Un politicien espagnol d’origine palestinienne refusé d’entrée en Israël
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Un politicien espagnol d’origine palestinienne refusé d’entrée en Israël

Fouad Ahmad Assadi, du parti espagnol au pouvoir, venait en Israël pour une conférence à Ramallah et a été refoulé à Ben Gurion pour des "raisons de sécurité" non précisées

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Les voyageurs font la queue au contrôle des passeports de l'aéroport international Ben Gurion en Israël. (Yossi Zamir / Flash90)
Les voyageurs font la queue au contrôle des passeports de l'aéroport international Ben Gurion en Israël. (Yossi Zamir / Flash90)

Un membre du parti politique au pouvoir en Espagne, dont la famille descend de réfugiés palestiniens, a été interdit d’entrée en Israël plus tôt cette semaine parce qu’il a été considéré comme une menace pour la sécurité nationale.

Fouad Ahmad Assadi, né au Liban, est arrivé en Israël pour participer à la conférence annuelle de l’Internationale socialiste, qui se tient à Tel Aviv et à Ramallah, mais il a été bloqué à l’aéroport Ben Gurion et renvoyé en Espagne, a annoncé mardi le quotidien Haaretz.

Le service de sécurité du Shin Bet a déclaré que l’entrée d’Assadi avait été refusée pour des « raisons de sécurité », mais il n’a pas spécifié les raisons.

Assadi, un membre du parti socialiste espagnol, est arrivé dimanche soir et a été immédiatement interrogé par des officiels de la sécurité qui lui ont dit qu’il ne pourrait pas entrer dans le pays.

Dans un communiqué adressé à Haaretz, le Shin Bet a déclaré qu’Assadi, dont les parents sont des réfugiés palestiniens, a déjà été refusé d’entrée en Israël dans le passé.

« L’entrée de M. Fouad en Israël a été interdite dans le passé et maintenant aussi pour des raisons de sécurité, a expliqué l’agence. A son arrivée, M. Fouad a été interrogé par les autorités de la sécurité, et, comme cela lui a été expliqué, son entrée a été interdite en raison de craintes que son séjour en Israël pourrait constituer un danger pour la sécurité nationale ».

Assadi a déclaré au journal qu’il vit en Espagne depuis 40 ans et qu’il s’est rendu en Israël, à de nombreuses reprises. Il a évoqué l’hypothèse que son entrée avait été refusée parce qu’il a rendu visite à des proches en Syrie, où il a aussi des affaires. Assadi a déclaré qu’il croit en la paix et soutient la solution à deux Etats pour mettre un terme au conflit israélo-palestinien, mais qu’à en croire son expérience en Israël, « personne ne semble vraiment le vouloir dans le pays ».

Le communiqué du Shin Bet n’expliquait pas pourquoi Fouad est considéré comme une menace sécuritaire. les participants à la conférence d’Albanie et du Kosovo ont également déclaré à Haaretz qu’ils avaient été interrogés à l’aéroport, mais qu’ils ont finalement pu entrer dans le pays et participer à l’événement.

Environ 100 personnes de 25 pays ont participé à la conférence. Mardi, des représentants israéliens du parti de gauche Meretz, dont la députée Tamar Zandberg et les anciens députés Mossi Ratz, Colette Avital et Avshalom Vilan ont participé à la conférence à Ramallah. La délégation israélienne a rencontré le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le Premier ministre Mohamed Shtayyeh.

En 2017, Israël a adopté une loi polémique qui permet au ministère de l’Intérieur d’expulser et de refuser l’entrée aux soutiens du mouvement BDS contre le pays.

L’activiste espagnole du boycott Ana Sanchez Mera du comité national BDS s’est vue refuser l’entrée en Israël en 2018 sur les instructions du ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, à la suite d’une recommandation du ministère des Affaires stratégiques Gilad Erdan, en charge de la campagne visant à contrer les campagnes de boycott.

La loi a aussi été appliquée à plusieurs autres cas, y compris pour l’activiste pro-palestinien Ariel Gold, un juif américain qui n’a pas pu entrer dans le pays en 2018.

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