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Washington demande plus d’information suite à l’enquête sur la mort d’Omar Asad

Les deux soldats impliqués dans l'abandon de l'Américo-palestinien de 78 ans feront l'objet de mesures disciplinaires, mais ne seront pas poursuivis

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Omar Asad. (Autorisation)
Omar Asad. (Autorisation)

Les États-Unis ont demandé mercredi d’obtenir davantage d’informations de la part d’Israël après que Tsahal a annoncé qu’aucune charge pénale ne serait retenue contre un officier et un soldat à la suite du décès en 2022 d’un Américain d’origine palestinienne âgé, qui a subi une crise cardiaque après avoir été temporairement ligoté et bâillonné par des soldats, puis abandonné sur un chantier de construction au milieu de l’hiver.

« Nous cherchons à obtenir davantage d’informations auprès du gouvernement israélien. Nous allons leur en parler directement », a déclaré Matthew Miller, porte-parole du département d’État, interrogé sur l’enquête de l’armée israélienne close mardi.

« Nous voulons nous entretenir davantage avec eux sur les résultats de cette enquête avant de faire d’autres déclarations », a-t-il ajouté.

Les soldats avaient arrêté Omar Asad, 78 ans, après qu’il a refusé de s’identifier à un point de contrôle aléatoire installé dans son village de Jiljilya, dans le centre de la Cisjordanie. Ils l’avaient bâillonné et lui avaient attaché les mains avec des colliers de serrage sur un chantier de construction, dans la nuit presque glaciale de janvier, alors qu’ils continuaient à contrôler d’autres personnes. Lorsqu’ils étaient venus le libérer, il n’avait pas réagi. Les soldats lui avaient enlevé les liens mais l’avaient laissé sur le sol, inconscient, sur les lieux.

Une enquête de l’armée israélienne sur cet incident survenu le 12 janvier 2022 a qualifié la mort d’Asad de « manquement à l’éthique » de la part des soldats impliqués. Deux officiers subalternes ont été démis de leurs fonctions à la suite de l’incident et le chef de l’unité, le bataillon Netzah Yehuda, a été formellement blâmé.

En novembre 2022, Tsahal avait déclaré qu’elle avait convoqué le commandant de la force du poste de contrôle, un lieutenant, et le commandant des soldats qui gardaient les détenus, un sergent, pour une audience au sujet de la mort d’Asad.

Des actes d’accusation avaient été envisagés à l’encontre des deux hommes après que des « irrégularités » eurent été constatées dans leur conduite. Cependant, Tsahal avait déclaré qu’il n’était « pas possible d’établir une corrélation entre ces irrégularités et le décès ».

Le bureau de l’avocat général des armées a informé les deux hommes, par l’intermédiaire de leurs avocats, qu’ils feraient l’objet de mesures disciplinaires, mais qu’ils ne seraient pas poursuivis au pénal pour cet incident.

Les forces israéliennes ont cité l’avis d’un médecin militaire de haut rang, qui a estimé qu’il n’était pas possible d’établir que la mort d’Asad avait été causée par les agissements des forces armées, ou que les troupes auraient dû être au courant de l’état de santé d’Asad pendant sa détention et avant sa libération.

Les États-Unis ont exercé une forte pression sur Israël pour qu’il enquête sur ce décès et traduise les responsables en justice, car Asad possédait également la nationalité américaine.

En octobre 2022, le ministère de la Défense avait confirmé qu’il indemniserait la famille d’Asad, acceptant de verser 500 000 shekels en échange de l’abandon d’une action en justice.

Selon l’enquête initiale de Tsahal, Asad avait été arrêté par des soldats du bataillon Netzah Yehuda qui avaient mis en place un checkpoint improvisé dans le village de Jiljilya, au centre de la Cisjordanie, où ils avaient arrêté des voitures et vérifié les documents d’identité des personnes qui se trouvaient à l’intérieur.

L’enquête a révélé qu’Asad – qui avait refusé de s’identifier lorsqu’on le lui avait demandé et qui avait crié sur les soldats – avait été plaqué par les soldats, qui lui avaient ensuite attaché les mains avec des colliers de serrage.

Ils l’avaient ensuite déplacé vers un chantier de construction voisin, où il avait été laissé sur le sol une nuit presque glaciale de janvier. Afin de l’empêcher de crier et de parler à d’autres personnes du point de contrôle improvisé, les soldats l’avaient également bâillonné en attachant une bande de tissu sur sa bouche pendant un court laps de temps, selon les conclusions de l’enquête.

Trois autres Palestiniens avaient été conduits dans le même bâtiment. Lorsque les soldats de Netzah Yehuda avaient décidé de fermer le checkpoint, environ une demi-heure plus tard, ils avaient détaché les Palestiniens et les avaient laissés partir, selon l’enquête.

À ce moment-là, Asad ne réagissait plus. Les soldats l’avaient laissé sur le sol du chantier. Ils avaient par la suite déclaré aux enquêteurs militaires qu’ils pensaient qu’il dormait.

Asad, un citoyen américain qui vivait aux États-Unis depuis de nombreuses années, a été retrouvé mort quelques heures plus tard, avec un collier de serrage autour de l’une de ses mains et un bandeau sur les yeux.

L’autopsie pratiquée par l’Autorité palestinienne (AP) avait révélé qu’il était mort d’une crise cardiaque due au stress, provoquée par le fait d’avoir été plaqué au sol, ligoté et bâillonné. Asad avait déjà subi une opération à cœur ouvert et son état de santé était mauvais, selon sa famille.

Illustration : Des soldats du bataillon Netzah Yehuda sur une base militaire, dans le nord de la vallée du Jourdain. (Crédit : Yaakov Naumi/Flash90)

Les soldats du bataillon Netzah Yehuda, qui, jusqu’en décembre 2022, n’opéraient qu’en Cisjordanie, ont été au centre de plusieurs controverses liées à l’extrémisme de droite et à la violence contre les Palestiniens.

Des membres du bataillon ont été condamnés par le passé pour avoir torturé et maltraité des prisonniers palestiniens.

Les incidents controversés et violents, en particulier la mort d’Asad, ont renforcé les appels à la dissolution du bataillon.

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