Washington soutient le droit de Jérusalem à se défendre après l’élimination du n° 2 du Hezbollah
Karoline Leavitt n'a pas discuté de la frappe qui a tué Haytham Tabatabai avec Donald Trump, mais affirme qu'il soutient le droit d'Israël "d'éliminer toute menace terroriste dans la région"

La Maison Blanche a exprimé lundi son soutien au droit d’Israël à se défendre, après que l’armée israélienne a frappé, la veille, le Liban, tuant le chef d’état-major du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.
Interrogée lors d’un point presse devant la Maison Blanche sur le soutien du président américain Donald Trump à l’assassinat ciblé de Haytham Ali Tabatabai, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a répondu qu’elle n’avait pas discuté spécifiquement de cette frappe avec le président.
« Mais bien sûr, le président soutient le droit d’Israël à se défendre et à éliminer toute menace terroriste dans la région », a ajouté Leavitt.
La chaîne N12 a rapporté dimanche que les États-Unis savaient depuis plusieurs jours qu’Israël prévoyait d’intensifier ses frappes au Liban, mais qu’ils n’avaient pas été prévenus à l’avance de l’opération visant spécifiquement Tabatabai.
Le département d’État américain l’avait désigné comme terroriste et lui avait imposé des sanctions en 2016, tandis que le Trésor américain avait offert une récompense de 5 millions de dollars pour toute information le concernant.
Dans une déclaration à la presse dimanche soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que Tabatabai avait dirigé les efforts du groupe terroriste pour se réarmer.
« Israël ne laissera pas le Hezbollah reconstituer sa puissance », a promis Netanyahu, qualifiant le haut responsable du groupe terroriste chiite libanais de « meurtrier de masse » ayant sur les mains le sang de nombreux Israéliens et Américains.
Netanyahu a ajouté « attendre du gouvernement libanais qu’il tienne ses engagements de désarmer le Hezbollah. »
« C’est seulement ainsi que tous les Libanais auront un avenir meilleur, et c’est seulement ainsi que des relations pacifiques et sécurisées entre le Liban et Israël pourront exister », a-t-il poursuivi.
Israël a annoncé dimanche avoir éliminé Tabatabai par une frappe aérienne ciblée dans la banlieue sud de Beyrouth, la capitale libanaise. Sa mort a ensuite été confirmée par le Hezbollah.
Tabatabai était considéré comme le n° 2 dans la hiérarchie du groupe terroriste soutenu par la République islamique d’Iran, juste après son secrétaire général, Naïm Qassem.
D’après l’armée israélienne, Tabatabai était un « vétéran et un membre central de l’organisation terroriste », ayant rejoint ses rangs dans les années 1980 et occupé plusieurs postes de haut rang, dont celui de commandant de la force d’élite Radwan et de chef des opérations du Hezbollah en Syrie.
Tabatabai a été nommé à la tête de la division des opérations du Hezbollah pendant la guerre, avec pour mission de « consolider la situation de l’organisation et de renforcer ses rangs ».
Tabatabai a pris un rôle plus central après qu’Israël a éliminé une grande partie des hauts dirigeants du groupe terroriste et tué deux de ses prédécesseurs lors d’une escalade des combats en 2024.
Ces dernières semaines, Israël a intensifié ses frappes contre le Hezbollah, accusant le groupe terroriste chiite libanais d’avoir violé le cessez-le-feu conclu il y a un an et de chercher à reconstruire ses capacités, tout en exprimant sa frustration face à la lenteur des efforts libanais pour le désarmer.
La frappe de dimanche a été menée presque exactement un an après l’entrée en vigueur, le 27 novembre 2024, du cessez-le-feu négocié par les États-Unis au Liban.
L’élimination de Tabatabai est une réponse aux « violations répétées par le Hezbollah de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies et des accords de cessez-le-feu de 2024, ainsi qu’à la menace qu’il faisait peser sur Israël et sur la stabilité régionale », a déclaré le ministère israélien des Affaires étrangères après la frappe.
Selon Israël, le gouvernement libanais n’a pas réagi aux violations commises par le Hezbollah, qui s’efforce de « restaurer et d’étendre » ses capacités armées, a ajouté le ministère.
Le ministère a affirmé qu’Israël « s’engageait à respecter pleinement les accords de cessez-le-feu et avait signalé des centaines de violations par le biais du Mécanisme », un comité de surveillance de la trêve créé dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu et présidé par les États-Unis, avec la participation de la France, d’Israël, du Liban et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).







