Une élève de 7 ans forcée à passer une journée d’école en sous-vêtement
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Une élève de 7 ans forcée à passer une journée d’école en sous-vêtement

L'élève, qui est venue à l'école avec une robe sans manches, a été forcée à se changer, mais l'école ne lui a pas fourni de pantalon, seulement un t-shirt

Des élèves et enseignants portent des masques de protection alors qu'ils retournent en classe, à l'école Hashalom à Mevaseret Zion, à proximité de Jérusalem, le 17 mai 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Des élèves et enseignants portent des masques de protection alors qu'ils retournent en classe, à l'école Hashalom à Mevaseret Zion, à proximité de Jérusalem, le 17 mai 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Mercredi, le nouveau ministre israélien de l’Education a ordonné l’ouverture d’une enquête sur un incident survenu la veille. Une élève de 7 ans a été forcée par un enseignant à rester en sous-vêtement pendant des heures. Elle était venue à l’école avec une robe sans manches.

L’incident, qui s’est produit à Petah Tikva, a été très largement commenté dans les médias et a fait l’objet de nombreuses condamnations. Mercredi, des jeunes filles de différentes écoles ont manifesté contre ce qu’elles ont affirmé être une discrimination basée sur le genre : elles ne sont pas autorisées à venir à l’école en short, malgré la vague de chaleur, alors que les garçons y sont autorisés.

Lundi matin, l’élève de CE1 est arrivée à l’école vêtue d’une robe sans manches arborant l’emblème de l’école. Un enseignant a exigé qu’elle change de tenue et lui a donné un t-shirt, mais pas de pantalon, ont rapporté ses amis dans une publication sur Facebook.

Elle a été contrainte à rester en sous-vêtement pendant des heures. L’enseignant aurait dit à la classe qu’elle avait été envoyée à l’école habillée ainsi.

La mère de la fillette a indiqué mercredi qu’elle avait crié sur le professeur quand elle est venue récupérer sa fille. « L’enseignant a déclaré qu’il avait agi conformément aux règles parce que [le t-shirt qu’elle avait reçu] avait des manches ».

Les responsables de l’école n’ont pas répondu à ses nombreux appels, a dénoncé la mère.

« Ma fille est sous le choc, elle ne veut pas retourner à l’école et refuse de parler de l’incident, a-t-elle dit. Nous devrons aller voir un thérapeute pour en parler. Les garçons se sont moqués d’elle et elle a beaucoup pleuré, c’était très désagréable ».

Le ministre de l’Immigration, Yoav Gallant, lors d’un événement à Tel Aviv pour les soldats isolés servant dans l’armée israélienne, le 24 janvier 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Le nouveau ministre de l’Éducation Yoav Gallant, qui a pris ses fonctions cette semaine, a déclaré dans un tweet mercredi que l’incident était « grave et dérangeant ».

« Ce matin, j’ai donné l’ordre d’ouvrir une enquête dont les conclusions seront présentées au directeur général du ministère afin d’éviter des incidents similaires à l’avenir, a annoncé Yoav Gallant. Respecter les valeurs morales et la sécurité des élèves est un principe central du système éducatif ».

Selon le ministère de l’Éducation, alors que la question des codes vestimentaires relève de la responsabilité de chaque école, le ministère « est peiné par l’incident et note que l’on aurait pu faire preuve d’une plus grande sensibilité. La principale a été contactée, et c’est ce qui lui a été expliqué ».

Dans le même temps, cette semaine, en pleine reprise complète des cours après deux mois de confinement, et alors que le pays est traversé par une vague de chaleur inédite, plusieurs écoles ont fait l’objet de critiques pour avoir permis aux garçons de porter des shorts, mais pas aux filles.

Mercredi, un groupe d’une cinquantaine de filles ont manifesté devant leur école de Modiin.

« Nous en avons marre », a expliqué Mor, une élève, à la Douzième chaîne. « Selon le code vestimentaire, les shorts à hauteur de genou sont autorisés dans notre école. En pratique, les garçons sont autorisés à porter des pantalons plus courts. Après des années passées à dialoguer avec les responsables, nous en avons assez ».

« L’école nous a claqué la porte aux nez, et les enseignants sont venus nous parler en affirmant qu’il y avait une égalité complète à l’école et que nos démarches étaient indignes, a-t-elle ajouté. À supposer qu’il y ait de l’égalité, nous ne pensons pas que ce code vestimentaire soit approprié pendant une vague de chaleur extrême ».

La vague de chaleur étouffante a commencé samedi, avec des températures dépassant les 40°C dans de nombreux endroits. Cet épisode caniculaire devrait durer au moins jusqu’à jeudi. Les météorologues ont déclaré qu’il pourrait s’agir de la plus longue vague de chaleur de l’histoire d’Israël.

Des manifestations similaires ont été organisées devant des écoles à Rehovot et Raanana.

« Au lieu de nous considérer comme des élèves, notamment des élèves exemplaires pour certaines d’entre nous, ils se contentent de regarder nos vêtements, a déploré une élève de Rehovot. Une fois, j’ai été renvoyée chez moi, et c’était très humiliant ».

Les conditions météorologiques suffocantes ont conduit le ministère de la Santé à suspendre temporairement l’obligation pour les élèves du CM1 jusqu’à la Terminale de porter des masques en classe.

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