Adolf Eichmann : le Mossad aurait été informé par un collègue allemand
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60 ans après

Adolf Eichmann : le Mossad aurait été informé par un collègue allemand

Le géologue Gerhard Klammer a convaincu Israël de lancer une mission pour capturer l'architecte de la "Solution finale"

Adolph Eichmann (entouré) sur une photo qui aurait été fournie par Gerhard Klammer (deuxième à partir de la droite) et qui a aidé le Mossad à identifier le tristement célèbre criminel nazi. (Crédit : capture d'écran)
Adolph Eichmann (entouré) sur une photo qui aurait été fournie par Gerhard Klammer (deuxième à partir de la droite) et qui a aidé le Mossad à identifier le tristement célèbre criminel nazi. (Crédit : capture d'écran)

Le 11 mai 1960, le criminel de guerre nazi Adolf Eichmann est arrêté par une équipe d’espions israéliens après des années de fuite en Argentine, mettant fin à une longue chasse à l’homme.

Dix jours plus tard, drogué et habillé comme un membre d’équipage de la compagnie aérienne israélienne El Al, il est ramené clandestinement dans l’État juif par des agents du Mossad et jugé.

Architecte de la « Solution finale » des nazis, qui a conduit à l’extermination de six millions de Juifs d’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, Eichmann a été jugé et pendu en 1962, à l’âge de 56 ans.

Soixante ans plus tard, le journal allemand Süddeutsche Zeitung a révélé l’identité de l’homme qui aurait été à l’origine de sa capture spectaculaire et de son procès, en publiant une photo inédite d’Eichmann qui aurait été transmise au Mossad et qui aurait joué un rôle central dans sa décision de le poursuivre.

Selon le journal, Gerhard Klammer, un géologue allemand qui avait travaillé dans la même entreprise de construction qu’Eichmann en Argentine, a tenté à plusieurs reprises, à la fin des années 1950, d’alerter les autorités allemandes et argentines de l’endroit où se trouvait le tristement célèbre nazi.

Klammer, qui s’était installé en Argentine après la guerre, se serait opposé au régime nazi et aurait cherché à capturer Eichmann malgré les efforts déployés par de nombreux partisans du nazisme pour le protéger.

Adolph Eichmann (entouré) sur une photo qui aurait été fournie par Gerhard Klammer (quatrième à partir de la gauche) et qui a aidé le Mossad à identifier le tristement célèbre criminel nazi. (Crédit : capture d’écran)

Le nom d’Eichmann et son rôle d’architecte de la machine à tuer nazie avaient fait surface lors des procès pour crimes de guerre de Nuremberg, qui se sont déroulés de 1945 à 1946.

Il avait été accusé d’avoir organisé et coordonné la déportation de Juifs vers des camps de la mort en Europe de l’Est. Mais l’ancien chef de la section IV B.4 de la Gestapo, responsable de la « question juive », avait disparu après l’effondrement du « Troisième Reich » en mai 1945.

Une chasse à l’homme a été lancée en 1945, menée par des personnalités de la communauté juive, dont le célèbre chasseur de nazis Simon Wiesenthal.

Une percée a lieu en 1957 lorsque le procureur de l’État allemand de Hesse, Fritz Bauer, a informé les services secrets israéliens qu’Eichmann se cachait en Argentine, sous le faux nom de Ricardo Klement.

Citant des associés de Klammer, le rapport du journal Süddeutsche Zeitung indique qu’il a fourni à Bauer, par l’intermédiaire d’un ami proche, une photo de lui se tenant à côté d’Eichmann à l’époque où ils travaillaient ensemble.

C’est cette photo qui a conduit l’agence d’espionnage israélienne à effectuer la mission qui devait aboutir à la capture d’Eichmann.

Il a néanmoins fallu plus de deux ans au Mossad pour le localiser, vivant dans une maison sans eau courante ni électricité, dans le quartier de San Fernando, dans la banlieue de Buenos Aires.

Lors d’une mission en mars 1960, les agents du Mossad, à l’aide de la photo de Klammer, établissent formellement que Ricardo Klement est l’ancien lieutenant-colonel Eichmann.

L' »architecte » de l’Holocauste, Adolf Eichmann, dans une salle d’audience de Jérusalem, quelques jours avant sa condamnation à mort. (Crédit : Domaine public)

Le 11 avril 1961, Eichmann, capturé et faisant face à 15 chefs d’accusation, comparaît pour la première fois en public dans une cabine vitrée d’un tribunal de Jérusalem, qui va interroger quelque 111 témoins.

L’écrivain Haim Gouri a déclaré : « Le procès a donné aux survivants du génocide, pour la première fois, la possibilité d’être entendus ».

Quelque 450 journalistes étrangers, 100 observateurs et diplomates ont assisté aux différentes audiences.

Parmi eux, l’auteur et survivant des camps de concentration Elie Wiesel et la philosophe juive américaine Hannah Arendt, qui a publié en 1963 un livre majeur sur le sujet, Eichmann à Jérusalem : Rapport sur la banalité du mal.

Eichmann est condamné à mort le 15 décembre après avoir été reconnu coupable de tous les chefs d’accusation, notamment de crimes contre le peuple juif, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.

Le 29 mai 1962, son appel est rejeté par la Cour suprême.

Il a été pendu le 31 mai à minuit et ses cendres ont été dispersées en mer.

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