Une étude de l’université de Tel Aviv pourrait mener à un traitement contre les mélanomes
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Une étude de l’université de Tel Aviv pourrait mener à un traitement contre les mélanomes

Des chercheurs israéliens ont découvert comment le cancer de la peau se propage et ont trouvé des moyens pour arrêter le processus métastatique

Mélanome (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Mélanome (Crédit : Capture d'écran YouTube)

Des chercheurs de l’université de Tel Aviv (TAU) affirment avoir décrypté le mécanisme métastatique du mélanome, le plus agressif de tous les cancers de la peau.

Selon un article publié lundi dans la revue Nature Cell Biology, les scientifiques ont découvert qu’avant de se propager dans l’épiderme – la couche externe de la peau où la maladie débute – à d’autres organes, le mélanome envoie des vésicules minuscules contenant des molécules de microARN.

Celles-ci provoquent des changements morphologiques dans le derme – la couche interne de la peau – pour la préparer à recevoir et à transporter les cellules cancéreuses. Les chercheurs ont également trouvé des substances chimiques qui peuvent arrêter le processus et sont donc des candidats prometteurs pour être des médicaments.

« La menace du mélanome n’est pas dans la tumeur initiale qui apparaît sur la peau mais ce sont plutôt dans ses métastases [que la menace existe] – dans les cellules tumorales envoyées [hors de la tumeur] pour coloniser les organes vitaux comme le cerveau, les poumons, le foie et les os », a déclaré le chef de la recherche Dr.

Carmit Levy du département de génétique moléculaire humaine et de biochimie à l’école Sackler de médecine du TAU. « Nous avons découvert comment le cancer se propage à des organes éloignés et avons trouvé des moyens pour arrêter le processus avant le stade métastatique ».

Le groupe du TAU a travaillé en étroite collaboration avec des chercheurs du Centre allemand de la recherche contre le cancer à Heidelberg, l’hôpital Sheba à Tel Hashomer en Israël et le Centre médical Wolfson à Holon, en Israël également.

Le mélanome, le type le plus agressif et mortel de cancer de la peau, provoque la mort d’une personne toutes les 52 minutes selon les données du Skin Cancer Foundation, et le nombre de cas diagnostiqués a augmenté au cours des trois dernières décennies.

Malgré une gamme de thérapies développées au fil des années, il n’y a toujours pas de traitement complet pour éradiquer cette maladie mortelle. La nouvelle étude propose des méthodes nouvelles et efficaces pour le diagnostic et la prévention de ce plus mortel des cancers de la peau, a déclaré dans un communiqué le TAU.

Les chercheurs ont commencé en examinant des échantillons de la pathologie prélevées sur des patients atteints du mélanome.

« Nous avons examiné des échantillons du mélanome à un stade précoce, avant le stade invasif », a expliqué Levy. « A notre grande surprise, nous avons trouvé des changements dans la morphologie du derme – la couche interne de la peau – qui n’avaient jamais été rapportés. Notre prochaine tâche était de définir quels étaient ces changements et comment ils sont liés au mélanome ».

Dans l’étude qui a suivi, le groupe a pu découvrir et bloquer le mécanisme central dans la métastase du mélanome.

Selon Levy, les scientifiques savent depuis des années que le mélanome se forme dans la couche externe de la peau, l’épiderme. À ce stade précoce, le cancer est incapable d’envoyer des cellules cancéreuses colonisatrices parce qu’il n’a pas accès aux vaisseaux sanguins – les routes qui transportent les cellules à d’autres parties du corps. En l’absence de vaisseaux sanguins présents dans l’épiderme, la tumeur doit d’abord établir un contact avec les vaisseaux sanguins abondants qui traversent le derme. Mais on ne savait pas comment la connexion était établie.

« Nous avons constaté que, même avant que le cancer en lui-même n’envahisse le derme, il envoie des vésicules minuscules contenant des molécules de microARN », a annoncé Levy.

« Ces molécules induisent des changements morphologiques dans le derme pour la préparer à la réception et le transport des cellules cancéreuses. Il est alors devenu clair pour nous que, en bloquant les vésicules, nous pourrions être en mesure d’arrêter la maladie dans son ensemble ».

Après avoir découvert le mécanisme, les chercheurs ont procédé à la recherche de substances qui pourraient intervenir et bloquer le processus dans ses premiers stades. Ils ont trouvé deux de ces produits chimiques : un qui inhibe la livraison des vésicules à partir du mélanome dans le derme et l’autre qui empêche les changements morphologiques dans le derme, même après l’arrivée des vésicules. Les deux substances ont été testées avec succès en laboratoire et peuvent servir de candidats prometteurs pour de futurs médicaments, se sont réjouis les chercheurs.

En outre, les changements dans le derme, ainsi que les vésicules en elles-mêmes, peuvent être utilisées comme des indicateurs puissants pour le diagnostic précoce d’un mélanome, ont-ils ajouté.

« Notre étude est une étape importante sur la route d’un traitement complet pour le plus meurtrier des cancers de la peau », a déclaré Levy. « Nous espérons que nos résultats pourront aider à transformer le mélanome en une maladie non menaçante, facilement guérissable ».

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