Un conseiller municipal juif de Créteil retrouvé mort à son domicile
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Un conseiller municipal juif de Créteil retrouvé mort à son domicile

Les sources judiciaires n'ont écarté aucune piste pour élucider la mort d'Alain Ghozland ; Le BNVCA a exprimé son intention de se porter partie civile

Alain Ghozland (Crédit : Capture d’écran Facebook)
Alain Ghozland (Crédit : Capture d’écran Facebook)

Alain Ghozland, conseiller municipal de Créteil (Les Républicains), âgé de 73 ans et originaire d’Algérie, a été retrouvé mort ce matin à son domicile de la rue du Général-Larminat, rapporte Métro News.

Le conseiller a été retrouvé par son frère à son domicile. Le frère explique qu’il ne l’avait pas vu la veille à la synagogue. Inquiet, il s’est alors rendu à son appartement où, découvrant le corps de son frère, a appelé les secours.

La cause de la mort est encore inconnue, cependant des éléments de l’enquête soulignent que l’appartement aurait été fouillé de fond en comble. De plus le véhicule du conseiller municipal a disparu. Néanmoins, d’après Europe 1, la porte d’entrée du domicile n’aurait pas été fracturée.

Un proche de la victime a déclaré à Metro News que le corps d’Alain Ghozland « présentait des traces d’ecchymoses ». Cette même personne a indiqué que des coups de couteau auraient été également visibles sur la victime. « Certes, des lésions ont été relevées par les médecins à la découverte du cadavre. Mais il est encore trop tôt pour dire qu’elles ont été commises par un couteau », indique une source judiciaire, citée par Metro News.

Une source judiciaire a déclaré « qu’aucune piste n’est écartée ». Le parquet de la ville à ouvert une enquête pour « homicide volontaire » auprès de la brigade criminelle de la police judiciaire de Paris.

En début de soirée, le site RTL a rapporté que « son corps a été retrouvé lardé de plusieurs coups de couteau, » sans préciser la source.

D’après Le Figaro, « selon les premières constatations, il a été violemment frappé, des traces d’effraction ont été relevées, décrivent des sources policières. L’appartement présente un grand désordre et la voiture et des cartes bancaires de la victime ont disparu. » Contredisant la thèse d’Europe 1 sur l’effraction.

« C’était une personnalité appréciée de tout le monde. Je ne lui connaissais aucun ennemi. Donc, on est sous le choc, » témoigne un ami de la victime, Michel Zerbib, au micro d’Europe 1.

Joint par l’AFP, le maire PS de Créteil, Laurent Cathala, qui s’est rendu sur place, a salué « un conseiller municipal d’opposition apprécié de tout le monde », « un humaniste » élu depuis 1995. Il vivait seul avec sa mère qui n’était pas au domicile au moment du drame, selon le maire, repris par Le Figaro.

Thierry Hebbrecht, président du groupe Les Républicains était « effondré » mardi matin, a rapporté par Le Parisien, qui espère que c’est un « crime crapuleux ».

http://dai.ly/x3m2me4

La famille d’Alain Ghozland, qui était très impliquée dans la communauté juive de Créteil (Val-de-Marne), a souligné des questionnements sur le caractère potentiellement antisémite de l’affaire. Le corps va être autopsié.

Le BNVCA, dans un communiqué, a demandé que « tout soit mis en œuvre pour explorer toutes les pistes y compris les pistes islamo-terroristes et antisémites. »

Le BNVCA a présenté, dans un communiqué, ses condoléances à la famille en rendant hommage à Alain Ghozland.

« Monsieur Ghozland, était une personnalité connue, aimée et appréciée à la fois de la communauté juive et des citoyens de Créteil. Il a été près de 30 ans, conseiller municipal d’opposition. La nouvelle de sa mort dans ces circonstances provoque une très forte émotion. Il était le fils du fondateur de la communauté juive de Créteil. »

Le BNVCA a exprimé son intention de se porter partie civile.

Plusieurs personnalités politiques ont réagi suite à la triste nouvelle :

La ville de Créteil, foyer d’une grande communauté juive, a fait l’objet de nombreuses attaques antisémites en 2014 poussant les autorités françaises à décréter l’antisémitisme, grande cause nationale.

Les 7 novembre et 1er décembre 2014, deux agressions ont eu lieu dans des immeubles adjacents de la ville. Elles survenaient à la suite d’une longue série d’attaques contre des juifs de la ville, dont une en mai 2014, quelques heures après une fusillade au Musée juif de Bruxelles faisant trois morts et un blessé grave, mettant fin à un climat de sérénité et d’entente dans cette localité à la population cosmopolite et hétérogène.

La première avait visé un septuagénaire, Simon Elmaleh, roué de coups et dépouillé à son domicile. La seconde, apparemment due au même trio de malfaiteurs, s’est soldée par l’agression physique d’un jeune couple, le vol de leurs bijoux de leurs cartes bancaires et le viol de la jeune femme.

En 2006, Ilan Halimi, un jeune employé juif, originaire de Créteil, avait été séquestré, torturé et tué par une bande surnommée « le gang des barbares », qui l’avait enlevé et avait demandé une rançon à sa famille en tablant sur sa supposée richesse. Le chef de bande, Youssouf Fofana, a été condamné à la perpétuité en décembre 2010.

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