyn, les membres du parti continueront de le défendre, tout comme la normalisation de l’antisémitisme dans le parti », prévient Johnson.

« Et demain, au gouvernement, et dans le pays aussi ? », demande-t-il.

Jeremy Corbyn à la mosquée de Finsbury Park dans le nord de Londres, lors des portes ouvertes annuelles du lieu de culte, le 3 mars 2019. (Crédit : Victoria Jones/PA via AP)

Pour l’instant, au moins, Corbyn reste fermement ancré en tant que leader. Ses partisans d’extrême gauche contrôlent désormais les principales institutions du parti et les puissants syndicats qui le financent. Ils ont également une influence énorme au niveau de la base. Il est donc probable que tout futur dirigeant proviendra de l’aile du parti de Corbyn.

Cette situation pose un dilemme pour les Juifs qui soutiennent traditionnellement le Parti travailliste. Certains, y compris des députés juifs comme Ruth Smeeth, sont catégoriques sur le fait qu’ils resteront dans le parti et se battront pour un changement de cap de l’intérieur. Avec Tom Watson, le chef adjoint du parti, ils ont un porte-parole et un allié qui possède de solides compétences organisationnelles. Watson a maintenant fondé un groupe de modérés pour commencer à repousser les fans de Corbyn.

Certains soupçonnent que Tom Watson, vice-président du Parti travailliste, pourrait éventuellement amener un grand nombre de députés à quitter le Parti travailliste.

Certains soupçonnent que Tom Watson, vice-président du Parti travailliste, pourrait éventuellement amener un grand nombre de députés à quitter le Parti travailliste, en se joignant à ceux qui, comme Berger et Ryan, ont déjà quitté le parti.

Etre ou ne pas être pour le Jewish Labour Movement

Le dilemme est particulièrement aigu pour le Jewish Labour Movement (JLM), un groupe affilié au parti. Après que Berger, qui était présidente parlementaire de JLM, a quitté le parti travailliste, celui-ci a tenu une réunion d’urgence au cours de laquelle il a décidé de ne pas rompre son lien formel avec ce parti. Cette décision a été, en partie, façonnée par la crainte qu’une telle décision ne renforce le poids de la controversée et pro-Corbyn Jewish Voice for Labour, que les critiques accusent de nier que le parti a un problème avec l’antisémitisme.

Cependant, quelques jours à peine après la réunion du JLM, on a appris que le Parti travailliste avait l’intention de mettre fin à son rôle de formation sur l’antisémitisme au sein du parti.

Certains militants veulent que JLM adopte une ligne beaucoup plus dure. Il y aura une tentative de destituer Caplin de son poste de président et de voter sur des motions qui qualifient le parti de « raciste sur le plan institutionnel » et condamnent le comportement « gravement préjudiciable » du dirigeant travailliste. Une motion de censure contre Corbyn, qui dit qu’il est « inapte à être Premier ministre » et que JLM ne devrait pas faire campagne pour des députés travaillistes, des conseillers ou des candidats qui « ne sont pas des alliés dans la lutte contre l’antisémitisme » sera également débattue.

La députée indépendante Luciana Berger quitte les studios Milbank près du Parlement à Londres, le 21 février 2019. (Tolga Akmen/AFP)

Le Parti travailliste fait également face à une enquête politiquement dangereuse sur l’antisémitisme au sein du parti, menée par la Commission pour l’égalité et les droits de la personne, un organisme gouvernemental de surveillance. L’enquête, annoncée plus tôt ce mois-ci, a été lancée après que JLM et la Campagne contre l’antisémitisme ont déposé des dossiers détaillant leurs plaintes auprès de la Cour européenne des droits de l’homme.

Si son enquête initiale se transforme en une enquête de grande envergure, les pouvoirs juridiques considérables de l’organisme de surveillance entreront en jeu. Elle pourra, par exemple, forcer le parti à remettre des courriels et des sms et obliger les tribunaux à prendre des mesures contre l’antisémitisme en rendant des ordonnances.

Même sans cela, l’intervention de la Cour européenne des droits de l’homme – qui a été mise en place par le dernier gouvernement travailliste – est un « embarras pour les dirigeants et devrait être un signal d’alarme, de sorte que nous verrons peut-être maintenant des actions concrètes plutôt que des paroles réconfortantes », déclare Caplin, qui a été ministre sous l’ancien Premier ministre Tony Blair.

Une telle enquête pourrait s’avérer particulièrement gênante pour certaines des hautes personnalités autour de Corbyn qui, malgré les démentis antérieurs du dirigeant travailliste, ont été accusées ce mois-ci d’être intervenues dans certaines affaires disciplinaires impliquant des membres accusés d’antisémitisme.

Un regard sur l’avenir

D’autres nouvelles sources de friction sont susceptibles d’apparaître dans les mois à venir.

