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Une 4e dose de vaccin contre la COVID-19 aurait peu d’effet chez les jeunes adultes

Une étude a couvert environ 600 travailleurs de santé de l'hôpital Sheba, dont 270 ont reçu une 4e dose de Pfizer ou Moderna quatre mois après avoir reçu la troisième

Une jeune Israélienne reçoit une dose du vaccinPfizer/BioNTech COVID-19 lors d'une campagne de la municipalité de Tel Aviv-Yafo pour encourager la vaccination des adolescents, le 5 juillet 2021, à Tel Aviv (Crédit : JACK GUEZ / AFP)
Une jeune Israélienne reçoit une dose du vaccinPfizer/BioNTech COVID-19 lors d'une campagne de la municipalité de Tel Aviv-Yafo pour encourager la vaccination des adolescents, le 5 juillet 2021, à Tel Aviv (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Une quatrième dose des vaccins actuels à ARN messager pourrait n’avoir qu’un « bénéfice marginal » contre les infections au COVID-19 chez les jeunes adultes en bonne santé, selon une étude israélienne publiée mercredi par le New England Journal of Medicine.

L’étude couvre environ 600 travailleurs de santé du centre médical Sheba, dont 270 ont reçu une quatrième dose des sérums Pfizer ou Moderna quatre mois après avoir reçu leur troisième dose. Le reste n’a reçu que trois doses de Pfizer.

D’une manière générale, la quatrième dose s’avère sûre et ramène le taux d’anticorps neutralisants, qui bloquent l’infection des cellules par le coronavirus, à son niveau d’après-troisième dose.

L’étude, qui a eu lieu au moment où le variant Omicron circulait à grande échelle en Israël, suggère toutefois que la quatrième dose apporte peu de protection additionnelle contre l’infection malgré la baisse graduelle du taux d’anticorps pour ceux ayant reçu trois doses.

La quatrième dose de Pfizer fait baisser de 30 % le risque d’être infecté par le COVID-19 par rapport à trois doses et celle de Moderna fait baisser ces risques de 18 %.

La protection contre les formes symptomatiques de la maladie est un peu meilleure que pour ceux ayant reçu trois doses : 43 % avec Pfizer et 31 % avec Moderna.

Un flacon de vaccin Pfizer-Biontech COVID-19 dans une clinique de santé Clalit à Jérusalem, le 8 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Ces résultats suggèrent des bénéfices mineurs mais ils sont à prendre avec précaution, au vu du petit nombre de participants.

Selon leurs auteurs, dirigés par la professeure Gili Regev-Yochay, l’étude semble indiquer que les trois doses de vaccins élaborées contre la forme originelle du COVID-19 ont atteint un plafond en terme de réponse immunitaire et que les rappels ne font que restaurer cette immunité sans l’augmenter.

« De plus, nous avons observé une efficacité vaccinale faible contre les infections parmi le personnel de santé et une charge virale relativement haute suggérant que les patients infectés étaient contaminants. Donc, une quatrième dose ne pourrait avoir qu’un bénéfice marginal » pour eux.

Des experts extérieurs à l’étude ont estimé que cette étude montrait la nécessité de développer des nouveaux vaccins.

« Si Omicron continue à circuler et que nous utilisons encore les vaccins anti-COVID de première génération, je suis d’accord avec les conclusions des auteurs » pour les jeunes adultes en bonne santé, a commenté Julian Tang, virologue à l’université de Leicester.

« Une quatrième dose sera plus profitable aux personnes âgées et aux groupes plus vulnérables » comme ceux ayant des comorbidités, a-t-il ajouté.

« Dans l’idéal, nous avons besoin de nouveaux vaccins contre le COVID-19 élaborés spécifiquement contre Omicron si on veut améliorer la protection des plus vulnérables, comme lorsqu’on développe chaque année le vaccin contre la grippe », a-t-il dit.

L’alliance Pfizer-BioNTech a annoncé mardi avoir demandé à l’agence américaine des médicaments d’autoriser une quatrième dose de leur vaccin contre le COVID-19 chez les personnes de 65 ans et plus.

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