À Charm el-Cheikh Trump salue Sissi, un « puissant dirigeant »
Le président américain a remercié son homologue égyptien d'avoir persuadé le Hamas d'accepter sa proposition de cessez-le-feu à Gaza
Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président américain Donald Trump et son homologue égyptien Abdel-Fattah el-Sissi se sont adressés à la presse avant de tenir une réunion bilatérale, en amont du sommet des dirigeants mondiaux sur Gaza organisé lundi après-midi à Charm el-Cheikh.
Trump a salué Sissi comme un « puissant dirigeant », affirmant que l’Égypte ne connaît pas la criminalité parce que « ses habitants ne jouent pas ».
Il a également félicité Sissi d’avoir réussi à convaincre de nombreux pays de participer au sommet d’aujourd’hui, ainsi que d’avoir persuadé le Hamas d’accepter sa proposition de cessez-le-feu à Gaza.
Si l’Iran était absent du sommet, Trump a toutefois prédit que Téhéran finirait par céder sous la pression des sanctions, et par « conclure un accord » avec les États-Unis – même si, actuellement, les dirigeants de la république islamique répètent publiquement ne pas être intéressés par un tel accord.
Trump a en outre fait valoir que le Hamas s’attelait à rechercher les corps des otages décédés restants, qu’il n’a pas encore restitués. Le Hamas n’a en effet remis aujourd’hui que 4 des 28 corps des otages tués.
« C’est une tâche assez pénible (…) Ils savent dans quelles zones [ils se trouvent] et (…) ils les cherchent en collaboration avec Israël, et ils vont en trouver un certain nombre », a ajouté Trump.
The Egyptian Presidency has released the official list of nations and officials slated to participate in the upcoming Sharm El Sheikh Peace Summit.
Heads of State/Government:
????Egyptian President Abdel Fattah Al-Sisi
????US President Donald Trump
????King Abdullah II of Jordan… pic.twitter.com/BzIdYi9kyU— Daily News Egypt (@DailyNewsEgypt) October 13, 2025
Interrogé par les journalistes sur la date à laquelle devraient débuter les négociations sur la deuxième phase de l’accord sur Gaza, Trump a répondu qu’elles avaient en réalité déjà commencé.
« Les phases de l’accord sont toutes un peu interdépendantes. La première tâche est de nettoyer [Gaza] », a-t-il poursuivi, mentionnant les « pays riches » qui participeront à la conférence de Charm el-Cheikh prévue plus tard dans la journée.
« Tous ceux que nous avons invités sont venus », a souligné Trump, sans mentionner le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui, malgré une invitation de dernière minute, n’assistera pas finalement au sommet.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a ensuite salué les efforts déployés par l’Égypte pour parvenir à un cessez-le-feu à Gaza ainsi qu’à un accord de libération des otages, ajoutant que le pays continuera à jouer un rôle essentiel dans sa mise en œuvre.
« Il ne s’agit pas simplement de reconstruire Gaza. Il s’agit de transformer la région », a indiqué Rubio, qui a qualifié cette journée de « l’une des plus importantes pour la paix mondiale depuis 50 ans ».
L’envoyé spécial américain Steve Witkoff, interrogé sur les rôles que lui-même et Jared Kushner devraient jouer dans un futur proche, a répondu qu’ils avaient déjà commencé à travailler à la mise en œuvre, et qu’ils prévoyaient de se rendre « assez souvent » en Égypte à l’avenir.
Sissi a ensuite accueilli Trump à Charm el-Cheikh et a vanté les efforts du président américain pour parvenir au cessez-le-feu à Gaza. Il a confié avoir longtemps pensé que Trump était la seule personne capable de mettre un terme à la guerre et d’instaurer la paix dans la région.
Le dirigeant égyptien a affirmé qu’il s’efforçait de garantir la mise en œuvre intégrale de l’accord sur Gaza, notamment en obtenant la restitution des corps de tous les otages décédés et en augmentant l’aide humanitaire entrant à Gaza.
Une solution à deux États est le seul moyen qui permettra de combler les voeux des Palestiniens et des Israéliens, ainsi que de vivre en paix, a affirmé Sissi.
« Dans les jours à venir, l’Égypte travaillera avec les États-Unis, en coordination avec ses partenaires, afin de jeter les bases de la reconstruction de la bande de Gaza. Nous avons d’ailleurs l’intention d’organiser une conférence sur le relèvement, la reconstruction et le développement », a-t-il ajouté.
Lorsqu’on lui a demandé si Sissi siègerait au « Comité de la paix », l’organe chargé de superviser le gouvernement palestinien de transition composé de technocrates et qui, conformément au plan de Trump, devra administrer Gaza à l’avenir, Trump a répondu : « J’aimerais qu’il fasse partie du conseil. J’aimerais que de nombreux dirigeants fassent partie du conseil. »
« Nous avons une longue liste de candidats », à ajouté Witkoff.
Le président Trump a individuellement accueilli les quelque 35 dirigeants étrangers venus à Charm el-Cheikh pour assister au sommet sur Gaza.
Trump s’est tenu debout devant un panneau portant en grosses lettres l’inscription « Peace 2025 » (Paix 2025). Les dirigeants se sont approchés de lui un par un, lui serrant la main, échangeant quelques mots et posant pour une photo avant de quitter la salle.
Ils se sont ensuite tous réunis pour une photo de groupe finale.
Parmi les dirigeants présents, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui a ainsi participé à sa première réunion et conversation avec Trump depuis le retour de ce dernier à la Maison Blanche. Abbas n’avait pas reçu de visa en septembre pour se rendre à l’Assemblée générale de l’ONU à New York.
Selon certaines informations, le président turc Recep Tayyip Erdogan, ainsi que d’autres dirigeants musulmans, auraient menacé de boycotter l’événement si Netanyahu y participait. Mais Ankara a ensuite démenti avoir réclamé que Netanyahu n’y participe pas.
Les Etats-Unis, l’Egypte, le Qatar et la Turquie ont enfin signé une déclaration sur Gaza.
« Le document va détailler les règles et les dispositions et bien d’autres choses », a déclaré Trump en répétant par deux fois que « cela allait tenir », mais sans autre précision sur le texte signé.
HISTORIC MOMENT.
President Donald J. Trump, alongside the leaders of Qatar, Egypt, and Turkey, signs the Gaza Peace Plan for peace in the Middle East. pic.twitter.com/depaxQO8g2
— The White House (@WhiteHouse) October 13, 2025
« Ils voulaient régler la situation à Gaza. Ils voulaient régler la situation dans son ensemble. Tout était devenu complètement fou, hors de controle », a ajouté Trump.
« On parle depuis toujours d’une troisième guerre mondiale qui débuterait au Moyen-Orient, mais cela n’arrivera plus », a-t-il poursuivi.
On ignore ce que contient exactement ce document. Mais la Maison Blanche, dans un tweet, le décrit comme un « plan de paix pour Gaza et pour la paix au Moyen-Orient ».







