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Un hommage à trois Justes parmi les Nations dans les Alpes-de-Haute-Provence

L'évènement, organisé le 18 septembre, saluera la mémoire de Marie Durandy, son mari Timothée et leur fils Yves, qui ont sauvé Mark et Irène Nekhom pendant la Shoah

Le village de Sausses, dans les Alpes-de-Haute-Provence. (Crédit : Alpes-de-Haute-Provence / CC BY 2.0)
Le village de Sausses, dans les Alpes-de-Haute-Provence. (Crédit : Alpes-de-Haute-Provence / CC BY 2.0)

Un hommage sera rendu le 18 septembre prochain à trois Justes parmi les Nations à Sausses, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Ces trois personnes sont Marie Durandy, son mari Timothée et leur fils Yves.

L’évènement est organisé par l’association « Infos Des Vallées », avec la commune de Sausses, en présence de M. Coen, directeur régional de Yad Vashem, et des petits-enfants d’Yves Durandy.

Reconnus Justes en 2002, une cérémonie avait alors été organisée à Nice deux ans plus tard, et non dans leur ville de Sausses.

Dans le cadre des festivités, l’esplanade du village sera rebaptisée du nom d’Yves Durandy et une plaque sera déposée sur le mur de leur maison familiale.

C’est là que deux enfants juifs, Mark et Irène Nekhom, ont été cachés pendant la Shoah.

À cette période, un certain Auguste Massa, cantonnier, résidait avec sa femme à Nice. L’homme connaissait Yves Durandy, jeune secrétaire au poste de police du 6e arrondissement de la ville. Auguste croisait à l’occasion les membres de la famille Nekhom, des Juifs déchus de leur nationalité française, assignés à résidence à Nice, indique le Comité français pour Yad Vashem.

La famille avait loué une villa dans le quartier où Auguste travaillait. En février 1944, la Gestapo a effectué une descente à la villa des Nekhom. Par chance, leur fils Marc, 12 ans, était au lycée Massena et leur fille Irène, 20 ans, occupée ailleurs. Les parents ont eux échappé par miracle à l’arrestation.

Profitant d’un moment d’inattention des policiers, M. Nekhom a sauté par la fenêtre et, dans sa fuite, a croisé Auguste qui le prit sous sa protection et le cacha chez lui. Auguste partit ensuite au point de ralliement convenu par la famille pour les cas de danger, afin de chercher Mme Nekhom et ses enfants. Il hébergea le couple et le jeune Marc pour la nuit, alors qu’Irène trouvait refuge auprès de connaissances.

Le lendemain, il a fait venir à son domicile Yves Durandy, affilié au « Réseau Tartare » de la Résistance. Le policier enregistra une plainte pour vol à la villa, comme si les Nekhom s’étaient rendus eux-mêmes au commissariat, de sorte qu’ils puissent ultérieurement revendiquer des réparations. Il hébergea ensuite le couple chez ses parents, Thimothée et Marie Durandy, qui ont mis à leur disposition une maison ancestrale qu’ils possédaient à Sausses, village de 60 habitants dans l’arrière-pays niçois. Marie, employée des chemins de fer, a d’abord organisé le transfert des parents en train, puis celui des enfants. Yves est revenu à Sausses leur apporter des faux papiers et les recommander au curé pour qu’il leur fournisse des titres de ravitaillement. Ils y sont finalement restés jusqu’à la libération.

« Rescapés d’une chasse-poursuite dramatique, le couple Nekhom et ses deux enfants ont survécu grâce à la bravoure héroïque de leurs sauveurs », écrit Yad Vashem.

Outre la famille Durandy, Auguste Massa et sa femme ont eux aussi été reconnus Justes parmi les Nations.

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