Un rassemblement de la Nakba face à une manif de droite à l’université de Tel Aviv
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Un rassemblement de la Nakba face à une manif de droite à l’université de Tel Aviv

Les militants ont utilisé un Pinocchio de 4,5m à côté de la commémoration palestinienne “pour souligner le mensonge de la Nakba”

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

L'évènement commémorant la Nakba à l'université de Tel Aviv, le 15 mai 2016. (Crédit : porte-parole de la Liste arabe unie)
L'évènement commémorant la Nakba à l'université de Tel Aviv, le 15 mai 2016. (Crédit : porte-parole de la Liste arabe unie)

Deux cent juifs et arabes ont assisté à une cérémonie dimanche à l’université de Tel Aviv pour marquer le 68e anniversaire de la « Nakba » palestinienne, un terme arabe utilisé par les Palestiniens pour parler de la « catastrophe » de la création de l’Etat d’Israël en 1948.

L’évènement a eu lieu, comme les autres années, devant l’entrée principale de l’université plutôt que dans l’enceinte de l’institution.

Suite à des instructions sur la page Facebook de l’évènement, beaucoup de participants portaient du noir et n’avaient pas apporté de symboles partisans, comme des drapeaux palestiniens. Des photos de l’évènement ont cependant montré un drapeau palestinien placé sur le podium des orateurs.

Plusieurs députés de la Liste arabe unie se sont rendus à l’évènement, comme la tête de liste Ayman Odeh, Hanin Zoabi, Dov Khenin et Jamal Zahalka.

« La Nakba est notre catastrophe : 531 villages ont été détruits et des familles entières ont perdu leur monde », a déclaré Odeh pendant l’évènement.

Les députés Ayman Odeh (au centre) et Jamal Zahalka (à droite) de la Liste arabe unie pendant l'évènement commémorant la Nakba à l'université de Tel Aviv, le 15 mai 2016. (Crédit : porte-parole de la Liste arabe unie)
Les députés Ayman Odeh (au centre) et Jamal Zahalka (à droite) de la Liste arabe unie pendant l’évènement commémorant la Nakba à l’université de Tel Aviv, le 15 mai 2016. (Crédit : porte-parole de la Liste arabe unie)

Le dirigeant de la Liste arabe unie a continué : « Il est important de commémorer cette journée, particulièrement à Tel Aviv, avec un message pour tous les citoyens d’Israël : la Nakba n’est pas simplement un passé douloureux, mais aussi une possibilité de futur partagé. Ce n’est qu’après la reconnaissance des crimes du passé que nous serons capables de construire une société partagée basée sur l’égalité et le respect mutuel. »

Osama Saadi, député de la Liste arabe unie, était également présent à la cérémonie, et a déclaré : « A cet évènement extrêmement symbolique à l’université de Tel Aviv, des étudiants arabes marchent la tête haute. D’une main ils portent la torche du savoir et de la connaissance, et de l’autre main la lutte pour la justice sociale et nationale ainsi qu’une paix juste entre deux nations, qui doit être basé sur le principe de reconnaissance de la Nakba du peuple palestinien. »

Les manifestants de l’association de droite Im Tirtzu avaient organisé une petite contre-manifestation à côté de l’évènement de la Nakba. Les contre-manifestants brandissaient des drapeaux israéliens, et des pancartes disant « Le jour de la Nakba est le jour du mensonge » et avaient installé un Pinocchio gonflable de 4,5 mètres de haut « pour souligner le mensonge de la Nakba », selon un communiqué d’Im Tirtzu.

Pendant l'évènement commémorant la Nakba à l'université de Tel Aviv, un Pinocchio de 4,5m de haut a été érigé par les manifestants de droite de l'association Im Tirtzu, le 15 mai 2016. (Crédit : Or Buchbut)
Pendant l’évènement commémorant la Nakba à l’université de Tel Aviv, un Pinocchio de 4,5m de haut a été érigé par les manifestants de droite de l’association Im Tirtzu, le 15 mai 2016. (Crédit : Or Buchbut)

Alors que l’année dernière, des affrontements avaient eu lieu pendant l’évènement de commémoration de la Nakba entre les participants et des manifestants de droite, cette année s’est déroulée sans violence.

Tous les mois de mai, les Palestiniens et les Arabes israéliens, dont beaucoup s’identifient comme Palestiniens, organisent des rassemblements pour commémorer la Nakba, la défaite et le déplacement de centaines de milliers d’arabes pendant la guerre de 1948 qui a permis à Israël de gagner son indépendance. Beaucoup de ces réfugiés et de leurs descendants, dont le nombre excède à présent cinq millions selon l’ONU, vivent en Cisjordanie et à Gaza, ou en Syrie, au Liban et en Jordanie.

Mardi, des milliers d’arabes israéliens ont participé à la 19e « Marche du Retour » annuelle, dans laquelle les participants affirment le droit des descendants de Palestiniens ayant fui Israël en raison de la guerre d’Indépendance de 1948 de pouvoir retourner dans les maisons qu’ils ont quittées, ou du moins sur leurs terres.

Adiv Sterman a contribué à cet article.

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