Une autre élue du Likud dénonce la loi sur l’immunité de Netanyahu
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Une autre élue du Likud dénonce la loi sur l’immunité de Netanyahu

Sharren Haskel estime que le soutien acharné de Bezalel Smotrich à cette loi sur l'immunité s'explique par le fait qu'il "sait que cela nous cause du tort, au Likud"

La députée du Likud Sharren Haskel (g) et le député Bezalel Smotrich à une conférence à Jérusalem le 27 mai 2018. (Crédit : Gershon Elinson/ Flash90)
La députée du Likud Sharren Haskel (g) et le député Bezalel Smotrich à une conférence à Jérusalem le 27 mai 2018. (Crédit : Gershon Elinson/ Flash90)

Une députée de la Knesset a rejoint de deux ses collègues dimanche dans sa critique d’un présumé projet de loi qui protégerait le Premier ministre Benjamin Netanyahu des poursuites, affirmant que l’adoption d’un tel texte pourrait causer du tort au parti.

« Suis-je mal à l’aise avec le fait que [Bezalel] Smotrich tente d’insérer une [clause sur l’immunité] dans les accords de coalition ? », a demandé Sharren Haskel à la radio 101.5 dimanche, en référence au député de l’Union des partis de droites, qui soutient un projet de loi qui accorderait systématiquement l’immunité parlementaire aux élus. « Oui, cela me met mal à l’aise. »

Haskel a ajouté que le soutien acharné de Smotrich à cette loi sur l’immunité s’explique par le fait qu’il « sait que cela nous cause du tort, au Likud ».

Malgré ses critiques, Haskel n’a pas explicitement dit qu’elle s’opposerait au texte de loi s’il était soumis au vote de la Knesset.

Sharren Haskel est la troisième députée du Likud à s’exprimer contre cette loi, après Gideon Saar et Michal Shir.

Benny Begin, ancien député du Likud qui a quitté la politique, a également qualifié « d’erronées » les tentatives présumées de Netanyahu de s’assurer une immunité.

Le temps file

Alors que la date-butoir du 28 mai approche, et avec elle la limite pour former un gouvernement, les négociations de coalition semblent dans l’impasse et Netanyahu est sous pression pour finaliser sa coalition.

Si le Likud (35 sièges), n’a toujours pas signé d’accord avec des potentiels partenaires de coalition, le principal obstacle serait Yisrael Beytenu, le parti d’Avigdor Liberman, dont les 5 sièges sont cruciaux pour que Netanyahu obtienne la majorité sur les 120 sièges de la Knesset.

Sans Liberman, une coalition dirigée par le Likud ne compterait que 60 sièges; avec les 8 de Shas, les 8 de Yahadout HaTorah, les 4 de Koulanou et les 5 de l’Union des partis de droite, soit un de moins que la majorité.

Selon un reportage de la Douzième chaîne dimanche, un négociateur du Likud se serait approché le mois dernier du chef du parti travailliste Avi Gabbay, et de son numéro 2, Tal Russo, pour leur demander de rejoindre le gouvernement, mais a fait l’objet d’un rejet. Le Likud nie les faits.

Le chef du parti Travailliste Avi Gabbay et Tal Russo, membre du parti, lors d’une conférence de presse au Kibbutz Nahal Oz pendant une visite au sein des communautés du sud d’Israël, à la frontière de Gaza, le 7 mars 2019 (Crédit : Flash90)

Vendredi, la Douzième chaîne a rapporté que les responsables du parti d’opposition Kakhol lavan ont déclaré que des membres du Likud ont contacté Gadi Yevarkan, pour tenter de convaincre le jeune élu de changer de bord et de rejoindre le Likud.

Les responsables du Likud ont proposé au député d’origine éthiopienne le portefeuille de l’Immigration et de l’Intégration, que Liberman avait demandé pour son parti. Yevarkan, qui a intégré la Knesset sur la 33e place de la liste Kakhol lavan, a répondu aux membres du Likud qu’il respectait leur parti mais qu’il ne pouvait pas servir sous sa bannière, qu’il considère immorale, selon le reportage.

Le député de Kakhol lava Gadi Yevarkan. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Yevarkan était auparavant membre du Likud, et s’est présenté pour ce parti lors des élections de la 19e Knesset, mais n’a pas réussi à intégrer le Parlement.

Cette proposition n’était pas la première tentative du Likud d’attirer des élus d’oppositions.

Kakhol lavan a également remporté 35 sièges aux élections d’avril, mais n’a pas suffisamment de potentiels partenaires de coalition pour obtenir la majorité à la Knesset. Le parti organise un rassemblement intitulé « Bouclier de défense de la démocratie » samedi soir à la place Rabin de Tel Aviv, pour protester contre l’immunité que Netanyahu cherchait à se garantir

Gantz, et d’autres figures de proue du parti Kakhol lavan devraient prendre la parole lors de cet évènement.

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