Abbas promet de recourir à la « diplomatie douce »
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Abbas promet de recourir à la « diplomatie douce »

Le chef de l'AP a exprimé sa frustration face aux récentes décisions d'Israël, comme la retenue des revenus fiscaux pour l'argent versé aux familles de terroristes

Le président de l'Autorité palestinienne  Mahmoud Abbas s'exprime à un dîner à la veille du noeël orthodoxe à Bethléem, le 6 janvier 2020 (Crédit : Wafa)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s'exprime à un dîner à la veille du noeël orthodoxe à Bethléem, le 6 janvier 2020 (Crédit : Wafa)

Possible référence à un nouvel effort en vue de rejoindre les organisations et les accords internationaux, le président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, a promis lundi d’employer « la diplomatie douce ».

Il a fait ce commentaire lors d’un dîner de Noël orthodoxe qui était organisé dans la ville de Bethléem en présence de responsables chrétiens et de leaders palestiniens après avoir fait part de sa frustration face aux récentes décisions prises par le gouvernement israélien.

« Nous n’utiliserons pas la force, la violence et le terrorisme mais plutôt la ‘diplomatie douce’, comme nous le faisons déjà depuis plus d’une décennie », a expliqué Abbas, selon le site d’information officiel Wafa de l’AP.

« Nous sommes capables de l’utiliser pour atteindre nos objectifs mais cela pourra entraîner des conséquences difficiles – nous les endurerons parce que nous ne pouvons plus subir ce que fait Israël », aurait-il dit, selon le site.

La retranscription des propos d’Abbas, sur Wafa, n’a pas précisé ce à quoi se référait explicitement Abbas lorsqu’il a évoqué la « diplomatie douce ».

Mais Ahmad Majdalani, ministre de l’AP et membre du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a déclaré au Times of Israël qu’il pensait que les paroles d’Abbas faisaient allusion à la possibilité que les Palestiniens rejoignent de nouvelles organisations et accords internationaux.

Des partisans du mouvement du Fatah palestinien lors d’un rassemblement pour le 55è anniversaire de la fondation du parti à Gaza City, le 1er janvier 2020 (Crédit : MOHAMMED ABED / AFP)

Au cours de la dernière décennie, les Palestiniens ont rejoint plusieurs organisations et traités internationaux, et notamment des agences des Nations unies, lorsque leurs relations avec Israël ou avec les Etats-Unis se sont détériorées.

Cela fait longtemps que les Américains demandent aux Palestiniens de ne pas rejoindre les agences de l’ONU, la loi américaine exigeant de couper tous les financements aux organisations de l’instance internationale accordant le statut plein et entier de membre aux Palestiniens.

« Aucun fonds considéré comme étant approprié par cette loi ou par une autre ne doit être mis à la disposition des Nations unies ou de toute autre agence accordant à l’Organisation de libération de la Palestine le même statut qu’à ses autres membres », stipule une loi américaine adoptée en 1990.

Le gouvernement doit cesser de financer toute agence des Nations unies accordant un statut d’adhérent à tout groupe n’ayant pas « les qualités reconnues à l’international d’un Etat », dit un autre texte de 1994.

Les Etats-Unis ne reconnaissent pas « l’Etat de Palestine ».

Israël maintient que les efforts livrés par les Palestiniens pour rejoindre les organisations et accords internationaux constituent des mesures unilatérales visant à obtenir le statut d’Etat tout en échappant aux négociations de paix et en sapant la place occupée par l’Etat juif au sein de la communauté internationale.

Les Palestiniens affirment, pour leur part, que ces adhésions contribuent à ce qu’ils qualifient d’initiatives visant la construction d’un Etat palestinien indépendant doté d’institutions respectant les standards internationaux.

Au cours de son discours, Abbas a exprimé son mécontentement suite à plusieurs décisions prises par le gouvernement israélien et notamment à l’annonce israélienne, la semaine dernière, que le pays retiendrait environ 149 millions de shekels de revenus fiscaux collectés au nom de l’AP et habituellement versés à Ramallah.

Israël a commencé à appliquer une nouvelle loi, au mois de février 2019, autorisant le pays à retenir un montant égal aux paiements versés aux prisonniers et aux familles des terroristes tués, ainsi qu’aux attaquants blessés.

Au mois de février, l’État juif avait fait savoir qu’il déduirait environ 500 millions de shekels des transferts fiscaux versés à l’AP sur une période de plus de 12 mois pour les indemnités transmises aux prisonniers sécuritaires, dont un grand nombre a été reconnu coupable de terrorisme, et à leurs familles.

A cette époque, les autorités israéliennes n’avaient pas mentionné les fonds qu’elles prévoyaient de retenir pour les salaires offerts aux terroristes blessés et aux familles des terroristes tués.

Un responsable du ministère de la Défense qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat a indiqué que l’annonce faite dimanche avait pour objectif de mettre en œuvre la partie de la loi qu’Israël n’avait pas mis en vigueur au début de l’année 2019.

Israël s’oppose vigoureusement à ces versements, arguant qu’ils incitent à commettre des attaques violentes contre les Israéliens. Les dirigeants palestiniens de Ramallah affirment, pour leur part, qu’ils ne font que verser des aides sociales aux Palestiniens et aux familles qui ont perdu un de leur membre source de revenus.

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