Un député du Likud propose une loi visant à interdire l’UNRWA
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Un député du Likud propose une loi visant à interdire l’UNRWA

L'ex-maire de Jérusalem Nir Barkat estime que l'organe onusien perpétue le conflit, détruit les chances de paix, par sa "corruption et sa mauvaise gestion"

Le député du Likud Nir Barkat lors d'une réunion de faction avant la cérémonie de prestation de serment de la nouvelle Knesset, le 30 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Le député du Likud Nir Barkat lors d'une réunion de faction avant la cérémonie de prestation de serment de la nouvelle Knesset, le 30 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le député Likud Nir Barkat a proposé jeudi une loi visant à interdire l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens, jugeant qu’elle détruit les chances de paix dans la région.

L’ancien maire de Jérusalem a expliqué que son projet de loi mettrait fin à toutes les activités de l’UNRWA dans les territoires sous contrôle israélien d’ici le 1er janvier 2020 et fermerait également ses bureaux installés à Jérusalem-Est.

« L’existence continue de cette agence en Israël ne fait qu’éloigner notre région des espoirs de véritable coexistence et nuit profondément aux intérêts-mêmes de la communauté arabe qu’elle est censée servir », a fait savoir Nir Barkat dans un communiqué.

Il a indiqué que sa loi était soutenue par tous les partis de droite siégeant à la Knesset et a obtenu le soutien de la majorité des 120 députés.

Le communiqué de Barkat évoque la « corruption et la mauvaise gestion croissantes » au sein de l’organisme, soulignant le scandale d’abus sexuels et de corruption impliquant le chef de l’UNRWA ayant récemment démissionné, Pierre Krahenbuhl.

Les Palestiniens reçoivent de l’aide alimentaire dans un entrepôt de l’UNRWA, dans le camp de réfugiés de Shati, à Gaza, le 14 janvier 2018. (Crédit : AP Photo/Khalil Hamra)

Barkat n’a pas précisé quand il comptait présenter la loi en séance plénière, mais l’impasse politique actuelle compliquera probablement son initiative.

À son départ de la mairie de Jérusalem, il avait exprimé son intention d’exclure l’UNRWA de Jérusalem-Est.

« L’ère de l’UNRWA est révolue », avait-il déclaré durant sa visite d’octobre 2018 du camp de réfugiés de Shuafat. « L’heure est venue de mettre fin au mensonge des réfugiés à Jérusalem. Il n’y a pas de réfugiés dans notre ville, uniquement des résidents. Ils doivent avoir accès aux services de la ville, comme tous les résidents. »

L’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens dans le Proche-Orient a été créée après la guerre qui a suivi la création d’Israël en 1948 pour aider les 700 000 Palestiniens qui ont fui ou ont été forcés de quitter leur foyer. Aujourd’hui, elle fournit des services éducatifs, sanitaires et sociaux à 5,3 millions de Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, ainsi qu’en Jordanie, en Syrie et au Liban. Elle emploie près de 30 000 personnes, principalement palestiniennes, et l’Assemblée générale de l’ONU a renouvelé son mandat jusqu’à 2023.

Israël l’accuse de perpétuer le conflit israélo-palestinien en appliquant le statut de réfugiés à des millions de descendants, plutôt qu’aux réfugiés d’origine uniquement comme c’est le cas de la plupart des populations déplacées dans le monde.

L’administration Trump a formulé des critiques similaires et a suspendu, en 2018, les aides versées avant d’y mettre fin définitivement.

Pierre Krahenbuhl, Commissaire général de l’UNRWA, assiste à une cérémonie marquant le début de l’année scolaire dans une école de l’UNRWA dans le camp de réfugiés palestiniens Al-Wehdat, à Amman, le 2 septembre 2018. (Photo AP / Raad Adayleh)

L’UNRWA conteste et estime que, sans elle, les services qu’elle fournit manqueraient aux Palestiniens.

Début novembre, Pierre Krahenbuhl avait démissionné à la suite d’un rapport éthique interne ayant révélé « des problèmes de gestion liés spécifiquement au commissaire-général ». Le document faisait état d’allégations « crédibles et corroborées » de graves violations éthiques, notamment concernant le Suisse Pierre Krahenbuhl.

Parmi les accusations figuraient celles « d’agissements à caractère sexuel inappropriés, népotisme, représailles, discriminations et autres abus d’autorité, (commis) à des fins personnelles, pour réprimer des divergences d’opinion légitimes », selon le rapport.

Pierre Krahenbuhl aurait lui-même noué une relation amoureuse avec sa conseillère principale, nommée en 2015, après un processus de recrutement « extrêmement rapide », précisait le document.

Pour le ministère israélien des Affaires étrangères, la mauvaise gestion présumée au sein de l’agence donnait crédit aux critiques qu’il a formulées et a appelé à la publication exhaustive des résultats de l’enquête.

Plusieurs pays ont suspendu leurs aides dans l’attente des résultats de l’enquête sur les faits de mauvaise gestion présumés.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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