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2,5 millions de tonnes de nourriture gaspillée en 2020 – Leket Israel

Le rapport de l'ONG note que ce gaspillage a coûté 19,1 milliards de shekels ; 150 000 Israéliens de plus ont sombré dans l'insécurité alimentaire l'an dernier

Illustration : le projet de restauration de la décharge de Hiriya, située au sud-est de Tel-Aviv, en Israël. Les déchets alimentaires jetés dans les décharges sont doublement négatifs pour l'environnement, en raison des coûts environnementaux liés à la production d'aliments (Crédit : Yaakov Naumi / Flash90)
Illustration : le projet de restauration de la décharge de Hiriya, située au sud-est de Tel-Aviv, en Israël. Les déchets alimentaires jetés dans les décharges sont doublement négatifs pour l'environnement, en raison des coûts environnementaux liés à la production d'aliments (Crédit : Yaakov Naumi / Flash90)

Environ 2,5 millions de tonnes de nourriture gaspillée ont coûté au pays 19,1 milliards de shekels à Israël ou, en moyenne, ont coûté 3 600 shekels par foyer, selon le sixième rapport annuel sur le gaspillage alimentaire qui a été publié par Leket Israel en partenariat avec le ministère de la Protection environnementale, lundi.

Ce gaspillage représente 35 % de la nourriture produite en Israël. La moitié environ des denrées jetées à la poubelle était encore consommable et aurait pu être revendue.

Des pertes qui coûtent à l’environnement 3,4 milliards de shekels supplémentaires, a indiqué l’étude, en prenant en compte les ressources en termes de terre, d’eau, de collecte et de traitement des déchets et en s’arrêtant aussi sur la pollution de l’air et les émissions à effet de serre qui se dégagent dans ce secteur très précis et qui s’élèvent à cinq millions de tonnes, selon les estimations, – soit 6 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre en Israël.

Au total, un tout petit peu moins d’un foyer sur cinq (18,7 %) des foyers ont souffert d’insécurité alimentaire, ce qui correspond à un demi-million de foyers, a noté Leket.

L’insécurité alimentaire est définie comme l’incapacité à garantir un approvisionnement de produits alimentaires constant qui est susceptible de contenir tous les éléments nécessaires à un bon développement et à la santé.

Une dame âgée reçoit un repas livré par Leket, la banque alimentaire nationale. (Avec l’aimable autorisation de Leket)

Un autre rapport, qui a été émis au début du mois par l’organisation d’aide israélienne Latet, a estimé qu’environ 630 000 foyers souffraient d’insécurité alimentaire – dont 300 000 gravement. Dans ces foyers, près de 800 000 enfants sont âgés de moins de 18 ans.

L’étude qui a été réalisée lundi par Leket Israel, qui récupère les excédents alimentaires et qui les distribue aux plus nécessiteux par le biais d’environ 200 autres ONG, a établi que la crise de la COVID-19 n’avait pas modifié de façon significative le gaspillage par rapport aux autres années mais qu’elle avait changé, en revanche, la distribution des excédents recueillis par les associations.

Avec plus de personnes qui sont restées chez elles, le gaspillage, dans les foyers, a néanmoins augmenté de 800 millions de shekels par rapport à 2019 tandis que dans le secteur agricole, il a également connu une hausse et ce, principalement pendant la premier confinement – en raison de la pénurie de main-d’œuvre, des restrictions d’importation sur les produits agricoles et de la fermeture des hôtels, des restaurants et des cafétérias dans les entreprises.

Des bénévoles trient des produits alimentaires dans un entrepôt de Leket Israel, principale banque alimentaire du pays. (Crédit : Ben Sales/JTA)

Dans les établissements tels que les hôtels ou les bureaux, les déchets ont baissé d’environ 50 %, à 2,2 milliards de dollars en comparaison avec 2019.

Au mois d’avril 2020, au paroxysme de la crise, environ 1,2 million d’employés avaient quitté le marché du travail. Pendant l’année, 825 000 employés ont encaissé une perte de revenu. Après déduction des subventions gouvernementales versées dans le cadre de la COVID-19, le rapport conclut que 150 000 personnes supplémentaires ont sombré dans l’insécurité alimentaire à ce moment-là et que les Israéliens qui étaient déjà dans le besoin le sont dorénavant davantage.

En raison des confinements, de la fermeture des écoles et du passage à l’enseignement à distance et en capsules et en raison aussi des journées passées en quarantaine par les élèves, ce sont environ 60 millions de repas qui n’ont pas été distribués dans les institutions d’éducation.

Les soupes populaires ont également pâti, particulièrement pendant le premier confinement – avec 900 millions de shekels de moins qui ont été dépensés pour l’aide alimentaire en 2020, par rapport à 2019.

Le rapport dénonce la décision prise par le précédent gouvernement de verser des allocations pour la population toute entière, disant qu’il aurait été plus avisé de soutenir davantage les nécessiteux et qu’il aurait été plus efficace au niveau économique de financer des programmes de distribution alimentaire plutôt que de laisser chaque famille payer pour ses besoins.

Des bénévoles de Leket Israel livrent des produits alimentaires à des personnes défavorisées, au mois de septembre 2020. (Crédit : Leket Israel)

« L’augmentation en termes de déchets alimentaires et l’élargissement des écarts en matière de sécurité alimentaire qui sont survenus pendant la pandémie renforcent la nécessité d’utiliser la récupération des denrées en tant qu’outil de politique nationale parmi d’autres, précise le rapport qui appelle à fixer un objectif national visant à réduire le gaspillage de moitié d’ici la fin de la décennie.

Gidi Kroch, à la tête de Leket Israel, a appelé le Premier ministre Naftali Bennett à créer un plan interministériel de récupération des denrées alimentaires.

Chen Herzog, économiste en chef au sein de BDO Consulting et rédacteur du rapport, a qualifié de « folie économique » l’absence de politique nationale de récupération des denrées alimentaires nationale au cours de l’année 2020, où pas moins de 150 000 Israéliens ont sombré dans l’insécurité alimentaire.

« La prévention du gaspillage et la récupération des denrées non-utilisées sont des outils politiques à la fois économiques, sociaux et environnementaux », a-t-il continué, ajoutant que « sans formuler un plan national permettant de récupérer les denrées alimentaires et d’empêcher le gaspillage, nous ne parviendrons pas à atteindre les objectifs en termes de climat et nous ne serons pas à la hauteur des déclarations faites lors de la conférence environnementale de Glasgow [la COP 26 des Nations unies] en matière de réduction des gaz à effet de serre dans le domaine des déchets. »

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