Un générique anti-cholestérol atténue la COVID-19 – Étude israélienne
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Un générique anti-cholestérol atténue la COVID-19 – Étude israélienne

On observe, chez les patients traités au fénofibrate, des résultats "stupéfiants" comparés aux autres malades du corona, selon une équipe de l'université hébraïque de Jérusalem

Une gélule de fénofibrate. (Crédit : domaine public/ Dennis Sylvester Hurd, Flickr)
Une gélule de fénofibrate. (Crédit : domaine public/ Dennis Sylvester Hurd, Flickr)

Des chercheurs de Jérusalem affirment avoir montré qu’un médicament existant, utilisé pour abaisser le taux de lipides, diminue considérablement l’intensité de COVID-19, après avoir mené une étude comparative de 1 500 dossiers médicaux de patients hospitalisés.

Le fénofibrate, un médicament générique qui réduit les graisses et qui est parmi les médicaments les plus prescrits aux États-Unis, semble donner aux patients un avantage « stupéfiant » dans la lutte contre la maladie, a déclaré le professeur Yaakov Nahmias de l’Université hébraïque de Jérusalem au Times of Israel.

« C’est un médicament bon marché et largement disponible avec des effets secondaires minimes, et nous avons constaté avec enthousiasme que tous les principaux biomarqueurs indiquent qu’il réduit la gravité de la COVID-19 », a déclaré Nahmias dimanche.

Nahmias a passé six mois à analyser l’impact des nombreux médicaments différents pris par 1 500 patients atteints de coronavirus traités dans deux hôpitaux israéliens.

L’étude a porté sur 13 sujets qui prenaient régulièrement du fénofibrate, et ce avant qu’ils ne contractent le coronavirus, afin d’abaisser leur taux de lipides. Le résultat, un rétablissement plus rapide que prévu d’une pneumonie induite par le virus, concorde avec son hypothèse antérieure selon laquelle les lipides jouent un rôle dans la gravité de la maladie.

Si les 13 patients avaient réagi au COVID-19 avec le même niveau de gravité que les autres patients de l’étude, il y aurait eu au moins deux décès et six admissions en soins intensifs parmi les patients traités par le fénofibrate, mais il n’y a eu aucun décès et une seule admission en soins intensifs.

Le professeur Yaakov Nahmias de l’Université hébraïque de Jérusalem à droite) (Autorisation : Université hébraïque de Jérusalem)

Les résultats des essais cliniques sont encore nécessaires, mais il y a maintenant une chance « très élevée » que le fénofibrate devienne un traitement commun pour le coronavirus dans quelques mois, a déclaré Nahmias, directeur du Centre de bio-ingénierie de l’Université hébraïque.

Avant même que l’étude sur les patients ne soit terminée, un essai clinique international a été lancé par l’université de Pennsylvanie, et il commence maintenant un essai clinique dans la ville israélienne d’Ashkelon.

Nahmias a souligné que les programmes de vaccination ne réduisent pas l’importance du fénofibrate ; il faudra beaucoup de temps avant que le monde entier ne soit vacciné et que ses recherches sur les médicaments puissent encore sauver de nombreuses vies. Il a fait remarquer que même après la vaccination, certaines personnes seront encore infectées, et que des médicaments seront donc encore nécessaires.

En juin, Nahmias avait annoncé que les expériences menées dans son laboratoire indiquaient que le fénofibrate pouvait aider les patients atteints de coronavirus.

Le médicament, qui est vendu sous plusieurs marques, est le 73ème médicament le plus prescrit aux Etats-Unis. Il est conçu pour réduire les lipides connus sous le nom de triglycérides, le type de graisse le plus courant.

« Nous avons suggéré en juin que l’accumulation de lipides nuit aux patients atteints de COVID, et cette étude le démontre précisément », a-t-il déclaré dimanche. « Si vous encouragez la dégradation des lipides, vous résolvez l’inflammation plus rapidement et vous avez moins de mortalité ».

Image illustrative : Rendu 3D du coronavirus attaquant un poumon atteint de pneumonie sévère. (iStock)

La mise à l’épreuve de cette idée, basée sur les données des patients du centre médical Sourasky de Tel Aviv et du centre médical Hadassah de Jérusalem, a non seulement ouvert la voie à une nouvelle option de traitement possible, mais pourrait également éclairer les raisons pour lesquelles les patients souffrant d’obésité et de taux élevés de graisse dans leur corps sont si durement touchés par COVID-19.

Nahmias a souligné que sa dernière analyse, qui doit encore faire l’objet d’une évaluation par ses pairs, a été réalisée en utilisant un système scientifique appelé « appariement des scores de propension », ce qui signifie que les antécédents médicaux, l’âge, le sexe et les autres facteurs de risque sont identiques.

« Nos statistiques étaient très solides », a-t-il déclaré. « Sur la base de l’échantillon global, les patients qui prenaient du fénofibrate avant et pendant leur infection à la COVID-19, il aurait dû y avoir deux à trois décès, et il aurait dû s’écouler environ 14 jours pour que leur pneumonie se résorbe.

« Mais il n’y a eu aucun décès, moins d’admissions aux soins intensifs que prévu, et bien que tous les patients [fénofibrate] aient eu une pneumonie, il leur a fallu trois à cinq jours pour s’en remettre. C’est stupéfiant ».

La composition chimique du médicament contre le cholestérol fenofibrate. Les atomes sont représentés comme des sphères avec le code couleur conventionnel : hydrogène (blanc), carbone (gris), oxygène (rouge), chlore (vert) (Crédit : iStock)

Oren Shibolet, un médecin-chef du centre médical Sourasky de Tel Aviv qui a fourni à Nahmias des données sur les patients atteints de coronavirus de son institution, a déclaré que bien que seuls 13 patients atteints du coronavirus et traités au fénofibrate aient été étudiés, les résultats sont importants.

« Les différences observées entre eux et les autres patients étaient très significatives statistiquement, ce qui signifie que cela ne peut pas être expliqué par le hasard », a-t-il déclaré. « Il y a un certain phénomène biologique chez ces patients. »

Nahmias a déclaré que son équipe a également constaté que les patients prenant du fénofibrate présentaient des signes de meilleure fonction pulmonaire, de meilleures fonctions respiratoires et des niveaux de protéine C-réactive, qui sont un indicateur d’inflammation pulmonaire, que les autres patients, y compris ceux qui prennent des statines.

Nahmias a récemment commencé une étude clinique de phase 3a du médicament sur des patients atteints de coronavirus à l’hôpital Barzilai d’Ashkelon. L’étude est en partie financée par les laboratoires Abbott, qui vendent le médicament sous le nom de Tricor et qui a fait l’objet d’un examen minutieux dans les milieux universitaires pour sa commercialisation zélée. Toutefois, Nahmias a précisé qu’avant cela, il n’avait reçu aucun financement de la part des différentes firmes qui fabriquent des médicaments basés sur le fénofibrate générique.

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