Abbas reçoit les dirigeants de J Street et les remercie pour leur lobbying
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Abbas reçoit les dirigeants de J Street et les remercie pour leur lobbying

Le président de l'AP a fait part à la délégation de sa "gratitude pour les efforts déployés afin de soutenir le processus de paix au sein de la société américaine"

Des membres du groupe de pression politique de gauche pour le Moyen-Orient J Street rencontrent le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à son siège à Ramallah, le 17 octobre 2018. (Autorisation)
Des membres du groupe de pression politique de gauche pour le Moyen-Orient J Street rencontrent le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à son siège à Ramallah, le 17 octobre 2018. (Autorisation)

Au beau milieu de la crise des relations américano-palestiniennes, le président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, a rencontré mercredi les dirigeants du groupe politique libéral du Moyen Orient, J Street, à son siège à Ramallah et a remercié le groupe de pression pour ses efforts de lobbying en faveur du processus de paix.

Abbas a souhaité la bienvenue à la délégation, conduite par Jeremy Ben Ami, directeur exécutif de J Street, exprimant sa « gratitude pour leurs efforts en faveur du processus de paix au sein de la société américaine », selon un compte-rendu publié par Wafa, le site officiel d’information de l’AP.

M. Abbas a fait état de la participation du groupe à la signature de 112 représentants démocrates de la Chambre des représentants et de 34 sénateurs à une lettre envoyée à la Maison Blanche l’exhortant à annuler sa décision de « mettre fin aux contributions essentielles des Etats-Unis à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient [UNRWA] ».

Les États-Unis sont depuis toujours le plus gros contributeur de l’UNRWA, versant environ 350 millions de dollars (300 millions d’euros) par an, mais le président Donald Trump a supprimé tout soutien.

En septembre, les États-Unis ont annoncé qu’ils réduiraient de près de 300 millions de dollars le financement prévu pour l’UNWRA, qu’ils ont fustigé pour ses pratiques, puis qu’ils ne financeront plus du tout l’agence.

« La décision de l’administration aggravera la crise humanitaire déjà catastrophique à Gaza, où un million de personnes – la moitié de la population – dépendent de l’UNRWA pour leur aide alimentaire », déclarait la lettre soutenue par J Street.

Abbas a déclaré au groupe que malgré les relations tendues avec Washington, « nous faisons la distinction entre l’Amérique et l’administration américaine actuelle qui a mené le processus de paix à une impasse ».

Ont assisté à la réunion les membres du Comité exécutif de l’OLP Ziad Abu Amr et Ahmad Majdalani, le chef des services de renseignements généraux de l’AP Majid Faraj, le membre du Comité central du Fatah Hussein al-Sheikh et le porte-parole du Fatah Osama Qawasma.

Ben Ami, selon Wafa, a affirmé que son organisation s’est engagée à « soutenir la paix et à continuer à travailler dans les cercles juifs américains et avec la société américaine pour la réalisation de la paix ».

Les membres de la délégation de J Street ont également « affirmé leur volonté de poursuivre les efforts pour reprendre le processus de paix sur la base d’une solution à deux Etats ».

Annonçant qu’il ne financerait plus l’UNRWA, le Département d’Etat américain a déclaré : « Le système de gestion et les pratiques fiscales fondamentales qui ont caractérisé l’UNRWA pendant des années – liées au nombre croissant et exponentiel des bénéficiaires de l’UNRWA – sont tout simplement insoutenables et sont en crise depuis de nombreuses années ».

Cette remarque semble en partie liée au fait que l’agence accorde le statut de réfugié aux Palestiniens qui ont obtenu la citoyenneté dans les pays où elle opère, ce que l’ONU ne fait pas avec les réfugiés en provenance de tout autre endroit. Les États-Unis vont maintenant collaborer avec d’autres organismes internationaux pour trouver un meilleur modèle afin d’aider les Palestiniens, selon le communiqué.

Les États-Unis assuraient près de 30 % du budget total de l’UNRWA, qui dispense des soins de santé, une éducation et des aides sociales aux Palestiniens en Cisjordanie, dans la bande de Gaza, en Jordanie, en Syrie et au Liban.

L’UNRWA considère 5,4 millions de Palestiniens comme des réfugiés, alors qu’on estime que les critères mondiaux de l’ONU utilisés par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés réduiraient ce nombre à un peu plus d’un demi million.

Le « droit au retour » est l’une des questions centrales du conflit israélo-palestinien. Les Palestiniens affirment que plus de cinq millions de personnes que l’UNRWA a enregistrées comme réfugiés – des dizaines de milliers de réfugiés originaires de ce qui est aujourd’hui Israël, et leurs millions de descendants – devraient être autorisées à se réinstaller dans l’État juif.

Israël rejette cette demande, affirmant qu’elle représente une tentative des Palestiniens de détruire Israël numériquement, et affirme que les autres réfugiés du HCR sont traités différemment et réinstallés beaucoup plus rapidement.

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