Deux Palestiniens ont trouvé la mort samedi lors d’affrontements avec les forces de l’ordre israéliennes près de Jérusalem, au lendemain de violences meurtrières provoquées par les nouvelles mesures de sécurité à l’entrée du mont du Temple.

Depuis une semaine, les heurts sont quotidiens entre forces de sécurité israéliennes et manifestants palestiniens, qui dénoncent l’installation par Israël de détecteurs de métaux aux accès du troisième lieu saint de l’islam, dans la vieille ville de Jérusalem.

Samedi, un Palestinien de 17 ans est décédé quelques heures après avoir été grièvement blessé par balles dans des heurts à El-Azariyé, en Cisjordanie, juste à l’est de la ville sainte, selon le ministère palestinien de la Santé.

Non loin de là, à Abou Dis, un autre émeutier palestinien, âgé de 18 ans, est mort lorsque le cocktail Molotov qu’il voulait lancer sur les forces israéliennes a explosé sur lui, d’après la même source.

La veille, trois Palestiniens ont perdu la vie dans des affrontements avec les forces de sécurité, à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Et trois Israéliens ont été poignardés à mort par un terroriste palestinien à leur domicile dans une implantation israélienne près de Ramallah.

Cette flambée de violences sera le sujet d’une réunion d’urgence lundi du Conseil de sécurité de l’ONU, convoquée à la demande de la France, de la Suède et de l’Egypte, selon des diplomates.

L'équipe de ZAKA sur les lieux de l'attaque au couteau au domicile des Salomon, le 22 juillet 2017 (Crédit : ZAKA)

L’équipe de ZAKA sur les lieux de l’attaque au couteau au domicile des Salomon, le 22 juillet 2017 (Crédit : ZAKA)

Dans un communiqué, l’Union européenne a « encouragé Israël et la Jordanie (gardienne des lieux saints musulmans à Jérusalem, ndlr) à travailler ensemble pour trouver des solutions pour maintenir la sécurité pour tous ».

Dans un communiqué commun, les représentants du Quartette pour le Proche-Orient ont appelé samedi toutes les parties à « faire preuve d’une retenue maximale, à éviter les actions de provocation et à travailler en vue d’une désescalade ».

Les envoyés du Quartette (Etats-Unis, Russie, Union européenne, ONU) encouragent aussi « Israël et la Jordanie (gardienne des lieux saints musulmans à Jérusalem, ndlr) à travailler ensemble pour maintenir le statu quo » sur l’esplanade des Mosquées. Un voeu partagé par l’Union européenne, qui samedi soir a « encouragé Israël et la Jordanie à travailler ensemble pour trouver des solutions pour maintenir la sécurité pour tous ».

Statu quo

Les autorités israéliennes ont fait installer des portiques de sécurité aux entrées du mont du Temple après une attaque meurtrière contre des policiers le 14 juillet à proximité de ce site ultra-sensible, qui cristallise les tensions depuis des décennies.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui n’a pas condamné le meurtre des 3 Israéliens, a annoncé le gel des contacts avec Israël tant que ces mesures ne seraient pas annulées.

Les autorités israéliennes assurent n’avoir aucune intention de modifier les règles tacites du statu quo, aux termes duquel les musulmans peuvent monter à toute heure sur le site et les juifs y pénétrer à certaines heures, sans pouvoir y prier.

Les forces de sécurité israéliennes surveillent les fidèles musulmans palestiniens qui prient à l'extérieur de la Porte des Lions, une entrée principale du mont de Tempe dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 juillet 2017. (Crédit : AFP / Ahmad Gharabli)

Les forces de sécurité israéliennes surveillent les fidèles musulmans palestiniens qui prient à l’extérieur de la Porte des Lions, une entrée principale du mont de Tempe dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 juillet 2017. (Crédit : AFP / Ahmad Gharabli)

Des heurts ont éclaté à la porte des Lions, située à proximité du mont du Temple.

Plusieurs dizaines de Palestiniens cagoulés ont par ailleurs lancé des pierres et des pneus enflammés sur les forces de l’ordre en fin d’après-midi à Jérusalem-Est et dans des villages palestiniens limitrophes, a indiqué une porte-parole de la police.

Au point de passage de Qalandiya, entre Ramallah et Jérusalem, des heurts ont opposé plusieurs centaines de Palestiniens aux forces de l’ordre israéliennes, selon des sources palestiniennes. Au moins huit Palestiniens ont été blessés, d’après le ministère palestinien de la Santé.

Dans la nuit, l’armée avait mené un raid contre la maison du terroriste palestinien auteur de l’attaque meurtrière au couteau contre les colons, dans le village de Koubar, bouclé samedi par l’armée israélienne.

Les mesures de la maison ont été prises en vue de sa destruction, a indiqué une porte-parole militaire. Selon elle, l’assaillant de 19 ans est un sympathisant du mouvement terroriste du Hamas qui a de son côté salué l’attaque comme « un acte héroïque ».

Les véhicules bloqués à l'entrée de Koubar, le village du terroriste palestinien qui a tué 3 Israéliens chez eux à Halamish, le 22 juillet 2017 (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)

Les véhicules bloqués à l’entrée de Koubar, le village du terroriste palestinien qui a tué 3 Israéliens chez eux à Halamish, le 22 juillet 2017 (Crédit : Jacob Magid/Times of Israël)

Réagissant aux affrontements meurtriers de vendredi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a condamné samedi ce qu’il a qualifié de recours « excessif » à la force par Israël.

Ce nouvel accès de fièvre fait craindre une reprise de la vague de violences qui secoue Israël et les Territoires palestiniens depuis octobre 2015 et qui a coûté la vie à 289 Palestiniens, 47 Israéliens, deux Américains, deux Jordaniens, un Erythréen, un Soudanais et une Britannique, selon un décompte de l’AFP.

Cette vague de violences avait commencé peu après plusieurs jours d’affrontements en septembre 2015 autour du mont du Temple et avait considérablement diminué ces derniers mois.

« Pendant l’année écoulée, les forces de sécurité (israéliennes) ont réussi, au prix d’un gros effort, à faire rentrer le génie dans la bouteille (…) mais ce qui a été difficilement construit en un an peut être facilement détruit en une semaine, en particulier lorsque des éléments religieux s’ajoutent au tableau », écrit ainsi le correspondant militaire de Haaretz, Amos Harel.