Yom HaAtsmaout: un ex-juge fustigé pour avoir critiqué la tenue de Linor Abargil
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Yom HaAtsmaout: un ex-juge fustigé pour avoir critiqué la tenue de Linor Abargil

Oded Aligon a refusé de s'excuser après qu'il a critiqué l'ancienne mannequin israélienne et militante, qui a présenté la cérémonie officielle pour sa tenue et son couvre-chef

Linor Abargil présente la cérémonie annuelle de l'allumage de la torche pour Yom HaAtsmaout au mont Herzl à Jérusalem le 8 mai 2019. (Capture d'écran: YouTube)
Linor Abargil présente la cérémonie annuelle de l'allumage de la torche pour Yom HaAtsmaout au mont Herzl à Jérusalem le 8 mai 2019. (Capture d'écran: YouTube)

Un ancien juge a réitéré ses critiques sur l’apparence d’une présentatrice de la principale cérémonie de Yom HaAtsmaout, après avoir été critiqué par l’institution judiciaire et plusieurs élues femmes.

Dans un message Facebook supprimé, Oded Aligon a critiqué Linor Abargil, une reine de beauté et ancien mannequin israélien, qui a porté un couvre-chef et une tenue près du corps lors de la cérémonie d’allumage de la torche mercredi au Mont Herzl à Jérusalem.

Abargil, une avocate, est une militante contre les violences sexuelles. Elle avait raconté qu’elle avait été violée quelque semaines avant de devenir Miss Monde en 1998. Elle est devenue religieuse ces dernières années et porte un couvre chef en respect des coutumes de pudeur.

« La présentatrice porte un fez à plusieurs couches sur la tête, comme c’est nécessaire pour les femmes pratiquantes qui respectent les commandements », a déclaré Aligon, qui siégeait au tribunal de Beer-Sheva.

« Et à côté de cela, sa robe très serrée met en avant sa poitrine qui est fièrement exposée pour la gloire de l’Etat d’Israël, afin de faire plaisir aux cœurs de nos frères laïcs et aussi apparemment pour créer un sentiment d’unité dans la nation », a-t-il ajouté.

Oded Aligon (Capture d’écran : Twitter)

Malgré les critiques et l’attention des médias sur ses remarques, Aligon a refusé de s’excuser dans une série d’entretiens donnés vendredi soir à la télévision israéliennes et a déclaré qu’Abargil n’aurait pas dû présenter la cérémonie.

« Elle a été violée. C’est vrai, c’est triste, c’est malheureux », a déclaré Aligon à la Treizième chaîne d’information. « Mais ce n’est pas le sujet. On ne laisse pas une femme présenter une cérémonie comme cela parce [qu’elle a été violée]; il devrait y avoir d’autres raisons. »

« Je pense qu’une femme qui porte un couvre-chef d’un côté et qui, de l’autre, s’affiche avec une robe très serrée et très sexy – il y a une forme d’hypocrisie », a-t-il ajouté.

Plus tôt vendredi, la ministre de la Culture Miri Regev, dont le ministère était responsable de l’organisation de la cérémonie, a pris la défense d’Abargil.

« Linor, votre couvre-chef est une couronne de tradition sur votre tête et sur les nôtres. Vous incarnez la bonté et la beauté dans notre société et je suis simplement fière de votre choix », a déclaré Regev dans un communiqué relayé par des médias israéliens.

« Je suis désolée pour ceux qui parlent tellement pompeusement sur la nécessité d’accepter l’autre mais qui, dans leur pratique, désirent seulement préserver l’élite à laquelle ils appartiennent et en cela diviser notre nation », a ajouté Regev, qui n’a pas mentionné Aligon nommément.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked et la députée du Likud Sharren Haskel sont toutes les deux intervenues pour soutenir Abargil, en publiant des photos d’elles-mêmes portant le couvre-chef sur les réseaux sociaux.

« Le choix d’une femme de se couvrir la tête est personnel, individuel et, par dessus tout, c’est son choix, et celui de personne d’autre », a déclaré Haskel sur Twitter.

L’institution judiciaire d’Israël a aussi fermement condamné les déclarations d’Aligon en prenant ses distances avec l’ancien magistrat.

« C’est une déclaration honteuse et regrettable de la part d’un magistrat qui a pris sa retraite il y a 13 ans », a déclaré l’institution.

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