Un Arabe israélien qui a tué un soldat accueilli en héros après sa libération
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Un Arabe israélien qui a tué un soldat accueilli en héros après sa libération

Rushdi Hamdan Abu Mukh, qui a passé 35 ans derrière les barreaux, a paradé dans les rues de Baqa al-Gharbiyye; la famille de la victime demande la révocation de sa citoyenneté

Le terroriste Rushdi Hamdan Abu Mukh accueilli à sa libération de prison dans sa ville natale de Baqa al-Gharbiyye, le 5 avril 2021. (Capture d'écran : Twitter)
Le terroriste Rushdi Hamdan Abu Mukh accueilli à sa libération de prison dans sa ville natale de Baqa al-Gharbiyye, le 5 avril 2021. (Capture d'écran : Twitter)

Ce sont des centaines de résidents de la ville arabe israélienne de Baqa al-Gharbiyye qui ont accueilli en héros, lundi, un résident qui a été libéré après avoir passé 35 années en prison pour le meurtre d’un soldat israélien en 1984.

Rushdi Hamdan Abu Mukh était membre de la cellule terroriste qui avait tué Moshe Tamam. Les autres membres de cette cellule du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) étaient, eux aussi, des citoyens arabes israéliens et ils avaient tous écopé d’une peine de prison à vie.

Des vidéos postées sur les réseaux sociaux ont montré Abu Mukh accueilli avec ferveur et avec enthousiasme, et paradant dans l’une des principales rues de la ville. Aucun député arabe n’aurait assisté à cette arrivée d’Abu Mukh dans sa localité d’origine, même si Ibrahim Sarsour, ex-législateur et ancien dirigeant du parti Raam, qui cherche aujourd’hui à intégrer une coalition au pouvoir suite aux élections du mois dernier, se trouvait là-bas.

Abu Mukh a remercié tous les habitants venus le saluer, disant que « j’ai attendu ce jour après tant d’années difficiles », a fait savoir le site Ynet. « Les résidents m’ont ému », a-t-il ajouté.

La famille Tamam a appelé le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri et le ministre de la Sécurité intérieure Amir Ohana à révoquer la citoyenneté d’Abu Mukh.

Deri a consulté des responsables sécuritaires pour s’enquérir de leur positionnement sur le sujet – comme l’exige toute affaire impliquant une révocation de citoyenneté – mais le ministère de l’Intérieur a fait savoir que les officiels étaient opposés à cette idée, a noté le site d’information. Deri pourrait réclamer une réunion en urgence pour débattre de la question.

« En tant que famille, nous avons aujourd’hui le cœur brisé », a commenté la nièce de Tamam, Ortal Tamam, auprès de Ynet. « Voir le meurtrier de mon oncle libéré, traité en héros, reçu avec adoration et savoir qu’il va reprendre son quotidien dans une communauté proche du foyer de ma famille me brise le cœur. »

A l’origine, la cellule du FPLP d’Abu Mukh avait prévu de kidnapper un soldat et de le transférer en Syrie pour avoir une monnaie d’échange pour faire libérer des terroristes emprisonnés, décidant finalement de tuer Tamam après l’avoir enlevé au carrefour de Netanya, alors qu’il rentrait chez lui depuis sa base. Il avait été assassiné plus tard, à proximité de la ville de Jénine en Cisjordanie.

Les forces de sécurité avaient arrêté les membres de la cellule, qui avaient été condamnés en 1986 à la prison à vie. Mais, en 2012, le président de l’époque, Shimon Peres, avait décidé de réduire la peine d’Abu Mukh à 35 ans.

La famille d’Abu Mukh a déclaré à Ynet que l’homme n’avait pas été directement impliqué dans la mort de Tamam et qu’il s’était opposé au meurtre du soldat.

« Aujourd’hui, il est libéré et nous avons tout préparé pour lui de manière à ce que nous puissions l’accueillir le mieux possible », a confié un membre de la famille au site internet.

Abu Mukh serait l’un des prisonniers recevant le plus de fonds mensuels de la part de l’Autorité palestinienne dans le cadre d’un programme controversé qui récompense financièrement les personnes commettant des attentats terroristes contre les Israéliens.

Le parti Raam, dont l’ancien leader Sarsur s’est rendu à la cérémonie organisée pour accueillir Abu Mukh, joue aujourd’hui un rôle d’arbitre potentiel dans la formation de la prochaine coalition suite aux résultats non-concluants des élections qui ont eu lieu le mois dernier.

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