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Un ex-juge de la Cour suprême accuse Netanyahu d’avoir voulu « écraser » le système

Israël était "proche" de l'effondrement démocratique, selon Menachem Mazuz, qui qualifie la première comparution de l'ex-Premier ministre de "scène effrayante"

Le juge de la Cour suprême Menachem (Meni) Mazuz à la résidence du président à Jérusalem, le 10 novembre 2014. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le juge de la Cour suprême Menachem (Meni) Mazuz à la résidence du président à Jérusalem, le 10 novembre 2014. (Yonatan Sindel/Flash90)

Dans une interview accordée au quotidien Haaretz et publiée vendredi, Menachem Mazuz, juge de la Cour suprême récemment retraité, a accusé l’ancien Premier ministre, Benjamin Netanyahu, d’avoir tenté « d’écraser » le système judiciaire.

« Il y avait une tentative permanente d’écraser la police, le ministère public [de l’État], le procureur général, les tribunaux », a-t-il dit.

« Le système judiciaire est censé équilibrer le pouvoir du gouvernement, et dès qu’il s’effondre – toute la structure s’effondre. Nous avons des exemples dans la région, pas très loin d’ici, qui montrent comment un système démocratique s’effondre. Nous étions proches, sans aucun doute », a dit cet ancien juge, retraité depuis avril.

« Dans le passé, ces attaques venaient des marges. Cette fois-ci, elles sont venues du Premier ministre, le point culminant étant bien sûr sa comparution en tant qu’accusé au tribunal, avec des ministres du gouvernement derrière lui. C’était une scène effrayante tirée d’un film de fiction », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, entouré des députés du Likud, fait une déclaration télévisée avant le début de son procès pour corruption au tribunal de district de Jérusalem, le 24 mai 2020. Parmi les ministres du Likud photographiés (de gauche à droite) figurent Amir Ohana, Miri Regev, Israel Katz, Tzachi Hangebi, Yoav Gallant et David Amsalam. (Yonatan Sindel/Flash90)

Menachem Mazuz faisait référence à l’apparition de Benjamin Netanyahu à l’extérieur du tribunal au début de son procès pour corruption en mai 2020. Flanqué de ministres et de législateurs de son parti, le chef du Likud avait ouvertement critiqué la police et les procureurs et devenait le premier Premier ministre israélien à être jugé pour des accusations criminelles pendant son mandat.

« Des éléments de la police et du bureau du procureur de l’État se sont associés à des journalistes de gauche… pour monter des dossiers sans fondement contre moi », avait-il notamment dit.

En 2018, Menachem Mazuz a suscité la controverse lorsqu’un enregistrement de lui, dans lequel il semblait critiquer le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été diffusé. Il dénonçait notamment un « manque de leadership » dans le cadre d’enquêtes criminelles impliquant le Premier ministre et ses associés.

Avant d’être nommé à la magistrature en 2014, Menachem Mazuz a été procureur général de 2004 à 2010.

L’ancien Premier ministre Ehud Olmert quitte la prison de Ramle à Ma’asiyahu le 2 juillet 2017, après sa libération. (Hadas Parush/Flash90)

Il est surtout connu pour avoir inculpé l’ancien Premier ministre Ehud Olmert pour corruption lorsqu’il était procureur général. Il a permis à l’ancien président Moshe Katsav d’être inculpé pour des délits sexuels et à l’ancien ministre des Finances Avraham Hirschson pour corruption. Il a également décidé de ne pas inculper l’ancien Premier ministre Ariel Sharon dans une affaire de corruption baptisée « l’Affaire des îles grecques ».

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

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