Un point culminant sera la conférence du parti de septembre. L’année dernière a été le théâtre d’un débat animé sur Israël. Elle a été marquée par de vives condamnations de l’État juif, par la présence de drapeaux palestiniens dans la salle de conférence et par l’adoption d’une motion demandant au Royaume-Uni d’interdire les ventes d’armes à Israël et de mettre un terme au « blocus illégal et à la fermeture de Gaza ».

Des délégués à la conférence du Parti travailliste à Liverpool brandissent des drapeaux palestiniens lors d’un débat le 25 septembre 2018, sous le regard du leader Jeremy Corbyn sur le podium. (AFP Photo/Oli Scarff)

Septembre pourrait bien connaître de nouvelles pressions contre Israël et peut-être le début des efforts pour engager le parti à soutenir le BDS sous la forme d’un boycott des produits des implantations.

Il est également probable que le Parti travailliste entamera plus tard cette année le processus de sélection de ses candidats aux prochaines élections générales, qui doivent avoir lieu en 2022, à moins que les événements de Westminster ne conduisent à un vote anticipé.

Les changements apportés aux règles du parti permettront aux membres de la base d’amorcer plus facilement le processus qui empêche les députés de siéger à nouveau au Parlement. La crainte d’être « désélectionné » par les partisans de M. Corbyn a conduit de nombreux députés à garder un profil bas et à éviter les critiques publiques à l’égard de la direction. Cet effet de refroidissement se poursuivra si les pro-Corbyn parviennent à réclamer la tête de modérés bien en vue. Il est presque certain qu’ils essaieront, certains opposants à Corbyn craignant qu’il n’y ait des manœuvres contre jusqu’à 100 députés travaillistes en exercice, des dizaines d’entre eux étant potentiellement en danger.

Mais les dirigeants joueront un jeu potentiellement dangereux. Si les militants se mobilisent contre les détracteurs de Corbyn, comme l’ancienne députée travailliste juive Louise Ellman, cela pourrait déclencher une nouvelle vague de défections du parti vers The Independent Group et peut-être un schisme plus large.

David Hirsh, auteur de « Contemporary Left Antisemitism » et maître de conférences en sociologie à Goldsmiths, Université de Londres, estime qu’une perspective à plus long terme est nécessaire pour comprendre où se trouve aujourd’hui le Labour, autrefois un foyer traditionnel de nombreux Juifs.

« Au cours des 15 dernières années, j’ai eu l’impression que les choses s’éloignaient de nous lentement mais implacablement. Il n’y a pas de catastrophe, nous ne sommes pas en 1933, mais chaque année il se passe des choses qui étaient impensables jusqu’alors », affirme-t-il.

A titre d’illustration : L’auteur David Hirsh, à droite, s’adresse à un membre de l’auditoire lors d’un événement du Times of Israel Presents au Beit Avi Chai de Jérusalem, le 8 novembre 2017. (Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)

« L’antisémitisme qui était autrefois enfermé dans des espaces obscurs à l’extrême gauche est maintenant devenu un courant dominant, d’abord dans les syndicats, puis au sein du Parti travailliste », a indiqué Hirsh. « La façon de penser qui positionne Israël comme un mal unique au monde, et l’antisémitisme qui accompagne ce genre de pensée, sont devenus des marqueurs symboliques de l’identité de gauche et de l’appartenance à la communauté des braves gens ».

Pour l’instant, le Brexit et l’agitation politique et constitutionnelle actuelle du pays pourraient avoir des conséquences imprévues. D’une part, la colère contre l’opposition timide de M. Corbyn à l’idée que la Grande-Bretagne quitte l’Union européenne pourrait affaiblir sa position au sein du parti et inciter davantage de députés à démissionner.

Le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn prend la parole devant un rassemblement, à Broxtowe, au centre de l’Angleterre, le 23 février 2019. (Oli SCARFF / AFP)

D’un autre côté, Theresa May semble maintenant mortellement blessée politiquement. Peu s’attendent à ce qu’elle survive bien au-delà de la saison des congrès d’automne (si, en effet, elle dure aussi longtemps). Son départ pourrait permettre à un nouveau chef conservateur d’unir le parti fracturé et de tirer parti de la profonde impopularité de Corbyn dans le pays. Cela pourrait permettre aux Conservateurs aux prochaines élections générales de regagner la majorité parlementaire que May a dilapidée de façon inattendue lorsqu’elle a déclenché une élection générale il y a deux ans.

Mais ce n’est qu’un scénario parmi d’autres. Lorsque Mme May quittera Downing Street, cela pourrait également marquer le début d’une véritable guerre civile au sein du parti conservateur, ouvrant la voie à une scission et à la chute du gouvernement. En raison de la faiblesse de ses adversaires, plutôt que de ses propres forces, Corbyn pourrait alors se retrouver Premier ministre. Compte tenu des événements de l’année écoulée, de nombreux Juifs britanniques trouveront cette perspective profondément inquiétante.

Robert Philpot est écrivain et journaliste. Il est l’ancien rédacteur en chef du magazine « Progress » et auteur de « Margaret Thatcher : The Honorary Jew ».

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