Abbas rencontre l’émissaire de Trump avant le sommet arabe
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Abbas rencontre l’émissaire de Trump avant le sommet arabe

Jason Greenblatt a indiqué que les 2 hommes ont "poursuivi les discussions pour faire faire à la paix entre Israéliens et Palestiniens des progrès tangibles"

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales du président Trump, à Ramallah, le 14 mars 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales du président Trump, à Ramallah, le 14 mars 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a rencontré mardi soir en Jordanie l’envoyé du président américain Donald Trump à la veille du sommet annuel des dirigeants arabes, au cours duquel les Palestiniens entendent promouvoir leur cause.

Après ce sommet qui s’ouvre mercredi sur les bords de la mer Morte, Abbas doit se rendre à la Maison Blanche, de même que le roi Abdallah II de Jordanie et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, a affirmé le président palestinien. « Toutes ces rencontres auront un impact positif sur la question palestinienne », a-t-il dit.

Jason Greenblatt, assistant de Trump et représentant spécial en charge des négociations internationales, a qualifié sur Twitter la rencontre de « très positive ». Les deux hommes ont « poursuivi les discussions pour faire faire à la paix entre Israéliens et Palestiniens des progrès tangibles », a-t-il précisé.

Alors que Trump a récemment semblé rompre avec la solution à deux états, israélien et palestinien, les Palestiniens entendent obtenir un soutien arabe clair et uni, qu’ils pourront faire valoir à Washington.

La base sur laquelle s’appuie depuis 2002 la diplomatie arabe est l’Initiative de paix arabe qui prévoit une reconnaissance d’Israël par l’ensemble des membres de la Ligue arabe en échange de la création d’un état palestinien dans les frontières de 1967, c’est-à-dire dans la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem Est.

Les délégations palestinienne, à gauche, d'Oman, au centre, et irakienne, à droite, pendant les réunions de préparation du 28e sommet de la Ligue arabe, en Jordanie, le 27 mars 2017. (Crédit : Ahmad Abdo/AFP)
Les délégations palestinienne, à gauche, d’Oman, au centre, et irakienne, à droite, pendant les réunions de préparation du 28e sommet de la Ligue arabe, en Jordanie, le 27 mars 2017. (Crédit : Ahmad Abdo/AFP)

Avant la réunion des chefs d’Etat, Abbas a assuré aux journalistes avoir obtenu des ministres arabes des Affaires étrangères « des décisions sur les droits des Palestiniens qui sont un message arabe uni adressé au monde entier ». Ils ont notamment réaffirmé mardi leur soutien à la solution à deux états.

Interrogé sur une éventuelle demande américaine de retour à la table des négociations, Abbas, qui avait reçu mi-mars à Ramallah Greenblatt, a assuré que « personne ne nous a demandé jusqu’alors de reprendre les négociations avec Israël ».

Il a de nouveau évoqué la question des implantations israéliennes, où vivent actuellement plus de 600 000 Israéliens, comme étant le principal obstacle à la paix. Vendredi, l’émissaire de l’ONU pour le Proche Orient, Nickolay Mladenov, avait estimé qu’Israël n’avait pris « aucune mesure » pour se conformer à la résolution 2334 de l’ONU adoptée fin décembre condamnant les implantations, et dénoncée par l’administration Trump.

Greenblatt a également rencontré plusieurs dirigeants arabes, et devait en rencontrer d’autres mercredi, au début du sommet.

Avant ces réunions, Greenblatt avait rencontré Federica Mogherini, responsable de la politique étrangère de l’Union européenne, pour des discussions au sujet des progrès pour la paix israélo-palestinienne. « C’est une priorité pour nous deux », a-t-il écrit sur Twitter.

Mogherini a partagé le tweet de Greenblatt, ajoutant qu’une étroite coopération entre l’Union européenne et les Etats-Unis était essentielle pour parvenir à la paix au Moyen Orient.

La Deuxième chaîne israélienne a indiqué que la décision de Trump de « courtiser » Abbas était un signal clair pour Jérusalem, que Trump est très sérieux sur la paix et compte faire avancer le processus de paix « très bientôt ».

Malgré l’étroite relation que le président et le Premier ministre Benjamin Netanyahu semblaient entretenir, Trump a dernièrement tourné son attention vers Abbas, dans une tentative de le faire venir à la table des négociations avec Israël, a indiqué la Deuxième chaîne.

Ceci représente un important changement de direction pour l’administration Trump, qui avait initialement été froid avec les Palestiniens. Cela pourrait en partie être causé par l’incapacité des Américains et des Israéliens à atteindre un accord sur les implantations de Cisjordanie.

Constructions dans l'implantation ultra-orthodoxe de Beitar Illit, avec le village arabe de Wadi Fukin au premier plan, le 17 juin 2015. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Constructions dans l’implantation ultra-orthodoxe de Beitar Illit, avec le village arabe de Wadi Fukin au premier plan, le 17 juin 2015. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Des sources proches du mouvement des implantations ont déclaré que non seulement Israël n’avait pas reçu de feu vert pour poursuivre la construction en Cisjordanie, mais que les Etats-Unis lui demandaient de ralentir ou d’arrêter, a annoncé la Deuxième chaîne.

Netanyahu a démenti dimanche des informations annonçant un accord avec Washington pour limiter la construction dans les implantations, affirmant qu’elles étaient inexactes et que les négociations sur le sujet étaient toujours en cours.

Lundi, le vice-président américain Mike Pence a indiqué au public de la conférence politique annuelle de l’AIPAC que le président ferait pression pour un accord de paix.

« Laissez moi être clair, a-t-il déclaré. Le président Trump est également investi pour trouver une solution juste et équitable au conflit israélo-palestinien […]. Et même s’il devra évidemment y avoir des compromis, je peux vous garantir que le président Trump ne fera jamais de compromis sur la sécurité de l’Etat juif d’Israël. »

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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