Israël en guerre - Jour 289

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À la frontière libanaise, les viticulteurs israéliens s’inquiètent pour leur récolte

Les attaques entraînent une pénurie de main-d'œuvre et des difficultés pour travailler dans les champs ; les vignes doivent être taillées d'ici mars, faute de quoi la récolte sera gâchée

Un homme marchant à côté d'une enseigne de Dalton Winery dans le moshav nord de Dalton, près de la frontière libanaise, le 29 janvier 2024. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)
Un homme marchant à côté d'une enseigne de Dalton Winery dans le moshav nord de Dalton, près de la frontière libanaise, le 29 janvier 2024. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Dans le nord d’Israël, des nuages noirs s’élèvent au-dessus des vignobles qui s’étendent jusqu’à la frontière libanaise où les échanges de tirs sont quotidiens entre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah et l’armée israélienne.

Pour les vignerons de la région, le temps presse. Les vignes doivent être taillées avant le printemps, « sinon l’année est foutue », a expliqué Alex Haruni, propriétaire du domaine Dalton Winery. Il redoute que le déclenchement d’un conflit plus large entre Israël et le Hezbollah ne mette sa récolte en péril.

La guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza, qui a éclaté le 7 octobre, a confronté l’industrie viticole israélienne à de nombreux défis, notamment une pénurie de main-d’œuvre et une baisse de la demande.

Ces difficultés viennent s’ajouter à une année 2023 marquée par une maigre récolte due à une chaleur exceptionnelle.

Le Hezbollah vise les communautés israéliennes et les postes militaires sur la frontière sur une base quasi-quotidienne depuis le 8 octobre, soit vingt-quatre heures après que le Hamas, son allié lui aussi soutenu par l’Iran, a commis des massacres sur le sol israélien, le 7 octobre. Près de 1 200 personnes avaient été tuées par les terroristes et leurs complices dans le sud d’Israël avaient aussi enlevé 253 personnes de tous les âges, les prenant en otage. Le Hezbollah affirme que ses agressions viennent en soutien à Gaza dans ce contexte de guerre déclenchée par l’assaut meurtrier du groupe au pouvoir au sein de l’enclave côtière.

Jusqu’à présent, les hostilités à la frontière ont entraîné la mort de six civils du côté israélien ainsi que celle de neuf soldats et réservistes de l’armée israélienne. Plusieurs attaques ont aussi été lancées depuis la Syrie. Elles n’ont pas fait de blessé.

Un employé de Dalton Winery triant des bouteilles de vin dans le moshav nord de Dalton, près de la frontière libanaise, le 29 janvier 2024. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Le Hezbollah, de son côté, a fait état de la mort de 184 de ses membres pendant ces affrontements actuellement en cours, majoritairement au Liban mais aussi en Syrie. Au Liban, 20 autres hommes appartenant à des factions terroristes, un soldat libanais et au moins 19 civils – trois d’entre eux étaient des journalistes – ont été tués.

Dimanche, le ministre de la Défense, Yoav Gallant, a indiqué avoir ordonné à l’armée de l’air israélienne de « pointer le nez des avions vers le nord et de se préparer à toute éventualité ».

Une vue générale du village libanais de Maroun al-Ras depuis le moshav nord de Dalton, près de la frontière libanaise, le 29 janvier 2024. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

La dernière guerre entre Israël et le Hezbollah remonte à 2006. Une pluie de roquettes s’était abattue sur le nord d’Israël au cours de cet été là, mais un cessez-le-feu a été conclu à temps pour que les viticulteurs puissent récolter leurs raisins.

Pénurie de main-d’œuvre

Rami Naaman, propriétaire d’un domaine viticole éponyme à Ramot Naftali, un village israélien près de la frontière libanaise, a été contraint de quitter la zone comme des milliers d’autres habitants du nord du pays.

Il ne peut se rendre à son établissement que deux fois par semaine, quand l’armée ne ferme pas les routes.

Un caviste passant devant des tonneaux de vin, au moshav de Dalton, près de la frontière libanaise, le 29 janvier 2024. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Migal, un institut de recherche israélien, a publié en novembre une enquête menée auprès de 389 agriculteurs, dont 76 % prévoyaient une « baisse moyenne de 35 % de la production et des revenus ». Le secteur agricole est confronté à « la plus grande crise de main-d’œuvre depuis la création de l’État » d’Israël en 1948, a averti récemment le ministère de l’Agriculture.

Des milliers de travailleurs étrangers ont fui le pays depuis le début de la guerre, des travailleurs agricoles israéliens ont été mobilisés par l’armée en tant que réservistes et le gouvernement a interdit l’entrée à des dizaines de milliers de travailleurs palestiniens de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

Eyal Miles cultive des vignes et des cerises autour de Kerem Ben Zimra, un hameau agricole qui abrite quatre exploitations viticoles à seulement six kilomètres du Liban.

Miles craint lui aussi de ne pas pouvoir tailler ses vignes d’ici le printemps.

Eyal Miles faisant un geste lors d’une interview avec l’AFP à Miles Winery, dans le moshav nord de Kerem Ben Zimra près de la frontière libanaise, le 29 janvier 2024. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Les ouvriers qu’il engage habituellement sur ses 7 hectares ont « peur de travailler ici en raison de la proximité de la frontière », a-t-il déclaré.

À la Dalton Winery, un obus du Hezbollah a endommagé les vignes d’une parcelle près de la frontière, obligeant depuis les ouvriers à porter des gilets pare-balles et des casques.

Environ 10 % de ses vignes se trouvent dans des zones militaires fermées et inaccessibles et les viticulteurs se trouvent par ailleurs privés des visites de touristes, qui représentaient une part importante de leurs revenus.

Demande en baisse

Miles a expliqué que l’essentiel de ses ventes provenait de la fréquentation des lieux, mais « depuis le 7 octobre, la cave est fermée », et les ventes en ligne ne permettent pas de couvrir le manque à gagner.

Et les viticulteurs doivent aussi faire face à une baisse de la demande.

La guerre a « clairement provoqué une baisse de la consommation de vin », a déclaré Haïm Gan, expert en vin et fondateur de The Grape Man, une boutique de dégustation de vin.

Selon lui, l’appel de plus de 300 000 réservistes, le report des mariages et autres célébrations, ainsi que « l’atmosphère morose » de la guerre en sont probablement la cause.

À la Dalton Winery, Alex Haruni n’écarte pas des licenciements.

Il reste toutefois optimiste.

« Nous surmonterons cette situation malgré la menace de guerre. D’ici la fin du mois de mars, tout sera taillé et tout sera prêt pour la prochaine récolte. »

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